lundi 4 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2201464 |
| Type | Décision |
| Recours | Interprétation |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | DELATTRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 28 février 2022, 8 septembre 2022 et 10 octobre 2022, M. E B et Mme C B, représentés par
Me Delattre, demandent :
1°) la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, auxquels ils ont été assujettis au titre des années 2017 et 2018, et des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat, outre les dépens, la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la procédure d'imposition est irrégulière. En premier lieu, le service ne pouvait recourir à la procédure de taxation d'office prévue par l'article L. 66 du livre des procédures fiscales, d'une part, leur état de santé ne leur ayant pas permis de déposer leurs déclarations de revenus, et, d'autre part, les époux n'ayant pas reçu la mise en demeure de déposer leurs déclarations de revenus émise le 2 septembre 2019. En deuxième lieu, le service a manqué au respect de son obligation de motivation prévue par l'article L. 76 du livre des procédures fiscales, n'ayant pas précisé les revenus et charges acceptées en déduction permettant la détermination de la base d'imposition s'agissant des revenus générés par l'immeuble situé avenue de la République à Marcq-en-Barœul. En troisième lieu, le service a manqué au respect de son obligation d'information prévue par l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales, n'ayant pas mentionné la nature et le contenu du document communiqué par la commune de Mons-en-Barœul. En dernier lieu, le débat contradictoire nécessaire à la validité de l'examen de la situation personnelle du contribuable n'a pas été respecté. En effet, si Mme B a été reçue à trois reprises par le service, il résulte des rehaussements pratiqués eux-mêmes que celle-ci n'a pas été mise à même de présenter ses observations, lesquelles auraient notamment permis de ne pas tenir compte de certaines sommes dans la détermination de l'assiette imposable ;
- les impositions établies sont manifestement excessives. En premier lieu, le service a imposé dans la catégorie des traitements et salaires des remboursements de frais médicaux. En deuxième lieu, l'abattement de 10 % prévu par l'article 158 du GCI, concernant les pensions d'invalidité, n'a pas été appliqué. En troisième lieu, le service a retenu au titre des revenus fonciers imposables un versement correspondant à un dépôt de garantie. En dernier lieu, il n'a pas tenu compte des charges déductibles dans la catégorie des revenus fonciers, consistant en des intérêts d'emprunt et des cotisations d'assurance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2022, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au prononcé d'un non-lieu à statuer à concurrence des dégrèvements prononcés en cours d'instance et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Par une ordonnance du 8 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au
9 novembre 2022.
Un mémoire, enregistré le 6 mai 2024, a été présenté par le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Riou, vice-président,
- et les conclusions de Mme Courtois, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Les consorts B ont fait l'objet d'un examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle, pour la période allant du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018. Un avis de vérification leur a été adressé le 2 septembre 2019, comportant une mise en demeure de déposer leurs déclarations de revenus pour les années 2017 et 2018. Au cours de la procédure, Mme B s'est vue remettre une mise en demeure de déposer les déclarations de résultats de la société civile immobilière (SCI) dédiée à un immeuble situé à Marcq-en-Barœul, de laquelle les consorts sont associés. Les déclarations ont été déposées le 18 novembre 2019. A l'issue de l'examen de la situation fiscale des consorts, le vérificateur a rappelé l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux, imposés selon la procédure de taxation d'office, pour les montants respectifs de 31 980 euros et 21 424 euros pour 2017, et 40 180 euros et 25 222 euros pour 2018, assortis des pénalités correspondantes. Les consorts demandent au tribunal la décharge de ces impositions et pénalités.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 12 juillet 2022 postérieure à l'introduction de la requête, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord a prononcé le dégrèvement, à concurrence de 318 euros, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquels les contribuables ont été assujettis au titre de l'année 2018. Les conclusions de la requête sont, dans cette mesure, devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer à concurrence des montants précités.
