lundi 2 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2202002 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (6) |
| Avocat requérant | MATHIEU-MINET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 mars 2022 et le 25 janvier 2024, la société des intérêts populaires, agissant en qualité de tutrice de M. A Ozorowski, représentée par Me Mathieu, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 novembre 2021 par laquelle le président du conseil département du Nord a rejeté sa demande de prise en charge au titre de l'aide sociale à l'hébergement ;
2°) de l'admettre à l'aide sociale à l'hébergement à compter du 6 novembre 2020.
Elle soutient qu'elle a transmis l'ensemble des justificatifs réclamés lors du dépôt de la demande.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 avril 2022, le département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que l'absence de production par M. Ozorowski des justificatifs demandés ne permettait pas d'apprécier sa situation financière.
Par un courrier du 24 septembre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision du 23 novembre 2021 du président du conseil départemental du Nord, la décision du 12 janvier 2022 rendue à la suite d'un recours administratif préalable obligatoire s'étant substituée à la décision attaquée.
Des observations en réponse au moyen d'ordre public, présentées pour la société des intérêts populaires, ont été enregistrées le 3 octobre 2024.
M. Ozorowski a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné M. Cotte, vice-président, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Cotte a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. Ozorowski a intégré, le 6 novembre 2020, l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) " Les Coquelicots " de Vieux Condé. La société des intérêts populaires, désignée tutrice de l'intéressé par décision du juge des contentieux de la protection du 15 décembre 2020, a déposé une demande d'aide sociale à l'hébergement auprès du centre communal d'action sociale de Vieux-Condé le 4 janvier 2021. Le département du Nord, par plusieurs courriers adressés, les 15 mars, 2 juin, 18 et 29 août 2021, au président du centre communal d'action sociale du Vieux-Condé, a informé ce dernier que le dossier présenté pour M. Ozorowski était incomplet. Le 23 novembre 2021, le président du conseil départemental du Nord a rejeté la demande. Le 20 décembre 2021, la société des intérêts populaires a formé un recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de cette décision. Le 12 janvier 2022, le président du conseil départemental du Nord a maintenu sa décision du 23 novembre 2021. Par la présente requête, la société des intérêts populaires, doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision 12 janvier 2022, qui s'est substituée à la décision du 23 novembre 2021.
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article L. 134-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le contentieux relevant du présent chapitre comprend les litiges relatifs aux décisions du président du conseil départemental et du représentant de l'Etat dans le département en matière de prestations légales d'aide sociale prévues par le présent code ". Aux termes de l'article L. 134-2 du même code : " Les recours contentieux formés contre les décisions mentionnées à l'article L. 134-1 sont précédés d'un recours administratif préalable exercé devant l'auteur de la décision contestée. L'auteur du recours administratif préalable, accompagné de la personne ou de l'organisme de son choix, est entendu, lorsqu'il le souhaite, devant l'auteur de la décision contestée / () / Les recours peuvent être formés par le demandeur, ses débiteurs d'aliments, l'établissement ou le service qui fournit les prestations () ayant un intérêt direct à la réformation de la décision ".
3. Si le juge est saisi de conclusions tendant à l'annulation d'une décision qui ne peut donner lieu à un recours devant le juge de plein de contentieux qu'après l'exercice d'un recours administratif préalable et si le requérant indique, de sa propre initiative ou le cas échéant à la demande du juge, avoir exercé ce recours et, le cas échéant après que le juge l'y ait invité, produit la preuve de l'exercice de ce recours ainsi que, s'il en a été pris une, la décision à laquelle il a donné lieu, le juge du plein contentieux doit regarder les conclusions dirigées formellement contre la décision initiale comme tendant à l'annulation de la décision, née de l'exercice du recours, qui s'y est substituée.
