LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2202831

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2202831

mercredi 12 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2202831
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantCHIVOT SOUFFLET

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, enregistrée le 14 avril 2022 sous le numéro 2202831, la société à responsabilité limitée (SARL) Oliane, représentée par Me Chivot, demande au tribunal :

1°) de condamner la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois à lui verser la somme de 26 829,03 euros en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi en raison de l'impossibilité d'utiliser l'intégralité du parking qu'elle loue ;

2°) de mettre les dépens à la charge de la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois ;

3°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que le défaut d'entretien persistant par la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois du mur de soutènement des terres des remparts de la commune de Montreuil-sur-mer l'empêche d'utiliser trois des neuf emplacements de stationnement qu'elle loue, de sorte que son préjudice peut être évalué à la somme de 26 829,03 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2023, la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois, représentée par Me Dutat, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société Oliane au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par la société Oliane ne sont pas fondés.

II. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 juillet 2022 et le 22 février 2023 sous le numéro 2205557, la société à responsabilité limitée Oliane, représentée par Me Chivot, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner in solidum la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois et la commune de Montreuil-sur-Mer à lui verser la somme de 26 829,03 euros en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi en raison de l'impossibilité d'utiliser l'intégralité du parking qu'elle loue ;

2°) d'enjoindre la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois et la commune de Montreuil-sur-Mer de procéder aux réparations du rempart ;

3°) de mettre les dépens à la charge de la commune de Montreuil-sur-Mer ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Montreuil-sur-Mer une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le défaut d'entretien persistant par la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois du mur de soutènement des terres des remparts de la commune de Montreuil-sur-mer depuis une forte tempête l'empêche d'utiliser trois des neuf emplacements de stationnement qu'elle loue ;

- la commune de Montreuil-sur-Mer, en sa qualité de propriétaire des remparts, est responsable des dommages, en l'absence de stipulations contraires des statuts de la communauté d'agglomération ou de délibérations contraires ;

- son préjudice peut être évalué à la somme de 26 829,03 euros, le chiffre d'affaires réalisé de 2015 à 2020 pour le parking s'élevant à 81 794 euros avec un taux d'occupation moyen d'un peu plus de 50%.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 décembre 2022, la commune de Montreuil- sur-Mer, représentée par Me Poulain, conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société Oliane au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

2°) subsidiairement, à la condamnation de la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois à la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre.

Elle fait valoir que les travaux d'investissement de ses remparts relèvent de la compétence de la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois en application de l'article 4 des statuts du conseil communautaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juin 2023, la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois, représentée par Me Dutat, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société Oliane au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par la société Oliane ne sont pas fondés.

Vu :

- l'ordonnance n°2003660 du 25 août 2020, par laquelle le juge des référés a ordonné une expertise à la demande de la société Oliane, de Mme A B et de M. G B ;

- le rapport d'expertise établi par M. G C et déposé au greffe du tribunal le 31 décembre 2021 ;

- l'ordonnance n°2003660 du 5 janvier 2022 par laquelle les frais et honoraires de l'expertise ont été liquidés et taxés à la somme de 7 914,02 euros ;

- les autres pièces de ces deux dossiers.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Fougères,

- les conclusions de Mme Bruneau, rapporteure publique,

- et les observations de Me Weimann, substituant Me Chivot, représentant la société Oliane.

Considérant ce qui suit :

1. La société Oliane loue, pour exercer son activité d'hôtellerie-restauration, un immeuble situé rue du Thorin sur la commune de Montreuil-sur-Mer, lequel comporte un parking se trouvant en contrebas des remparts de cette commune. Se plaignant de la présence de morceaux de pierres et de briques provenant du mur de soutènement des remparts, la société Oliane a sollicité de la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois, par courrier recommandé du 3 février 2020, la réalisation de travaux. Par un courrier du 13 février 2020, cette dernière a répondu qu'il appartenait aux propriétaires du mur, endommagé par la chute d'un arbre, de veiller au bon état de celui-ci. Par une ordonnance du 25 août 2020, le juge des référés de ce tribunal a ordonné à la demande de la société Oliane et des propriétaires de l'immeuble donné en location une expertise. L'expert a déposé son rapport le 31 décembre 2021. Par un courrier recommandé du 19 janvier 2022, reçu le 21 janvier 2022, les propriétaires de l'immeuble en litige et la société Oliane, leur locataire, ont mis en demeure la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois de leur payer la somme de 26 829,03 euros et de leur rembourser les frais d'expertise. Par la requête enregistrée sous le numéro 2202831, la société Oliane demande au tribunal de condamner la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois à lui payer cette somme, outre les frais d'expertise. Par un courrier recommandé du 5 avril 2022, reçu le 8 avril 2022, les propriétaires de l'immeuble en litige et la société Oliane, leur locataire, ont mis en demeure la commune de Montreuil-sur-Mer de leur payer la somme de 26 829,03 euros et de leur rembourser les frais d'expertise. Par la requête enregistrée sous le numéro 2205557, la société Oliane demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de condamner in solidum la commune de Montreuil-sur-Mer et la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois à lui payer cette somme, outre les frais d'expertise.