Sur le surplus des conclusions à fin de décharge :
S'agissant de la régularité de la procédure d'imposition :
En ce qui concerne le recours à la procédure de taxation d'office :
3. Aux termes de l'article 170 du code général des impôts : " En vue de l'établissement de l'impôt sur le revenu, toute personne imposable audit impôt est tenue de souscrire et de faire parvenir à l'administration une déclaration détaillée de ses revenus et bénéfices, de ses charges de famille et des autres éléments nécessaires au calcul de l'impôt sur le revenu () ". Aux termes de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales : " Sont taxés d'office : / 1° à l'impôt sur le revenu, les contribuables qui n'ont pas déposé dans le délai légal la déclaration d'ensemble de leurs revenus (), sous réserve de la procédure de régularisation prévue à l'article L. 67 ; () ". Aux termes de l'article L. 67 du même code : " La procédure de taxation d'office prévue aux 1° et 4° de l'article L. 66 n'est applicable que si le contribuable n'a pas régularisé sa situation dans les trente jours de la notification d'une mise en demeure. () ".
4. Il résulte de l'instruction que les déclarations de revenus des consorts B, pour les années 2017 et 2018, n'ont pas été déposées.
5. D'une part, il ressort des pièces du dossier, et notamment d'un certificat médical établi le 30 novembre 2018 par le docteur A, que M. B présente des " éprouvés anxiodépressifs récurrents ", une labilité de l'humeur et des " troubles thymiques récurrents à tendance bipolaire ". Il est également constant que Mme B était, au cours des années d'imposition en litige, placée en arrêt maladie. Les difficultés qui ont pu résulter pour les requérants de leur état de santé ne sauraient être regardées, en l'espèce, comme un cas de force majeure de nature à faire obstacle à l'application des dispositions susvisées. Il en résulte que les consorts ne sont pas fondés à soutenir que leur état de santé constituait un cas de force majeure de nature à les empêcher de souscrire leurs déclarations de revenus.
6. D'autre part, si les consorts soutiennent n'avoir pas reçu la mise en demeure exigée par l'article L. 67 du livre des procédures fiscales, le service produit la copie des courriers de mise en demeure datés du 2 septembre 2019, et de leurs avis de réception postaux. Ces plis comportent la référence du dossier, la mention " présenté/ avisé le " à la date du
9 septembre 2019, ainsi que la signature du destinataire. Il en résulte que l'administration fiscale doit être regardée comme établissant, comme elle en a la charge, que les mises en demeure ont été régulièrement adressées aux requérants et qu'elles ont été reçues le 9 septembre 2019.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que la procédure de taxation d'office leur a été appliquée.
En ce qui concerne la motivation des rehaussements établis suivant la procédure de taxation d'office :
8. Aux termes de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales : " Les bases ou éléments servant au calcul des impositions d'office et leurs modalités de détermination sont portées à la connaissance du contribuable trente jours au moins avant la mise en recouvrement des impositions. () ".
9. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de la proposition de rectification du 10 juillet 2020 et de ses annexes, que ces documents mentionnent, pour chacune des années contrôlées, les sommes retenues dans les bases d'imposition établies d'office par catégorie de revenus, ainsi que les modalités de calcul des impositions assises de leur chef. Les consorts soutiennent que, n'ayant pas précisé les revenus et les charges acceptés en déduction s'agissant de l'immeuble situé Avenue de la République à Marcq-en-Barœul, qu'ils détiennent indirectement par le biais d'une société civile immobilière, le service a manqué à son obligation de motivation. Si le service ne reprend, s'agissant de la détermination des revenus fonciers générés par la SCI, que le résultat déclaré par la société le 18 novembre 2019, sans faire état de la ventilation des revenus et des charges, il doit être regardé comme ayant satisfait à l'obligation de motivation exigée par l'article L.76 du livre des procédures fiscales précité. Dans ces circonstances, M. et de Mme B ne sont pas fondés à soutenir que, faute d'avoir précisé les modalités de la détermination des revenus fonciers en cause, l'administration aurait méconnu son obligation de motiver la proposition de rectification.
