vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2202857 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (2) |
| Avocat requérant | STIENNE-DUWEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 13 avril 2022 et le 2 janvier 2024, M. C A, représenté par Me Stienne-Duwez, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune d'Anor à lui verser la somme de 2 000 euros en réparation du préjudice moral qu'il a subi du fait de l'illégalité du titre exécutoire n°755 émis à son encontre le 29 décembre 2015, somme assortie des intérêts au taux légal à compter du 26 mars 2020, date de réception de son recours préalable en indemnisation, lesquels intérêts devant porter eux-mêmes intérêts au taux légal à chaque échéance annuelle et pour la première fois le 26 mars 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Anor la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 contre renonciation de la part de ce conseil au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- par un jugement en date du 16 mai 2019, le tribunal administratif de Lille a annulé le titre exécutoire n°755 du 29 décembre 2015 émis à son encontre par le maire de la commune d'Anor en tant qu'il mettait à sa charge une somme excédant de 445,44 euros la somme qu'il devait à la commune pour l'exécution d'office des travaux prescrits par l'arrêté de péril imminent du 30 septembre 2015 sur l'immeuble situé 9, rue du général de Gaulle à Anor dont il est propriétaire ;
- la responsabilité de la commune d'Anor est engagée à raison de l'illégalité de la saisie de ces sommes ;
- la saisie sur retraite qu'il a subi en raison de l'intervention du titre illégal est vexatoire ;
- il est fondé à demander l'indemnisation du préjudice moral qu'il a subi du fait de cette faute à hauteur de la somme de 2 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 octobre 2022, la commune d'Anor, représentée par Me Forgeois, conclut au rejet de la requête et à ce que M. C A lui verse la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés sont infondés.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. A par une décision du 3 mai 2021.
La clôture d'instruction a été fixée au 4 janvier 2024 à 12 h 00 par une ordonnance du 4 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné Mme Monteil pour statuer sur les litiges visés audit article.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monteil, magistrate désignée,
- les conclusions de M. Even, rapporteur public,
- et les observations de Me Zkirim, substituant Me Forgeois, représentant la commune d'Anor.
Considérant ce qui suit :
1. La commune d'Anor a émis un titre exécutoire n°755 émis le 29 décembre 2015 d'un montant de 1 547,75 euros afin de recouvrer les sommes engagées au titre des mesures de mise en sécurité décidées d'office de l'immeuble situé 9, rue du général de Gaulle à Anor (59) dont M. A est propriétaire. Par un jugement en date du 16 mai 2019 devenu définitif, le tribunal administratif de Lille a retenu que seule une somme de 1 102,31 euros pouvait être mise à la charge du requérant et a annulé le titre exécutoire litigieux en tant qu'il mettait à sa charge une somme de 445,44 euros. Le 20 mars 2020, M. A a saisi le maire de la commune d'Anor d'une demande indemnitaire, reçue le 26 mars 2020, que celui-ci a implicitement rejetée. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 2 000 euros au titre du préjudice moral subi du fait de cette illégalité.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité de la commune d'Anor :
2. Il résulte de l'instruction que, pour annuler le titre exécutoire n°755 émis le 29 décembre 2015 de la commune d'Anor en tant qu'il mettait à la charge du requérant la somme de 445,44 euros, le tribunal administratif de Lille a retenu que ce titre comportait deux erreurs de calcul, et que seule la somme de 1 102,31 euros pouvait être mise à la charge de M. A et non la somme de 1 547,75 euros. Eu égard à l'autorité de chose jugée s'attachant aux motifs constituant le support nécessaire du dispositif de ce jugement, M. A est fondé à soutenir que l'illégalité partielle de ce titre exécutoire constitue une faute de nature à engager la responsabilité de la commune.
En ce qui concerne la réparation :
3. M. A allègue dans ses écritures avoir subi un préjudice moral du fait de la saisie des sommes qui n'étaient pas dues sur sa retraite, procédure qu'il a ressentie comme vexatoire. Pour autant, et alors que seul le montant saisi était erroné, la saisine étant légale, le requérant ne fournit dans le cadre de cette instance aucun élément de nature à attester de la réalité d'un tel préjudice en lien direct et certain avec la décision de la commune.
4. Par suite, les conclusions de M. A à fin d'indemnisation sont rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune d'Anor, qui n'est pas partie perdante pour l'essentiel dans la présente instance.
6. Dans les circonstances de l'espèce, n'y a par ailleurs pas lieu, de mettre à la charge de M. A une quelconque somme au titre des frais exposés par la commune d'Anor et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune d'Anor formulées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la commune d'Anor.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
La magistrate désignée
Signé
A.-L. MONTEIL La greffière,
Signé
M. B
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026