4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la société des intérêts populaires a contesté, le 20 décembre 2021, la décision du 23 novembre 2021 par laquelle le président du conseil départemental du Nord a rejeté sa demande d'aide sociale pour le compte de M. Ozorowski. Par une décision du 12 janvier 2022, le président du conseil départemental du Nord a rejeté ce recours et a maintenu la décision du 23 novembre 2021. Il résulte des observations présentées, sur le moyen d'ordre public adressé aux parties, que la société des intérêts populaires agissant en qualité de tutrice, se borne à soutenir que la décision du 12 janvier 2022, rejetant son recours administratif ne fait que confirmer celle du 23 novembre 2021, et qu'il n'est donc pas nécessaire de substituer cette dernière à celle du 12 janvier 2022, Dès lors qu'en vertu des dispositions applicables, un refus d'admission à l'aide sociale à l'hébergement doit faire l'objet d'un recours administratif préalable obligatoire avant toute saisine du juge administratif, la décision du 12 janvier 2022 s'est nécessairement substituée à celle du 23 novembre 2021. Dans ces conditions, les conclusions visant à l'annulation de la décision du 23 novembre 2021 sont irrecevables.
Sur l'office du juge :
5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 12 janvier 2022 :
6. En vertu du premier alinéa de l'article L. 113-1 du code de l'action sociale et des familles prévoit que : " Toute personne âgée de soixante-cinq ans privée de ressources suffisantes peut bénéficier, soit d'une aide à domicile, soit d'un accueil chez des particuliers ou dans un établissement ". Le premier alinéa de l'article L. 231-4 de ce code dispose que : " Toute personne âgée qui ne peut être utilement aidée à domicile peut être accueillie, si elle y consent, dans des conditions précisées par décret, () dans un établissement de santé ou une maison de retraite publics () ".
7. Les demandes d'admission au bénéfice de l'aide sociale à l'hébergement sont déposées au centre communal ou intercommunal d'action sociale ou, à défaut, à la mairie de résidence de l'intéressé. Ces demandes donnent lieu à l'établissement d'un dossier par les soins du centre communal ou intercommunal d'action sociale avant transmission, dans le mois de leur dépôt, au président du conseil départemental qui les instruit avec l'avis du centre communal ou intercommunal d'action sociale ou, à défaut, du maire et celui du conseil municipal, lorsque le maire ou le centre communal ou intercommunal d'action sociale a demandé la consultation de cette assemblée. Cette procédure a pour objet de faciliter l'instruction de la demande par le président du conseil départemental, celui-ci pouvant en outre, si la demande qui lui est transmise est incomplète, solliciter des pièces complémentaires dans les conditions prévues à l'article L.114-5 du code des relations entre le public et l'administration, aux termes duquel : " Lorsqu'une demande adressée à l'administration est incomplète, celle-ci indique au demandeur les pièces et informations manquantes exigées par les textes législatifs et réglementaires en vigueur. Elle fixe un délai pour la réception de ces pièces et informations () ".
8. Aux termes de l'article L. 132-1 du code de l'action sociale et des familles : " Il est tenu compte, pour l'appréciation des ressources des postulants à l'aide sociale, des revenus professionnels et autres et de la valeur en capital des biens non productifs de revenu, qui est évaluée dans les conditions fixées par voie réglementaire. / () ". Aux termes de l'article L. 132-3 du même code : " Les ressources de quelque nature qu'elles soient à l'exception des prestations familiales, dont sont bénéficiaires les personnes placées dans un établissement au titre de l'aide aux personnes âgées ou de l'aide aux personnes handicapées, sont affectées au remboursement de leurs frais d'hébergement et d'entretien dans la limite de 90 %. / () ".
9. Pour rejeter la demande de prise en charge des frais d'hébergement de M. Ozorowski, le président du conseil départemental du Nord a relevé que la société requérante n'avait pas fourni les éléments demandés permettant d'évaluer la situation financière de l'intéressé. Bien que la société requérante ait versé à la présente instance des justificatifs de domicile, notamment des avis d'imposition, des factures d'eau et de gaz, et ait démontré le montant du rappel de l'allocation adulte handicapée ainsi que des versements mensuels subséquents, il n'est toujours pas justifié de la date du premier versement de l'aide personnalisée au logement, ni des motifs justifiant les versements réguliers par Oney Banque et BPCE Financement. Dans ces conditions, il n'est pas établi que M. Ozorowski remplirait les conditions pour bénéficier de l'aide à l'hébergement. Il s'ensuit que la requête de la société des intérêts populaires doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société des intérêts populaires est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société des intérêts populaires, à M. A Ozorowski, à Me Mathieu et au département du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
O. Cotte
La greffière,
signé
C. Lejeune
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026