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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2203705

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2203705

jeudi 29 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2203705
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantCLEMENT D'ARMONT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces, enregistrées les 17 mai et 16 juin 2022, M. E D, représenté par Me Clément, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 novembre 2021 par lequel le préfet du Nord lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant un an ;

2°) d'enjoindre à ce préfet d'enregistrer sa demande de titre de séjour en qualité d'" étudiant " ou " vie privée et familiale " et de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, contre renonciation de la part de ce conseil au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- la requête n'est pas tardive ;

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

- il n'est pas établi qu'elle ait été prise par une autorité habilitée ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation personnelle ;

- elle méconnait les dispositions des articles L. 422-1 et L. 411-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, en méconnaissance de son droit à être entendu, garanti par l'article 41 du la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et en tant que principe général du droit communautaire ;

- elle est illégale au motif de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision d'octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- le préfet du Nord n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale au motif de l'illégalité des décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale au motif de l'illégalité des décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour, obligation de quitter le territoire français sous trente jours et fixation du pays de destination ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 septembre 2022, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est tardive ;

- les moyens soulevés par le requérant sont infondés.

La clôture d'instruction a été fixée au 10 octobre 2022 à 23 h 59 par ordonnance du 9 septembre 2022.

M. D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 janvier 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- et les conclusions de M. Even, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. E D, ressortissant congolais né le 2 juin 1966 à Brazzaville (République du Congo), est régulièrement entré en France muni d'un visa long séjour valable du 21 août 2015 au 21 août 2016 en qualité d'étudiant. Il a ensuite bénéficié d'un titre de séjour pluriannuel valable du 15 octobre 2016 au 14 octobre 2018, régulièrement renouvelé jusqu'au 13 octobre 2021. Le 7 septembre 2021, il a sollicité du préfet du Nord le renouvellement de ce titre de séjour. Par un arrêté du 16 novembre 2021, ce préfet lui en a refusé la délivrance, l'a obligé à quitter le territoire français sous trente jours, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pendant un an. Par la présente requête, M. D demande au tribunal d'annuler ces décisions.

Sur la recevabilité de la requête :

2. Le 14 décembre 2021, M. D a déposé un demande d'aide juridictionnelle auprès du bureau d'aide juridictionnelle, soit avant l'expiration du délai de trente jours fixé par les dispositions précitées de l'article R. 776-2 du code de justice administrative. Cette demande a été de nature à interrompre le délai de recours contentieux. Par ailleurs, les pièces du dossier ne permettant pas d'établir la date à laquelle a été notifiée la décision du bureau d'aide juridictionnelle du 24 janvier 2022 accordant le bénéfice de cette aide juridictionnelle totale à M. D, notification faite par courrier simple, sa requête ne saurait être regardée comme tardive. La fin de non-recevoir opposée par le préfet du Nord ne peut, dès lors, qu'être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

3. En premier lieu, par un arrêté du 30 septembre 2021, régulièrement publié le même jour au recueil spécial des actes administratifs n° 225 de l'Etat dans le département, le préfet du Nord a donné délégation à Mme C A de la Perrière, cheffe du bureau du contentieux et du droit des étrangers, à l'effet de signer notamment les décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté en litige aurait été signé par une autorité incompétente, qui manque en fait, doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L.422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 411-4 du même code : " La carte de séjour pluriannuelle a une durée de validité de quatre ans, sauf lorsqu'elle est délivrée :/ () / 8° Aux étrangers mentionnés aux articles L. 422-1, L. 422-2 et L. 422-5 ; dans ce cas, sa durée est égale à celle restant à courir du cycle d'études dans lequel est inscrit l'étudiant, sous réserve du caractère réel et sérieux des études, apprécié au regard des éléments produits par les établissements de formation et par l'intéressé, un redoublement par cycle d'études ne remettant pas en cause, par lui-même, le caractère sérieux des études ;/ () ".

5. Le renouvellement de la carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " est subordonné, notamment, à la justification par le bénéficiaire de la réalité et du sérieux des études qu'il a déclaré accomplir. Dès lors, pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour présentée en qualité d'étudiant, de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier, si l'intéressé peut être raisonnablement considéré comme poursuivant effectivement des études.

6. Il ressort des pièces du dossier que M. D s'est inscrit en première année de Master " STAPS " à l'université de Lille 2 au titre de l'année universitaire 2015/2016 à l'issue de laquelle il a été ajourné. Il s'est alors réinscrit dans cette même formation au titre de l'année universitaire 2016/2017 et une troisième fois au titre de l'année 2017/2018 à l'issue de laquelle il a validé l'ensemble de ses semestres. Il a également obtenu, au cours de cette même année, un diplôme universitaire relatif à la préparation physique des sports d'équipe. Il s'est ensuite inscrit au titre de l'année 2018/2019, au sein de cette même université, en 2ème année de Master " STAPS ", à l'issue de laquelle il a été ajourné une première fois puis une seconde fois à l'issue de l'année universitaire 2020/2021, avant de s'inscrire pour une troisième année dans cette même formation au titre de l'année 2021/2022. Par ailleurs, si la doyenne de la faculté atteste de l'investissement de M. D dans ses études, il ressort notamment de son relevé de notes de sa dernière année universitaire qu'il ne s'est pas présenté à plusieurs épreuves et n'a pu être évalué sur l'ensemble de ses enseignements. Dans ces conditions, le requérant, qui n'a ainsi validé qu'une année d'étude supérieure en sept ans sans pour autant invoquer de circonstances particulières susceptibles d'expliquer cette très faible progression, ne peut être regardé comme justifiant du caractère réel et sérieux de ses études. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

7. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté contesté ni des pièces du dossier que le préfet du Nord n'aurait pas procédé à un examen particulier de la demande présentée par M. D. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit ainsi invoqué doit être écarté.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. /2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

9. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D dispose d'attaches privées et familiales en France, à l'exception de son cousin avec qui il ne soutient ni même n'allègue avoir des liens d'une particulière intensité. S'il établit être entré en France au cours de l'année 2015, y avoir travaillé dans le cadre de contrats temporaires conclus avec l'université de Lille avant de créer sa microentreprise, dont il n'établit au demeurant pas tirer des revenus, et être un membre actif d'une association sportive, ces seuls éléments ne permettent pas d'établir que le centre de ses intérêts se situerait dorénavant en France. Par ailleurs, il ne soutient ni même n'allègue qu'il ne pourrait pas se réinsérer dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à ses 49 ans, où résident notamment ses cinq enfants majeurs et où il ne conteste pas pouvoir réintégrer son emploi de professeur certifié d'éducation physique et sportive. Dans ces conditions, M. D n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Nord a, en prenant la décision litigieuse, porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

10. En cinquième et dernier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point précédent et de l'absence de progression de l'intéressé dans ses études depuis l'obtention de sa première année de Master 1 " STAPS " en 2018, le moyen tiré de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet du Nord dans l'exercice de son pouvoir de régularisation ne peut qu'être écarté.

11. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour qu'il conteste.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

12. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour ne peut qu'être écarté.

13. En deuxième lieu, lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement, sans que le préfet ne soit tenu de le lui rappeler. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est en outre loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Ainsi, le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre celui-ci à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour. Enfin, il n'est ni soutenu ni allégué que M. D aurait été empêché de produire des pièces ou précisions au cours de l'examen de sa demande de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'existence d'un vice de procédure doit être écarté.

14. En troisième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus respectivement aux points 9 et 10, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'existence d'une erreur manifeste commise dans l'appréciation de sa situation doivent également être écartés.

15. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français qu'il conteste.

En ce qui concerne la décision octroyant un délai de départ volontaire de trente jours :

16. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision./L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas./Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ".

17. Il ressort des termes de ces dispositions que le législateur a entendu laisser, de façon générale, un délai de trente jours pour le départ volontaire de l'étranger qui fait l'objet d'un refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français. D'une part, il en résulte que la décision accordant à M. D un délai de départ volontaire de trente jours n'a pas à faire l'objet d'une motivation spécifique. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé se serait prévalu, avant l'intervention de l'arrêté contesté, de circonstances particulières justifiant, qu'à titre exceptionnel, un délai plus long lui fût accordé. Il n'évoque au demeurant pas davantage dans la présente instance les circonstances qui auraient justifié un tel allongement du délai. Dans ces conditions, le préfet du Nord n'a entaché sa décision ni d'une insuffisance de motivation ni d'une erreur manifeste d'appréciation.

18. En second lieu, il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le préfet du Nord n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation avant l'édiction de cette décision. Le moyen tiré de cette erreur de droit doit, dès lors, être écarté.

19. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord a fixé le délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

20. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité des décisions portant refus de renouvellement de son titre de séjour et obligation de quitter le territoire français doit être écarté et les conclusions tendant à l'annulation de la décision contestée portant fixation du pays de destination doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

21. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français./Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".

22. S'il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit au point 9, que M. D ne se prévaut d'aucune attache d'une intensité particulière en France, il n'en demeure pas moins qu'il est entré sur le territoire près de sept ans avant la date de la décision, y réside depuis lors régulièrement sans avoir fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et qu'il n'a aucun antécédent judiciaire. Dès lors, M. D est fondé à soutenir qu'en prenant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français, le préfet du Nord a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

23. Il résulte de tout ce qui précède que M. D est seulement fondé à demander au tribunal l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français qu'il conteste.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

24. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions de la requête aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

25. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par le requérant au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 16 novembre 2021 par laquelle le préfet du Nord a interdit à M. D le retour sur le territoire français pendant un an est annulée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E D et au préfet du Nord.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 29 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Fabre, président,

Mme Monteil, première conseillère,

Mme Piou, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2022.

La rapporteure,

Signé

C. B

Le président,

Signé

X. FABRE

La greffière,

Signé

M. NICODEME

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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