En ce qui concerne le respect de l'obligation d'information :
10. Aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande ".
11. Il incombe à l'administration, quelle que soit la procédure d'imposition mise en œuvre, et au plus tard avant la mise en recouvrement, d'informer le contribuable dont elle envisage soit de rehausser, soit d'arrêter d'office les bases d'imposition, de l'origine et de la teneur des renseignements obtenus auprès de tiers qu'elle a utilisés pour fonder les impositions, avec une précision suffisante pour permettre à l'intéressé de demander que les documents qui contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition avant la mise en recouvrement des impositions qui en procèdent. Lorsque le contribuable en fait la demande à l'administration, celle-ci est tenue de lui communiquer les documents ou copies de documents contenant les renseignements obtenus auprès de tiers qui lui sont opposés. Dans ce dernier cas, la demande du contribuable peut porter sur tout document utilisé par l'administration pour établir les impositions et notamment sur les documents dont elle s'est prévalue au cours de la procédure de redressement, y compris dans la réponse aux observations du contribuable, alors même qu'elle n'en aurait fait état que pour confirmer une prise de position reposant sur d'autres éléments.
12. Il résulte de l'instruction que le service indique, au sein de la proposition de rectification, que : " suite au droit de communication du 26 août 2019 mis en œuvre auprès de la commune de Mons en Baroeul (), il ressort que M. B et Mme B née D sont mariés depuis le 9 juin 1984 sans qu'aucune mention de divorce n'ait été apposée depuis cette date. ". Par ces mentions, et alors même que la composition du foyer fiscal pouvait être déterminée par d'autres éléments, notamment ceux obtenus au cours du contrôle auprès des contribuables, le service doit être regardé comme ayant informé les contribuables de l'origine et de la teneur des renseignements obtenus de tiers, avec une précision suffisante pour leur permettre de demander la mise à disposition des documents. Or il est constant que les requérants n'ont pas sollicité une telle mise à disposition. Par suite, le moyen tiré d'une méconnaissance de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le respect du débat contradictoire :
13. Le caractère contradictoire que doit revêtir l'examen de la situation fiscale personnelle au regard de l'impôt sur le revenu en vertu des articles L. 47 à L. 50 du livre des procédures fiscales interdit au vérificateur d'adresser la proposition de rectification qui, selon l'article L. 48 de ce livre, marquera l'achèvement de son examen, sans avoir au préalable engagé sur les points qu'il envisage de retenir un dialogue contradictoire avec le contribuable.
14. Il n'est pas contesté que trois entretiens ont eu lieu, dans les locaux du service, les 17 octobre 2019, 21 novembre 2019 et 22 juin 2020, en présence de Mme B. L'administration indique par ailleurs que ces entretiens ont eu pour objet, pour le premier, la détermination de la situation personnelle et de la composition du foyer fiscal, pour le deuxième, l'examen des flux financiers, et, pour le dernier, la présentation des conclusions du contrôle. Au surplus, Mme B ne conteste pas s'être vue remettre, au cours de l'entretien du
17 octobre 2019, la mise en demeure de déposer les déclarations de résultats de la SCI dont elle est gérante. Le service soutient par ailleurs, sans être contredit, qu'un compte-rendu du premier entretien a été transmis aux intéressés le 19 octobre 2019. Il évoque, au sein de la proposition de rectification, des indications données par Mme B au cours de ces entretiens. Les consorts, qui se bornent à soutenir que les rehaussements pratiqués démontrent que
Mme B n'a pas été mise à même de présenter ses observations, ne sont pas fondés à soutenir que le caractère contradictoire de la procédure n'a pas été respecté. Il en résulte que le service doit être regardé comme ayant engagé un dialogue contradictoire avec les requérants sur les points qu'il envisageait de retenir.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le service a manqué à son obligation de respect de la procédure d'imposition.
En ce qui concerne le bien fondé des impositions :
S'agissant de la charge de la preuve :
16. Aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ". Aux termes de l'article R. 193-1 du même code : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré. ".
17. Il résulte de ce qui précède que c'est à bon droit que l'administration a établi d'office l'imposition, d'où il suit que la charge de la preuve incombe aux contribuables qui demandent la décharge de l'imposition.
S'agissant des revenus imposés dans la catégorie des traitements et salaires :
18. D'une part, aux termes de l'article 80 quinquies du code général des impôts : " Les indemnités journalières versées par les organismes de sécurité sociale et de la mutualité sociale agricole ou pour leur compte, sont soumises à l'impôt sur le revenu suivant les règles applicables aux traitements et salaires, (). ".
