lundi 15 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2202072 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | ONELAW SCP |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société par actions simplifiée Établissements Roches, représentée par la SELARL Onelaw, a demandé au Tribunal administratif de Lille, d'une part, de prononcer le remboursement de la somme de 21 605 euros correspondant au crédit d'impôt en faveur des métiers d'art auquel elle peut prétendre au titre de l'année 2015, et, d'autre part, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par une ordonnance n° 1906912 du 13 avril 2021, le président de la 4ème chambre du Tribunal administratif de Lille a donné acte du désistement de la requête de la société Établissements Roches.
Par un arrêt n° 21DA01266 du 17 mars 2022, la cour administrative d'appel de Douai, saisie d'un appel présenté par la société Établissements Roches, a annulé l'ordonnance n° 1906912 du 13 avril 2021 et renvoyé l'affaire au tribunal.
Procédure devant le tribunal :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 août 2019 et 19 mars 2021, la société Établissements Roches, représentée par la SELARL Onelaw, demande au tribunal :
1°) de prononcer le remboursement de la somme de 21 605 euros correspondant au crédit d'impôt en faveur des métiers d'art auquel elle peut prétendre au titre de l'année 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1
du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle crée sur-mesure des meubles présentant un caractère unique pour les entreprises et les commerces et est imposée à l'impôt sur les sociétés d'après son bénéfice réel ; elle remplit ainsi les conditions prévues par l'article 244 quater O du code général des impôts pour pouvoir bénéficier du crédit d'impôt en faveur des métiers d'art ;
- elle entend se prévaloir des énonciations des commentaires publiés au bulletin officiel des impôts sous la référence BOI-BIC-RICI-10-100.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 janvier 2020, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société Établissements Roches ne sont pas
fondés.
Par une ordonnance en date du 29 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 avril 2022.
Un mémoire, présenté par le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord, a été enregistré le 30 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier. Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- l'arrêté du 14 juin 2006 fixant la liste des nomenclatures des activités industrielles et des produits éligibles au crédit d'impôt mentionné à l'article 244 quater O du code général des impôts ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Courtois,
- et les conclusions de M. Quint, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Établissements Roches, qui a pour activité la fabrication sur-mesure de meubles de bureau et de magasin, demande au tribunal de prononcer la restitution d'une somme de 21 605 euros pour l'année 2015 au titre du crédit d'impôt en faveur des métiers d'art prévu par l'article 244 quater O du code général des impôts.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 244 quater O du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " I.- Les entreprises mentionnées au III et imposées d'après leur bénéfice réel () peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt égal à 10 % de la somme : / 1° Des salaires et charges sociales afférents aux salariés directement affectés à la création d'ouvrages réalisés en un seul exemplaire ou en petite série. La création d'ouvrages uniques, réalisés en un exemplaire ou en petite série, se définit selon deux critères cumulatifs : / a) Un
1.
ouvrage pouvant s'appuyer sur la réalisation de plans ou maquettes ou de prototypes ou de tests ou encore de mise au point manuelle particulière à l'ouvrage ; / b) Un ouvrage produit en un exemplaire ou en petite série ne figurant pas à l'identique dans les réalisations précédentes de l'entreprise ; / () / III.- Les entreprises pouvant bénéficier du crédit d'impôt mentionné au I sont : / () / 2° Les entreprises industrielles des secteurs de l'horlogerie, de la bijouterie, de la joaillerie, de l'orfèvrerie, de la lunetterie, des arts de la table, du jouet, de la facture instrumentale et de l'ameublement ; () ".
3. Il appartient au juge de l'impôt d'apprécier, au vu de l'instruction et compte tenu des différents éléments produits par les parties, si le contribuable remplit les conditions auxquelles les dispositions de l'article 244 quater O du code général des impôts subordonnent le bénéfice du crédit d'impôt qu'elles instituent. A cet égard, la circonstance que des équipements seraient conçus et fabriqués sur-mesure par des personnels mettant en œuvre un savoir-faire exigeant pour répondre à la demande individuelle de chaque client, constituant ainsi autant d'ouvrages d'artisanat d'art différents et uniques, ne suffit pas à caractériser un travail de conception d'un nouveau produit.
4. Il résulte de l'instruction que la société Établissements Roches, spécialisée dans la conception, la fabrication et l'installation de meubles sur-mesure pour les entreprises et les commerces, a sollicité la restitution d'une somme au titre du crédit d'impôt en faveur des métiers d'art au titre de l'année 2015 à raison d'une douzaine d'ouvrages. Toutefois, elle n'a produit des visuels que pour sept projets et un carnet de détails d'autres projets, à titre de comparaison. Ces éléments, qui démontrent que la société peut créer sur-mesure, à la demande individuelle de chaque client, dans des dimensions, teintes, matériaux et formes différentes, des meubles et des parties de meubles, tels que recensés dans les classes 36.12 et 36.14 de l'arrêté du 14 juin 2006 fixant la liste des nomenclatures des activités industrielles et des produits éligibles au crédit d'impôt mentionné à l'article 244 quater O du code général des impôts, sont insuffisants pour caractériser la création d'ouvrages uniques, différents des réalisations précédentes de l'entreprise ou d'autres spécialistes de l'agencement au sens des dispositions précitées. Dès lors, la société Établissements Roches n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration fiscale lui a refusé la restitution d'une somme au titre du crédit d'impôt en faveur des métiers d'art.
5. En second lieu, la décision refusant de restituer une somme au titre d'un crédit d'impôt ne constitue ni un rehaussement, ni un rehaussement d'imposition. La société Établissements Roches ne saurait dès lors se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations des commentaires publiés au bulletin officiel des impôts sous la référence BOI-BIC-RICI-10-100.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de restitution de la société Établissements Roches doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles qu'elle a présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de la société Établissements Roches est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Établissements Roches et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Délibéré après l'audience du 24 avril 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Lançon, première conseillère,
- Mme Courtois, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mai 2023.
La rapporteure, Signé
C. COURTOIS
Le président, Signé
O. LEMAIRE
La greffière, Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme, La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026