mardi 10 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2203095 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | JAMAIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 avril 2022, la SARL Showparade Productions, représentée par Me Jamais, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Bruille Saint-Amand à lui verser la somme de 1 190 euros majorée des intérêts moratoires capitalisés, et ce à compter de la date du 17 février 2022 et jusqu'à parfait paiement de l'intégralité des sommes dues ;
2°) de condamner la commune de Bruille Saint-Amand à lui verser la somme de 40 euros au titre de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Bruille Saint-Amand la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la résiliation par courrier électronique en date du 13 décembre 2021 du contrat de cession des droits d'exploitation du spectacle du 18 décembre 2021 " Le funtastic kids show " conclu le 22 octobre 2021 avec la commune de Bruille Saint-Amand, est injustifiée et fautive ;
- cette résiliation ne pouvait être justifiée par la force majeure résultant du contexte sanitaire, dès lors que, en tout état de cause, le décret n°2021-699 du 1er juin 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire permettait l'organisation des spectacles en veillant au strict respect des mesures d'hygiène dites barrière ;
- elle est fondée, en application des termes du contrat, à demander l'intégralité du montant de la vente, soit 1 190 euros ;
La requête a été communiquée à la commune de Bruille Saint-Amand, qui n'a pas produit de mémoire en défense, malgré la mise en demeure qui lui a été adressée le 10 novembre 2022 sur le fondement de l'article R. 612-3 du code de justice administrative.
La clôture d'instruction a été fixée au 4 janvier 2024 à 12 h 00 par une ordonnance du 4 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le décret n°2021-699 du 1er juin 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monteil,
- les conclusions de M. Even, rapporteur public,
- et les observations de Me Douchain, substituant Me Jamais, représentant la SARL Showparade Productions.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Showparade Productions a conclu, le 22 octobre 2021, un contrat de cession des droits d'exploitation d'une représentation du spectacle " Le funtastic kids show " initialement prévue le 18 décembre 2021 avec la commune de Bruille Saint-Amand, pour un montant de 1 190 euros. Le maire de la commune de Bruille Saint-Amand a cependant informé la SARL Showparade Productions, par un courrier électronique en date du 13 décembre 2021, qu'il prenait la décision d'annuler la représentation en raison du contexte sanitaire. Par la présente requête, la société requérante demande au tribunal de condamner la commune de Bruille Saint-Amand à lui verser la somme de 1 190 euros au titre du règlement du contrat de cession, assortie des intérêts moratoires capitalisés à compter de la date du 17 février 2022, ainsi que la somme de 40 euros au titre de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement.
Sur les conclusions pécuniaires :
En ce qui concerne la responsabilité contractuelle de la commune de Bruille Saint-Amand :
2. D'une part, aux termes du paragraphe D des conditions générales du contrat de cession des droits d'exploitation d'une représentation du spectacle " Le Funtastic kids show " du 22 octobre 2021 : " Résiliation ou suspension du contrat : / Le présent contrat se trouverait suspendu ou annulé de plein droit et sans indemnité d'aucune sorte dans tous les cas reconnus de force majeure. L'inexécution de ses obligations par l'une ou l'autre des parties, hors cas reconnus de force majeure, ayant pour conséquence l'annulation d'une ou plusieurs représentations entraînerait pour la partie défaillante l'obligation de verser, sans délais, à l'autre partie à titre de dédommagement : / en cas de rupture par l'organisateur, celui-ci s'engage à verser au producteur l'intégralité du montant de la vente prévu à l'article 2. / () l'annulation relative aux conséquences de pandémie sera notifiée expressément par le préfet dont dépend la localité. En fonction des conditions sanitaires liées au Covid, le report de la représentation sera envisagé. "
3. D'autre part, aux termes de l'article 1er du décret n°2021-699 du 1er juin 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire : " I. - Afin de ralentir la propagation du virus, les mesures d'hygiène définies en annexe 1 au présent décret et de distanciation sociale, incluant la distanciation physique d'au moins un mètre entre deux personnes, dites barrières, définies au niveau national, doivent être observées en tout lieu et en toute circonstance. / II Les rassemblements, réunions, activités, accueils et déplacements ainsi que l'usage des moyens de transports qui ne sont pas interdits en vertu du présent décret sont organisés en veillant au strict respect de ces mesures. " et au titre de l'article 3 du même décret : " I. - Tout rassemblement, réunion ou activité sur la voie publique ou dans un lieu ouvert au public est organisé dans des conditions de nature à permettre le respect des dispositions de l'article 1er. "
4. Il résulte de l'instruction qu'à la date de la décision de la commune de Bruille Saint-Amand, les dispositions précitées des articles 1 et 3 du décret n°2021-699 du 1er juin 2021 permettaient les rassemblements et les spectacles et que, par ailleurs, aucune directive spécifique à la situation locale de la pandémie de Covid n'avait été édictée par le préfet du Nord qui aurait pu justifier une annulation ou un report de la représentation du spectacle " Le funtastic kids show " qui était prévue le 18 décembre 2021. L'annulation de cette représentation a ainsi été décidée par la commune de Bruille Saint-Amand sans que puisse être invoqué un motif de force majeure. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que la commune Bruille Saint-Amand a procédé à une résiliation du contrat sans motif valable.