2. Les requêtes susvisées n°2202831 et n°2205557, présentées par la société Oliane, concernent la situation d'une même société requérante et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions indemnitaires présentées à l'encontre de la commune de Montreuil-sur-Mer :

3. Aux termes du I de l'article L. 5214-16 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction applicable à la date du transfert de la compétence en cause : " La communauté de communes exerce de plein droit au lieu et place des communes membres, pour la conduite d'actions d'intérêt communautaire, des compétences relevant de chacun des deux groupes suivants : 1° Aménagement de l'espace ; / 2°) Actions de développement économique intéressant l'ensemble de la communauté. () ". Le III de l'article L. 5211-5 de ce code dispose : " Le transfert des compétences entraîne de plein droit l'application à l'ensemble des biens, équipements et services publics nécessaires à leur exercice, ainsi qu'à l'ensemble des droits et obligations qui leur sont attachés à la date du transfert, des dispositions des trois premiers alinéas de l'article L. 1321-1, des deux premiers alinéas de l'article L. 1321-2 et des articles L. 1321-3, L. 1321-4 et L. 1321-5. / () ". Aux termes de l'article L. 1321-1 du même code : " Le transfert d'une compétence entraîne de plein droit la mise à la disposition de la collectivité bénéficiaire des biens meubles et immeubles utilisés, à la date de ce transfert, pour l'exercice de cette compétence. / () ". L'article L. 1321-2 du code général des collectivités territoriales ajoute : " () La collectivité bénéficiaire de la mise à disposition assume l'ensemble des obligations du propriétaire. Elle possède tous pouvoirs de gestion. () Elle agit en justice au lieu et place du propriétaire. / La collectivité bénéficiaire peut procéder à tous travaux de reconstruction, de démolition, de surélévation ou d'addition de constructions propres à assurer le maintien de l'affectation des biens. / () ".

4. Il résulte de l'article 4 des statuts de la communauté de communes du Montreuillois, aux droits de laquelle vient la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois à compter du 1er janvier 2017, et il est constant, que les travaux d'investissement et d'entretien des remparts de Montreuil-sur-Mer ont été transférés à cette collectivité au titre du 2° du I de l'article L. 5214-16 du code général des collectivités territoriales précité. Il s'ensuit qu'en application de l'article L. 1321-2 précité de ce code, la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois est substituée dans l'ensemble des obligations de la commune de Montreuil-sur-Mer, de sorte que les conclusions de la société Oliane doivent être rejetées en tant qu'elles sont dirigées contre cette commune.

Sur les conclusions indemnitaires présentées à l'encontre de la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois :

5. Le maître de l'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage n'est pas inhérent à l'existence même de l'ouvrage public ou à son fonctionnement et présente, par suite, un caractère accidentel.

6. En l'espèce, la société Oliane a la qualité de tiers vis-à-vis du sentier de randonnée existant le long des remparts de la commune de Montreuil-sur-Mer, dont le mur de soutènement constitue l'accessoire indispensable. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 que l'entretien de ce mur, ainsi que du sentier de randonnée et des arbres qui sont plantés sur les remparts de cette commune, incombe à la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois. Il résulte de l'instruction que la dégradation du mur de soutènement au droit du parking loué par la société Oliane a pour origine la chute d'un arbre sur ce mur à l'occasion d'une tempête le 17 novembre 2015. Toutefois, en dépit de l'invitation faite par l'expert, il n'est pas démontré, ni même soutenu, que la tempête du 17 novembre 2015 présentait les caractéristiques d'un cas de force majeure tandis que la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois ne justifie pas de l'entretien normal de l'arbre à l'origine du dommage. Par ailleurs, alors que la désorganisation de la partie centrale du mur de soutènement est " évolutive et non stabilisée " selon les constatations de l'expert, la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois n'a pas effectué de réparation depuis l'événement du 17 novembre 2015, M. E F exposant aux termes d'une attestation du 28 mars 2023 avoir assisté à la chute d'une pierre provenant du mur en litige sur le parking de la société requérante le 22 février 2023. La collectivité ne justifie pas, en particulier, avoir procédé aux travaux de consolidation et de réfection préconisés par M. D H, architecte du patrimoine, au cours des opérations d'expertise.

7. La société Oliane sollicite l'indemnisation d'une perte de chiffre d'affaires évaluée à la somme de 26 829,03 euros par l'expert judiciaire pour la période du 17 novembre 2015 au 31 décembre 2021. Toutefois, par les pièces qu'elle produit et notamment en l'absence d'éléments sur son compte de résultat les années précédant le dommage, elle n'établit pas avoir effectivement subi une perte de marge commerciale nette en raison de l'impossibilité d'utiliser trois des neufs emplacements de stationnement qu'elle loue, étant précisé que la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois soutient sans être contestée que des places de stationnement gratuites sur la voie publique se trouvent à quelques minutes à pied de l'établissement exploité par la société requérante. En revanche, il résulte de l'instruction qu'elle subit un préjudice de jouissance du fait de cette impossibilité. Compte tenu de la persistance de cette impossibilité du 17 novembre 2015 jusqu'au présent jugement et de la nature de l'activité exercée par la société Oliane, pour laquelle la possibilité pour les clients de disposer de places de stationnement au pied de l'hôtel-restaurant constitue un avantage comparatif, il sera fait une juste appréciation du préjudice de jouissance de la société Oliane en lui allouant une somme de 15 000 euros.