19. Il résulte de l'instruction qu'afin de déterminer les revenus imposables dans la catégorie des traitements et salaires, le vérificateur a procédé à l'étude des flux financiers des comptes bancaires des consorts faisant apparaître des encaissements, en provenance de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) et de l'institution nationale de prévoyance des représentants (INPR), d'un montant de 38 885,86 euros au titre de l'année 2017 et 38 030,38 euros au titre de l'année 2018. Concernant les pensions perçues par M. B, le service retient, au titre de l'année 2017, la somme de 10 809,28 euros (950,18 + 93,9 + 22 + 15 + 950,18 + 150,18 + 21,5 + 950,18 + 14,5 + 42,7 + 41,7 + 950,18 + 950,18 + 16,5 + 950,18 + 90,7 + 93,91 + 957,64 + 63,82 + 75,84 + 952,67 + 16,5 + 24 + 123,29 + 44,7 + 24 + 952,67 + 952,67 + 87,4 + 113,68 + 24,03 + 23 + 24 +45,7) versée par la CPAM, et 19 377,52 euros (4 484,72 + 1 830,69 + 4 337,72 + 2 176,79 + 2 194,02 + 4 353,58) versée par l'INPR. Les consorts contestent le montant retenu pour les versements de la CPAM, estimant que les sommes d'un " faible montant " retenues correspondent à des remboursements de soins. Ils soutiennent ainsi que seuls les versements récurrents, en début de mois, doivent être retenus, pour un montant total de 9 516,73 euros (950,18 + 950,18 + 950,18 + 950,18 + 950,18 + 950,18 + 957.64 + 952.67 + 952.67 + 952.67). Ils produisent, au soutien de cette allégation, le détail des remboursements opérés par la CPAM pour M. et Mme B, au cours des années 2017 et 2018, et reprennent cinq exemples, sur une période de trois mois. Ce document, qui ne précise que la date des actes de soin, et n'indique pas la date des crédits, ne saurait être regardé comme apportant la preuve de l'inexactitude des sommes retenues par l'administration. De surcroît, les consorts produisent une attestation de paiement de la CPAM faisant état, concernant M. B, pour la période allant de janvier à octobre 2017, de paiements d'un montant de 11 073,42 euros (1 105,02 + 1 105,02 + 1 105,02 + 1 105,02 + 1 105,02 + 1 114,96 + 1 108,34 + 1 108,34 + 1108,34 + 1108,34). Ils démontrent, par cette attestation, que les pensions versées par la CPAM sont d'un montant supérieur à celui retenu par le vérificateur, et hors de proportion avec le montant qu'ils proposent de retenir dans leurs premières écritures. Il en résulte qu'au titre de l'année 2017, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le montant des pensions perçues par M. B est inférieur à celui retenu par l'administration. Par ailleurs, en se bornant à produire, sans récapitulation, le détail des remboursements opérés par la CPAM, et à soutenir que les " petites " sommes, sans autre précision, n'auraient pas être prises en compte par l'administration fiscale, M. et Mme B n'apportent pas la preuve qui leur incombe que les sommes retenues par l'administration, concernant les revenus de M. B, ne sont pas des pensions d'invalidité. Concernant les revenus perçus par Mme B, le service a retenu, au titre de l'année 2017, le montant de 8 699,06 euros (118,03 + 83,63 + 635,52 + 319,76 + 319,76 + 157,88 + 319,76 + 15,1 + 182,72 + 314,76 + 15,1 + 319,76 + 316,76 + 319,76 + 262,66 + 12,1 + 319,76 + 13 + 228,4 + 319,76 + 249,74 + 319,76 + 16,5 + 292,92 + 319,76 + 319,76 + 16,5 + 134,04 + 7,5 + 319,76 + 205,56 + 291,37 + 391,37 + 182,72 + 291,37 + 145,69 + 291,37 + 309,39). Les requérants produisent une attestation de l'assurance maladie précisant le montant des indemnités journalières versées à Mme B pour l'année 2017, laquelle fait état du versement de la somme de 8 153,88 euros (2 900,68 + 57,1 + 3 882,8 + 91,36 + 1 187,68 + 34,26). Cette somme doit être substituée à celle retenue par l'administration fiscale pour l'année 2017, de sorte que M. et Mme B sont fondés à demander la réduction de leur base d'imposition à hauteur d'un montant de 545 euros (8 699 - 8 154 compte tenu de la règle d'arrondi à l'euro le plus proche prévue à l'article 1649 undecies du code général des impôts). En se bornant à soutenir que des versements d'un faible montant, par exemple inférieurs à
100 euros, ne pourraient pas constituer des pensions imposables et proviendraient nécessairement de remboursements de soins, les requérants n'apportent pas davantage la preuve de l'exagération des sommes retenues par l'administration au titre de l'année 2018, pour laquelle ils ne produisent aucun document probant.
20. D'autre part, aux termes du a du 5 de l'article 158 de ce code, dans sa version applicable à l'année 2017, " () / les pensions et retraites font l'objet d'un abattement de 10 % qui ne peut excéder 3 715 €. Ce plafond s'applique au montant total des pensions et retraites perçues par l'ensemble des membres du foyer fiscal. ". Dans sa version applicable à l'année 2018, cet article prévoit un abattement de 10 % qui ne peut excéder 3 812 euros, pour les pensions et retraites perçues par l'ensemble des membres du foyer fiscal.
21. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des avis d'imposition pour les années 2017 et 2018, que l'abattement a été appliqué aux pensions de M. B, d'où il suit que le moyen tiré du défaut d'application de cet abattement n'est pas fondé.
En ce qui concerne les revenus imposés dans la catégorie des revenus fonciers :
22. D'une part, aux termes de l'article 14 du code général des impôts : " () sont compris dans la catégorie des revenus fonciers, () : / 1° Les revenus des propriétés bâties, telles que maisons et usines () ".
23. Il est constant que les époux détiennent directement un immeuble sis 42 rue de la monnaie à Lille, et indirectement, par le biais d'une SCI, un immeuble situé Avenue de la République à Marcq-en-Barœul. Il ressort des pièces du dossier que l'administration fiscale a inclus, dans les revenus imposables dans la catégorie des revenus fonciers, la somme de
1 400 euros encaissée sur le compte bancaire des époux B le 17 octobre 2018. Les requérants soutiennent que cette somme correspond à un dépôt de garantie, non imposable, et produisent, au soutien de leur prétention, un état des lieux d'entrée, concernant l'immeuble situé rue de la Monnaie à Lille, établi entre Mmes B et Jallat, daté du 3 septembre 2018, ainsi que la photocopie d'un chèque d'un montant de 650 euros, daté du 29 août 2018. Par ces documents, qui ne justifient pas de la nature du chèque émis, ni de la correspondance avec la somme encaissée, les requérants ne sauraient être regardés comme apportant la preuve qui leur incombe que la somme de 1 400 euros encaissée ne correspondait pas à un revenu imposable.
24. D'autre part, aux termes de l'article 31 du code général des impôts : " Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : / 1° Pour les propriétés urbaines : / () / a bis) Les primes d'assurance ; / () / d) Les intérêts de dettes contractées pour la conservation, l'acquisition, la construction, la réparation ou l'amélioration des propriétés () ; e) Les frais de gestion, fixés à 20 € par local (). ".
25. En premier lieu, concernant l'immeuble détenu par le biais de la SCI, les contribuables soutiennent avoir supporté, au cours des années 2017 et 2018, des frais d'assurance et des intérêts d'emprunt bancaire. Selon eux, ces charges auraient dû être déduites de leurs revenus fonciers, au titre de l'année 2017, pour un montant de 809,65 euros, correspondant aux primes d'assurance " propriétaire non occupant ", de 961,28 euros, relatif à l'assurance de l'emprunt bancaire, et de 8 264,65 euros, correspondant aux intérêts d'emprunt. Au titre de l'année 2018, ils soutiennent avoir supporté des charges d'un montant de
802,80 euros, correspondant aux primes d'assurance " propriétaire non occupant ", de
960 euros, relatif à l'assurance de l'emprunt bancaire, et de 7 106,14 euros, correspondant aux intérêts d'emprunt. Ils produisent une attestation d'assurance dommages " sociétaire non occupant ", émise par la société d'assurance Macif, en date du 3 mars 2021, et des captures d'écran de leur espace client Macif faisant état du détail de leur contrat, ayant une date d'effet au 29 décembre 2017, et du tarif de 867,29 euros par an. Ils produisent également des attestations émises par la banque CIC Nord-Ouest, La Madeleine Romarin, datées du
18 février 2021, justifiant les montants d'intérêts et d'assurance relatifs à l'emprunt allégués par les requérants. Les requérants n'établissent pas que les charges déductibles dont ils se prévalent n'ont pas déjà été prises en compte par l'administration fiscale lorsqu'elle s'est fondée sur les déclarations produites, tardivement, par la SCI propriétaire. Il en résulte que le moyen tiré d'une exagération des revenus fonciers imposés doit être écarté.
26. En second lieu, concernant l'immeuble sis rue de la monnaie à Lille, les requérants soutiennent que doivent être déduites les primes d'assurance, pour un montant de 366,14 euros, au titre de l'année 2017 et produisent un avis d'échéance de leur assureur afin de justifier d'une telle charge. Toutefois, un tel document, qui se limite à indiquer le montant de la prime à payer, ne permet pas d'apporter la preuve de son paiement effectif. Hormis la somme de 383 euros, correspondant au montant des primes d'assurances acquittées pour cet immeuble en 2018, dont l'administration a admis la déduction en prononçant le dégrèvement, en cours d'instance, des impositions correspondantes, les requérants n'établissent pas, comme ils en ont la charge, qu'ils ont acquitté, au titre de l'année 2017, le montant susmentionné. Il en résulte que le moyen tiré d'une exagération des revenus fonciers imposés doit être écarté.
27. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme B sont seulement fondés à demander la décharge de l'excédent de cotisation d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquels ils ont été assujettis au titre de l'année 2017, résultant de la prise en compte de la somme de 8 153,88 euros, en lieu et place de la somme de 8 699.06 euros, s'agissant des revenus imposables dans la catégorie des traitements et salaires concernant Mme B, ainsi que des pénalités correspondantes. Il en résulte que la base imposable est réduite, au titre des revenus de l'année 2017, d'un montant de 545 euros.
Sur les frais liés au litige :
28. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante pour l'essentiel, verse à M. et Mme B une somme que ceux-ci réclament au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Dès lors qu'aucun dépens n'a été engagé dans la présente instance, les conclusions présentées à ce titre ne peuvent, en tout état de cause, qu'être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer, à concurrence du montant dégrevé en cours d'instance, sur les conclusions aux fins de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles M. et Mme B ont été assujettis au titre de l'année 2018.
Article 2 : La base de l'impôt sur le revenu de M. et Mme B est réduite, au titre de l'année 2017, d'un montant de 545 euros.
Article 3 : M. et Mme B sont déchargés, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2017, correspondant à la réduction de la base d'imposition définie à l'article 2 ci-dessus.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. E B, Mme C B et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Délibéré après l'audience du 14 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Riou, président,
- Mme Jaur, première conseillère,
- Mme Célino, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 novembre 2024.
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
A. JaurLe président-rapporteur,
Signé
J.-M. Riou
La greffière,
Signé
S. Ranwez
La République mande et ordonne au ministre auprès du Premier ministre, chargé du budget et des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2602087
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi par M. B... d’une demande d’injonction, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, visant à contraindre le préfet du Bas-Rhin à instruire les demandes de titres de voyage pour ses filles mineures. Le tribunal a rejeté la requête, estimant que la mesure sollicitée ferait obstacle à l’exécution d’une décision administrative implicite de rejet née du silence gardé par l’administration pendant deux mois, conformément aux articles L. 231-1 et L. 231-4 du code des relations entre le public et l’administration. Il a également jugé que la condition d’urgence n’était pas caractérisée, les circonstances invoquées par le requérant ne suffisant pas à l’établir.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2600609
Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé, a été saisi par une requérante pour faire constater l'absence d'offre de logement adaptée à ses besoins après une décision de la commission de médiation la reconnaissant prioritaire. Le juge a constaté que l'État, en la personne du préfet des Alpes-Maritimes, n'avait pas satisfait à son obligation de résultat dans le délai de six mois prévu par l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation. En application des articles L. 441-2-3-1 du même code et R. 778-1 du code de justice administrative, le tribunal a en conséquence ordonné au préfet de procéder au relogement de la requérante, sous astreinte.
03/04/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE01300
31/03/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE01592
31/03/2026