En ce qui concerne la demande pécuniaire :
5. Il résulte de ce qui précède que la SARL Showparade Productions est fondée, en application des stipulations du paragraphe D des conditions générales du contrat de cession des droits d'exploitation d'une représentation du spectacle rappelées au point 2, et alors que la commune défenderesse n'apporte aucune contestation notamment sur la somme réclamée, à demander le versement de l'intégralité du montant de la vente, soit 1 190 euros.
En ce qui concerne les intérêts et la capitalisation des intérêts :
6. D'une part, aux termes de l'article 3 - modalités de paiement du contrat de cession de droit d'exploitation de spectacle conclu entre la société requérante et la commune de Bruille Saint-Amand : " Modalités de paiement / par mandat administratif à l'ordre de showparade productions, au plus tard trente jours à partir de la date de la manifestation. () ".
7. D'autre part, aux termes de l'article L. 2192-13 du code de la commande publique : " Dès le lendemain de l'expiration du délai de paiement ou de l'échéance prévue par le marché, le retard de paiement fait courir, de plein droit et sans autre formalité, des intérêts moratoires dont le taux est fixé par voie réglementaire. / Il ouvre droit, dans les conditions prévues à la présente sous-section, à des intérêts moratoires, à une indemnité forfaitaire et, le cas échéant, à une indemnisation complémentaire versés au créancier par le pouvoir adjudicateur. / Le retard de paiement donne lieu, de plein droit et sans autre formalité, au versement d'une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, dont le montant est fixé par voie réglementaire. / () ". Aux termes de l'article R. 2192-31 du même code : " Le taux des intérêts moratoires mentionnés à l'article L. 2192-13 est égal au taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage. ".
8. En application de ces dispositions, les intérêts moratoires courent à compter, non pas de la réception de son courrier de mise en demeure de payer, mais du lendemain de l'expiration du délai de paiement de chacune des factures. La société requérante est dès lors fondée à demander la condamnation de la commune de Bruille Saint-Amand à lui verser les intérêts moratoires au taux prévu à l'article R. 2192-31 du code de la commande publique, sur le montant de 1 190 euros, courant à compter de la date demandée par la requérante, le 17 février 2022, postérieure à la date du 18 janvier 2022 prévue par le contrat, et jusqu'à son paiement effectif. Les intérêts dus seront capitalisés pour produire eux-mêmes intérêts au 17 février 2023 puis à chaque échéance annuelle.
En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement :
9. Aux termes de l'article L. 2192-13 du code de la commande publique, applicable à compter du 1er avril 2019 : " () Le retard de paiement donne lieu, de plein droit et sans autre formalité, au versement d'une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, dont le montant est fixé par voie réglementaire. () ". Aux termes de l'article D. 2192-35 du code de la commande publique : " Le montant de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement est fixé à 40 euros. ".
10. L'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement prévue par les dispositions précitées s'applique à chacune des factures faisant l'objet d'un retard de paiement. Il résulte de l'instruction que la facture n°00002885 du 18 décembre 2021, déposée sur le portail " Choruspro " le 23 décembre 2021, mettant à la charge de la commune de Bruille Saint-Amand la somme de 1 190 euros n'a pas été payée. Par suite, la SARL Showparade Productions a droit à ce que la commune de Bruille Saint-Amand soit condamnée à lui verser la somme de 40 euros au titre de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement
Sur les frais liés au litige :
11. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Bruille Saint-Amand, une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société SARL Show Parades Productions et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La commune de Bruille Saint-Amand versera à la SARL Showparade Productions la somme de 1 190 euros, augmentée des intérêts moratoires à compter du 17 février 2022 et jusqu'à son paiement effectif. Les intérêts échus à la date du 17 février 2023, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : La commune de Bruille Saint-Amand est condamnée à verser à la SARL Showparade Productions la somme de 40 euros au titre de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement.
Article 3 : La commune de Bruille Saint-Amand versera à la SARL Showparade Productions une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Showparade Productions et à la commune de Bruille Saint-Amand.
Délibéré après l'audience du 2 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
M. Fabre, président,
Mme Monteil, première conseillère,
M. Lemée, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 septembre 2024.
La rapporteure,
Signé
A.-L. MONTEIL
Le président,
Signé
X. FABRE
La greffière,
Signé
M. A
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026