8. Il résulte de ce qui précède que la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois doit être condamnée à verser à la société Oliane la somme de 15 000 euros en réparation du préjudice subi depuis le 17 novembre 2015.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

9. Lorsque le juge administratif condamne une personne publique responsable de dommages qui trouvent leur origine dans l'exécution de travaux publics ou dans l'existence ou le fonctionnement d'un ouvrage public, il peut, saisi de conclusions en ce sens, s'il constate qu'un dommage perdure à la date à laquelle il statue du fait de la faute que commet, en s'abstenant de prendre les mesures de nature à y mettre fin ou à en pallier les effets, la personne publique, enjoindre à celle-ci de prendre de telles mesures. Pour apprécier si la personne publique commet, par son abstention, une faute, il lui incombe, en prenant en compte l'ensemble des circonstances de fait à la date de sa décision, de vérifier d'abord si la persistance du dommage trouve son origine non dans la seule réalisation de travaux ou la seule existence d'un ouvrage, mais dans l'exécution défectueuse des travaux ou dans un défaut ou un fonctionnement anormal de l'ouvrage et, si tel est le cas, de s'assurer qu'aucun motif d'intérêt général, qui peut tenir au coût manifestement disproportionné des mesures à prendre par rapport au préjudice subi, ou aucun droit de tiers ne justifie l'abstention de la personne publique. En l'absence de toute abstention fautive de la personne publique, le juge ne peut faire droit à une demande d'injonction, mais il peut décider que l'administration aura le choix entre le versement d'une indemnité dont il fixe le montant et la réalisation de mesures dont il définit la nature et les délais d'exécution.

10. Il résulte de ce qui précède que les chutes de pierre sur le parking loué par la société requérante ont pour origine le défaut de réalisation par la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois de travaux au niveau du mur de soutènement du rempart de la commune de Montreuil-sur-Mer. Ces travaux ont été évalués, selon le rapport d'expertise qui fait état d'une situation évolutive et non stabilisée au niveau de la partie centrale du mur en litige, à la somme de 36 175,94 euros. La communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois n'établit pas avoir pris des mesures pour mettre fin au dommage subi par la société Oliane, alors qu'aucun motif d'intérêt général ou aucun droit de tiers ne justifient son abstention, qui est dès lors fautive. Il s'ensuit que la société requérante est fondée à ce qu'il soit enjoint à la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois, qui a en charge l'entretien des remparts de la commune de Montreuil-sur-Mer, de prendre les mesures permettant à la société Oliane de jouir de l'ensemble des emplacements de stationnement qu'elle loue en toute sécurité, dans un délai de neuf mois à compter de la notification de la présente décision.

Sur les frais liés au litige :

En ce qui concerne les dépens :

11. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens ". En vertu de ces dispositions, il appartient au juge saisi au fond du litige de statuer, au besoin d'office, sur la charge des frais de l'expertise ordonnée par la juridiction administrative.

12. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre les frais de l'expertise liquidés et taxés à la somme de 7 914,02 euros par une ordonnance du 5 janvier 2022 de la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Lille, à la charge définitive de la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois.

En ce qui concerne les frais exposés et non compris dans les dépens :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Oliane, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Ces dispositions font également obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Montreuil-sur-Mer, qui n'est pas davantage partie perdante, la somme que la société Oliane demande au titre des mêmes frais. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Oliane et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Oliane la somme demandée par la commune de Montreuil-sur-Mer au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois est condamnée à verser à la société Oliane la somme de 15 000 euros.

Article 2 : Il est enjoint à la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois de prendre, avant l'expiration d'un délai de neuf mois à compter de la notification du présent jugement, toute mesure utile pour mettre fin au dommage subi par la société Oliane, afin que l'ensemble des emplacements de stationnement qu'elle loue puissent être utilisés sans danger pour les personnes ou les biens.

Article 3 : Les frais de l'expertise liquidés et taxés à la somme de 7 914,02 euros sont mis à la charge définitive du la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois.

Article 4 : La communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois versera à la société Oliane la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée (SARL) Oliane, à la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois et à la commune de Montreuil-sur-Mer.

Copie en sera adressée à M. G C, expert.

Délibéré après l'audience du 22 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Riou, président,

M. Fougères, premier conseiller,

Mme Lançon, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juin 2024.

Le rapporteur,

signé

V. Fougères

Le président,

signé

J.-M. Riou La greffière,

signé

J. Vandewyngaerde

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

N°s 2202831 - 2205557

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions