mardi 29 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2203204 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SEBBANE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 avril 2022, Mme E D, représentée par Me Sebbane, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 janvier 2022 par lequel le préfet du Nord a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a interdite de retour sur le territoire français pendant un an ;
2°) d'enjoindre à ce préfet de lui délivrer un titre de séjour en qualité d'étudiante dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 contre renonciation de la part de ce conseil au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour :
- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été prise par une autorité habilitée ;
- la décision contestée a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été prise par une autorité habilitée ;
- la décision contestée doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 août 2022, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés sont infondés.
La clôture d'instruction a été fixée au 30 septembre 2022 à 12h00 par ordonnance du 1er septembre 2022.
Mme D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir entendu le rapport de Mme B au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E D, ressortissante congolaise née le 7 juillet 1997 à Brazzaville (République du Congo), est entrée régulièrement en France munie d'un visa long séjour en qualité d'étudiante valable du 29 août 2018 au 29 août 2019. Elle a ensuite bénéficié d'un titre de séjour pluriannuel en cette même qualité valable du 30 août 2019 au 29 août 2021. Le 25 juin 2021, elle a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 14 janvier 2022, le préfet du Nord lui en a refusé la délivrance, l'a obligée à quitter le territoire français sous trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant un an. Par la présente requête, Mme D demande au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " I. - Conformément aux dispositions de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application () des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 du même code, fait courir un délai de trente jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément. / ()". Aux termes de l'article 43 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : " (), lorsqu'une action en justice ou un recours doit être intenté avant l'expiration d'un délai devant les juridictions de première instance ou d'appel, l'action ou le recours est réputé avoir été intenté dans le délai si la demande d'aide juridictionnelle s'y rapportant est adressée ou déposée au bureau d'aide juridictionnelle avant l'expiration dudit délai et si la demande en justice ou le recours est introduit dans un nouveau délai de même durée à compter : / () / 3° De la date à laquelle le demandeur de l'aide juridictionnelle ne peut plus contester la décision d'admission ou de rejet de sa demande en application du premier alinéa de l'article 69 et de l'article 70 ou, en cas de recours de ce demandeur, de la date à laquelle la décision relative à ce recours lui a été notifiée ;/4° Ou, en cas d'admission, de la date, si elle est plus tardive, à laquelle un auxiliaire de justice a été désigné. / ()".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme D a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 4 février 2022, soit moins de trente jours suivant l'édiction de la décision contestée et donc a fortiori sa notification. Cette demande a été de nature à interrompre le délai de recours contentieux. Par ailleurs, les pièces du dossier ne permettant pas d'établir la date à laquelle a été notifiée la décision du bureau d'aide juridictionnelle du 28 février 2022 accordant l'entier bénéfice de cette aide à Mme D, la requête ne saurait être regardée comme tardive. La fin de non-recevoir opposée par le préfet du Nord ne peut, dès lors, qu'être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement d'un titre de séjour :
4. En premier lieu, par un arrêté du 30 septembre 2021, publié au recueil des actes administratifs de l'Etat dans le département du même jour, le préfet du Nord a donné délégation à Mme C A de la Perrière, cheffe du bureau du contentieux et du droit des étrangers, signataire de l'arrêté en litige, à l'effet de signer, notamment les décisions telles que celle contestée. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté litigieux manque en fait et doit, dès lors, être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / () ". Il résulte de ces stipulations que le renouvellement de la carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " est notamment subordonné à la justification par son titulaire de la réalité et du sérieux des études qu'il a déclaré accomplir et que, dès lors, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour en qualité d'étudiant, de rechercher, à partir de l'ensemble des pièces du dossier, si l'intéressé peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement des études.
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme D est entrée régulièrement en France le 6 septembre 2018 et a obtenu le 6 septembre 2019 une licence de sciences humaines et sociales mention " géographie et aménagement " délivrée par l'Université Paris 13 - Sorbonne. Elle s'est ensuite inscrite, au titre de l'année universitaire 2019/2020, à l'université de Lille en Master 1 " Urbanisme et aménagement ". Elle a obtenu au premier semestre une note globale de 5.512/20 et au second semestre une note globale de 6.264/20, justifiant son ajournement au titre de cette année. Autorisée à redoubler, elle s'est réinscrite au titre de l'année 2020/2021 dans cette formation et a été de nouveau ajournée aux deux semestres, malgré une progression de ses résultats. Si l'intéressée indique avoir rencontré des difficultés liées à la crise de la COVID-19, notamment des problèmes financiers, informatiques et psychologiques, ces circonstances, à les supposer établies, ne peuvent à elles seules expliquer, compte tenu de la durée des différents confinements et alors qu'elle s'est vue prêter un ordinateur pour l'année 2020/2021, ses échecs successifs. Par ailleurs, contrairement à ce qu'elle soutient, son ajournement au titre de l'année 2020/2021 s'explique par l'obtention de notes insuffisantes dans plusieurs unités, et non uniquement dans une unité supposant un travail collectif. Enfin, si elle justifie de son refus d'inscription pour une troisième année consécutive dans la même formation ainsi que de son inscription par défaut au titre de l'année 2021/2022 en 1ère année de Master " science de l'éducation ", formation qu'elle n'établit au demeurant pas suivre avec assiduité, l'ensemble de ces éléments ne permettent ni de caractériser un suivi réel et sérieux par Mme D de ses études ni de justifier de la cohérence de son parcours universitaire. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
8. Il ressort des pièces du dossier que Mme D est présente sur le territoire français depuis plus de trois ans et demi environ, période pendant laquelle elle a poursuivi ses études universitaires et a travaillé à titre accessoire en qualité de vendeuse. Pour autant, Mme D est célibataire et sans enfant en France et ne justifie de l'existence d'aucune attache personnelle sur le territoire national. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier qu'elle serait isolée en République du Congo, où réside à tout le moins son père et où elle a vécu jusqu'à ses 21 ans. Enfin, elle ne soutient ni même n'allègue qu'elle ne pourrait poursuivre ses études ou se réinsérer professionnellement dans ce pays. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir qu'en prenant la décision litigieuse le préfet du Nord a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit dès lors être écarté.
9. En quatrième et dernier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, de la circonstance que l'intéressée a échoué par deux fois en 1ère année de Master mention " urbanisme et aménagement ", qu'elle n'apporte aucune précision sur la poursuite effective de ses nouvelles études en sciences de l'éducation ou sur ses éventuelles perspectives d'orientation et de carrière depuis le début de l'année scolaire 2021 et ne fait, par ailleurs, pas état d'une intégration sociale particulière, le moyen tiré de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet du Nord dans l'exercice de son pouvoir de régularisation au regard des conséquences de la décision contestée sur sa situation personnelle doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce que précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision lui refusant le renouvellement de son titre de séjour qu'elle conteste.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
11. En premier lieu, par le même arrêté du 30 septembre 2021 que celui mentionné au point 4, le préfet du Nord a également donné délégation à Mme C A de la Perrière, signataire de l'arrêté en litige, à l'effet de signer notamment les décisions telles que celle contestée. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté litigieux manque en fait et doit être écarté.
12. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision de refus de séjour doit être écarté.
13. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 8, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
14. En quatrième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 9, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision contestée sur la situation personnelle de Mme D doit être écarté.
15. Il résulte de tout ce que précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français qu'elle conteste.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
16. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision de refus de séjour doit, en tout état de cause, être écarté.
17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de destination doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
18. En vertu de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français./Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Et, aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
19. Il ressort des pièces du dossier que Mme D séjournait régulièrement en France depuis plus de trois ans à la date de la décision litigieuse, qu'elle n'a fait l'objet d'aucune mesure d'éloignement et ne constitue pas une menace à l'ordre public. Ainsi, même si elle n'établit pas avoir noué en France des liens privés d'une particulière intensité, les circonstances de l'espèce ne sont pas de nature à justifier qu'une interdiction de retour sur le territoire soit prise à son encontre. Le préfet du Nord a, par suite, commis une erreur d'appréciation.
20. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D est seulement fondée à demander l'annulation de la décision du 14 janvier 2022 lui interdisant le retour sur le territoire français.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
21. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions de la requête aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
22. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par Mme D au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du préfet du Nord du 14 janvier 2022 interdisant à Mme D le retour sur le territoire français pendant un an est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête présentée par Mme D est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E D et au préfet du Nord.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Fabre, président,
M. Groutsch, premier conseiller,
Mme Piou, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2022.
La rapporteure,
Signé
C. B
Le président,
Signé
X. FABRE
La greffière,
Signé
M. NICODEME
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026