mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2201326 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (3) |
| Avocat requérant | LEROY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 février et 28 juin 2022, M. B A, représenté par Me Leroy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 décembre 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord a implicitement rejeté sa demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité pour la période d'octobre 2020 à juillet 2021 ;
2°) de lui accorder une remise gracieuse totale de sa dette de prime d'activité ;
3°) d'enjoindre à l'administration de reverser les sommes retenues par la caisse d'allocations familiales du Nord, d'un montant total de 507 euros, pour le recouvrement de cet indu ;
4°) de mettre à la charge du président de la caisse d'allocations familiales du Nord la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 3 mars 2022 est entachée d'un vice de forme dès lors qu'elle ne comporte ni la signature de son auteur ni la mention de son nom et prénom, en méconnaissance de l'article L.212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision implicite de rejet de sa demande du 19 octobre 2021 n'est pas motivée, en méconnaissance des articles L.211-5 et L.211-6 du code des relations entre le public et l'administration ;
- trois retenues d'un montant total de 540 euros ont été effectuées par la caisse d'allocations familiales en méconnaissance de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale ;
- il est de bonne foi ;
- il fait face à des charges importantes qui s'élèvent à 998,53 euros mensuels pour des revenus nets de 1004,42 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 mai 2022, la caisse d'allocations familiales du Nord conclut au rejet de la requête au motif que :
- les retenues opérées par erreur à hauteur de 360 euros ont été reversées à M. A le 7 avril 2022 ;
- les moyens invoqués par le requérant sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Horn pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Horn, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique, à l'issue de laquelle l'instruction a été close, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A s'est vu notifier, par un courrier du 7 octobre 2021 du directeur adjoint de la caisse d'allocations familiales du Nord, un indu de prime d'activité pour la période d'octobre 2020 à juillet 2021. Par un courrier du 19 octobre 2021, reçu le 22 octobre suivant par la caisse d'allocations familiales du Nord, M. A a sollicité une remise gracieuse de cette dette. Par sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 22 décembre 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord a implicitement rejeté sa demande de remise gracieuse.
Sur l'étendue du litige :
2. Lorsqu'un requérant conteste, dans les délais de recours, une décision implicite de rejet et une décision expresse de rejet intervenue postérieurement, ses conclusions doivent être regardées comme dirigées uniquement contre la seconde décision, qui s'est substituée à la première.
3. Il résulte de l'instruction que par une décision du 3 mars 2022, la caisse d'allocations familiales du Nord a expressément refusé d'accorder une remise gracieuse de l'indu de prime d'activité d'un montant de 1 397,06 euros (" IM3/002 ") notifié à M. A. En application du principe énoncé au point précédent, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 22 décembre 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord a implicitement rejeté sa demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité doivent être regardées comme dirigées uniquement contre la décision du 3 mars 2022.
Sur la remise gracieuse :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () / () Le dépôt d'une demande de remise () [a] un caractère suspensif. / () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ". Aux termes de l'article L. 842-4 du même code : " Les ressources mentionnées à l'article L. 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : / 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; / 2° Les revenus de remplacement des revenus professionnels ; / 3° L'avantage en nature que constitue la disposition d'un logement à titre gratuit, déterminé de manière forfaitaire ; / 4° Les prestations et les aides sociales, à l'exception de certaines d'entre elles en raison de leur finalité sociale particulière ; / 5° Les autres revenus soumis à l'impôt sur le revenu. ". Aux termes de l'article R. 844-1 du même code : " Ont le caractère de revenus professionnels ou en tiennent lieu en application du 1° de l'article L. 842-4 : / 1° L'ensemble des revenus tirés d'une activité salariée ou non salariée ; / 2° Les revenus tirés de stages de formation professionnelle ; / () ". Aux termes de l'article R. 844-2 de ce code : " Ont le caractère de revenus de remplacement en application du 2° de l'article L. 842-4 : / () 2° Les allocations versées aux travailleurs privés d'emploi en application du titre II du livre IV de la cinquième partie du code du travail ainsi que de l'article L. 1233-68 du même code ; / () ".
5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé à la prime d'activité ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
6. La circonstance que la caisse d'allocations familiales du Nord ait procédé, pour récupérer l'indu de prime d'activité (" IM3/002 "), à trois retenues, d'un montant total de 540 euros, sur le versement de ses prestations sociales est sans incidence sur le droit à la remise gracieuse.
7. En deuxième lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 3 et 5 du présent jugement, les moyens tirés du défaut de motivation de la décision du 22 décembre 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord a implicitement rejeté sa demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité et de ce que la décision du 3 mars 2022 ne comporte ni la signature de son auteur ni la mention de son nom et prénom, en méconnaissance de l'article L.212-1 du code des relations entre le public et l'administration, sont inopérants et ne peuvent qu'être écartés.
8. En troisième lieu, d'une part, la caisse d'allocations familiales du Nord fait valoir que la bonne foi de M. A ne peut être retenue dès lors qu'il ne l'a pas informée de la fin des versements d'" allocation formation reclassement " par Pôle emploi en juillet 2020 ni de la " reprise de son statut étudiant à cette date " et qu'il n'a indiqué avoir perçu des gratifications de stage depuis le 5 janvier 2020 qu'à compter d'août 2021, en réponse à une demande d'information. Il résulte de l'instruction que M. A a, le 8 octobre 2020, déclaré des salaires et cessé de déclarer des indemnités de chômage en ce qui concerne les mois de juillet, août et septembre 2020. Il résulte toutefois de l'instruction que M. A a déclarée, 8 juillet 2020 que sa situation était inchangée et qu'il demeurait au chômage avec activité professionnelle ou en formation depuis le 6 janvier 2020 alors qu'en réponse à une demande d'information du 23 août 2021, il a déclaré, le lendemain, avoir perçu une gratification de stage depuis le 5 janvier 2020. Dès lors, alors même que la caisse d'allocations familiales du Nord n'a pas retenu la qualification frauduleuse de l'indu de prime d'activité, M. A ne peut être considéré comme de bonne foi.
9. D'autre part, en dépit de l'invitation qui lui a été adressée par le tribunal 27 août 2024, M. A, qui allègue percevoir des revenus mensuels nets de 1004,42 euros et faire face à des charges qui s'élèvent à 998,53 euros mensuels à la date de sa requête, soit le 22 février 2022, n'a produit aucune pièce permettant de déterminer ses ressources et charges actuelles alors qu'il résulte toutefois de l'instruction qu'à la date du 28 août 2024, son quotient familial s'élevait à 1 506 euros. Dans ces conditions, M. A ne peut être regardé comme étant, à la date du présent jugement dans une situation de précarité telle qu'il ne pourra s'acquitter du remboursement de sa dette.
10. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander une remise totale de sa dette de prime d'activité d'un montant de 1 397,06 euros.
Sur les frais liés au litige :
11. Les décisions prises par la caisse d'allocations familiales en matière de prime d'activité le sont au nom de l'État. Par suite, les conclusions présentées par M. A tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge du président de la caisse d'allocations familiales du Nord sur le fondement des dispositions de l'articles L. 761-1 du code de justice administrative sont mal dirigées et ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B A et au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes.
Copie en sera adressée, pour information, à la caisse d'allocations familiales du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
J. HORNLa greffière,
Signé
S. DEREUMAUX
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
No 2201326
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026