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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2203707

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2203707

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2203707
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantCABINET CASSEL (SELAFA)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 mai 2022 et 12 octobre 2023, M. A B, représenté par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le président de la communauté de communes du Haut-Pays du Montreuillois a rejeté sa demande indemnitaire préalable ;

2°) de condamner la communauté de communes du Haut-Pays du Montreuillois à lui verser la somme de 20 000 euros avec intérêts à compter du dépôt de sa requête ;

3°) de mettre à la charge de la communauté de communes du Haut-Pays du Montreuillois la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'illégalité de l'arrêté de retrait de sa délégation constitue une faute de nature à engager la responsabilité de la communauté de communes du Haut-Pays du Montreuillois ;

- il a subi un préjudice consistant en une atteinte à son image publique et à sa réputation d'un montant de 10 000 euros ;

- il a subi un préjudice financier d'un montant de 5 000 euros.

- il a subi un préjudice moral d'un montant de 5 000 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 juillet 2023 et 18 juillet 2023, non communiqué, la communauté de communes du Haut-Pays du Montreuillois, représentée par Me Tachon, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 200 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que M. B ne justifie d'aucun préjudice indemnisable.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lemée,

- et les conclusions de M. Even, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 24 septembre 2020, le président de la communauté de communes du Haut-Pays du Montreuillois a mis fin à compter du 25 septembre 2020 aux délégations de fonctions qu'il avait accordées, en vertu des dispositions de l'article L. 5211-9 du code général des collectivités territoriales, à M. A B, 7ème vice-président portant sur le sport, la mobilité, les plannings des salles, la jeunesse et les opérations programmées d'amélioration de l'habitat et, par ailleurs, maire de Fressin. Par un jugement n° 2007321 du 28 septembre 2021, le tribunal administratif de Lille a annulé cet arrêté. Par un arrêt n° 21DA02724 du 13 octobre 2022, la cour administrative de Douai a rejeté l'appel formé par la communauté de communes du Haut-Pays du Montreuillois contre ce jugement. Par un courrier du 18 janvier 2022, réceptionné le lendemain, M. B a demandé l'indemnisation de ses préjudices subis en raison de l'illégalité de l'arrêté du 24 septembre 2020 du président de la communauté de communes du Haut-Pays du Montreuillois. Cette demande a été implicitement rejetée. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision implicite et la condamnation de la communauté de communes du Haut-Pays du Montreuillois à lui verser la somme de 20 000 euros en réparation de ses préjudices.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité de la commune d'Aniche :

2. Par un jugement n° 20007321 du 28 septembre 2021, le tribunal administratif de Lille a annulé l'arrêté du 24 septembre 2020 par lequel le président de la communauté de communes du Haut-Pays du Montreuillois a abrogé la délégation de fonctions de M. B dans les domaines du sport, de la mobilité, des plannings des salles, de la jeunesse et des opérations programmées d'amélioration de l'habitat, dont il bénéficie en qualité de 7ème vice-président, en considérant que les motifs du retrait de cette délégation apparaissaient étrangers à la bonne marche de l'administration intercommunale. Par un arrêt n° 21DA02724 du 13 octobre 2022, la cour administrative de Douai a rejeté l'appel formé par la communauté de communes du Haut-Pays du Montreuillois contre ce jugement. Eu égard à l'autorité de chose jugée s'attachant au motif constituant le support nécessaire du dispositif de ce jugement et de cet arrêt devenus définitifs, M. B est fondé à soutenir que l'illégalité de l'arrêté du 24 septembre 2020 constitue une faute de nature à engager la responsabilité de la communauté de communes du Haut-Pays du Montreuillois.

En ce qui concerne les préjudices :

3. En premier lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice consistant en une atteinte à l'image publique de M. B et à sa réputation et du préjudice moral subi par l'intéressé en lui allouant la somme de 500 euros.

4. En second lieu, M. B soutient avoir subi un préjudice financier en raison de l'arrêté du 24 septembre 2020, dès lors qu'il a dû se consacrer uniquement à ses fonctions de vice-président du conseil communautaire et renoncer à sa profession de correspondant de presse local. Toutefois, d'une part, cet arrêté n'a eu ni pour objet, ni pour effet, de faire obstacle à ce que l'intéressé exerce la profession de correspondant de presse local. D'autre part, la circonstance que l'intéressé se soit consacré à ses fonctions de vice-président du conseil communautaire n'est pas, par elle-même, de nature à justifier de l'existence d'un préjudice financier résultant de l'illégalité en cause. Dès lors, il n'est pas fondé à demander l'indemnisation du préjudice financier qu'il dit avoir subi.

5. Il résulte de ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander la condamnation de la communauté de communes du Haut-Pays du Montreuillois à lui verser la somme de 500 euros.

En ce qui concerne les intérêts :

6. M. B a droit, comme il le demande, aux intérêts au taux légal sur la somme de 500 euros à compter de la date d'enregistrement de sa requête, soit le 17 mai 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

7. Par voie de conséquence, M. B est fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le président de la communauté de communes du Haut-Pays du Montreuillois a implicitement rejeté sa demande indemnitaire préalable.

Sur les frais liés au litige :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la communauté de communes du Haut-Pays du Montreuillois au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

9. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la communauté de communes du Haut-Pays du Montreuillois une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La décision par laquelle le président de la communauté de communes du Haut-Pays du Montreuillois a implicitement rejeté la demande indemnitaire préalable de M. B est annulée.

Article 2 : La communauté de communes du Haut-Pays du Montreuillois est condamnée à verser à M. B une somme de 500 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 17 mai 2022.

Article 3 : La communauté de communes du Haut-Pays du Montreuillois versera à M. B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la communauté de communes du Haut-Pays du Montreuillois.

Délibéré après l'audience du 12 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Fabre, président,

Mme Monteil, première conseillère,

M. Lemée, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024.

Le rapporteur,

Signé

M. LEMÉE

Le président,

Signé

X. FABRE

Le greffier,

Signé

A. DEWIÈRE

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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