jeudi 28 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2203880 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | DUBRULLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 mai 2022, Mme A B, représentée par
Me Freger, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler le titre de recettes émis à son encontre le 31 décembre 2021 par le trésorier de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Dronsart en vue du recouvrement de la somme de 16 419,49 euros et de la décharger de la somme mentionnée dans ce titre ;
2°) à titre subsidiaire, de condamner l'EHPAD Dronsart à lui verser, sous la forme d'une compensation avec la créance en litige la même somme, soit 16 419,49 euros en raison du préjudice psychologique qu'elle a subi du fait de la faute commise par l'EHPAD Dronsart ;
3°) de mettre à la charge de l'EHPAD Dronsart la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre de recettes ne mentionne pas les bases de liquidation de la créance ;
- la créance est infondée en raison de l'illégalité de la décision du 28 janvier 2022 qui a procédé au retrait de la décision du 22 janvier 2021 en méconnaissance des dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'EHPAD Dronsart a commis une faute dans la gestion de son dossier de carrière qui entraîne un préjudice psychologique.
La requête a été communiquée à l'EHPAD Dronsart, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Célino, première conseillère,
- les conclusions de Mme Courtois, rapporteure publique,
- et les observations de Me Blanco, substituant Me Dubrulle, représentant l'EHPAD Dronsart.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, aide-soignante au sein de l'EHPAD Dronsart situé à Bouchain (59), demande au tribunal d'annuler le titre de recettes émis à son encontre le 31 décembre 2021 par le directeur de cet établissement en vue du recouvrement de la somme de 16 419,49 euros, dont elle demande également la décharge. Par ailleurs, elle demande la condamnation de cet établissement à lui payer la somme de 16 419,49 euros en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi résultant du recouvrement d'un trop-perçu sur son traitement.
Sur l'office du juge :
2. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre.
3. Il en résulte que, lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un titre exécutoire, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance de l'administration, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge.
4. Dans le cas où il ne juge fondé aucun des moyens qui seraient de nature à justifier le prononcé de la décharge mais retient un moyen mettant en cause la régularité formelle du titre exécutoire, le juge n'est tenu de se prononcer explicitement que sur le moyen qu'il retient pour annuler le titre : statuant ainsi, son jugement écarte nécessairement les moyens qui assortissaient la demande de décharge de la somme litigieuse.
Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge :
5. Aux termes de l'article R. 6145-1 du code de la santé publique : " Les établissements publics de santé sont soumis au régime budgétaire, financier et comptable défini par les dispositions du titre Ier du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique () ". Selon l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " () / Toute créance liquidée faisant l'objet () d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. / () ". Il résulte de ces dispositions que tout état exécutoire doit indiquer les bases de liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.
6. Il résulte de l'instruction que, par décision du 22 janvier 2021, Mme B avait été placée en congé de longue durée à plein traitement du 15 novembre 2020 au 14 novembre 2021. Par le titre en litige, émis le 31 décembre 2021, le directeur de l'EHPAD doit être regardé comme ayant retiré, pour la période postérieure au 14 janvier 2021, la décision du 22 janvier 2021 en tant qu'elle maintenait Mme B à plein traitement. Par décision du 28 janvier 2022, se présentant comme " annulant et remplaçant " la décision du 22 janvier 2021, devant être regardée comme réitérant la décision du 31 décembre 2021, elle a été placée à demi-traitement à compter du
15 janvier 2021 jusqu'au 14 septembre 2022. Le titre exécutoire en litige dans la présente instance, qui ne fait aucune référence à un document joint ou précédemment adressé à la requérante, mentionne certes le principe des bases de liquidation de la créance, en énonçant que l'agente aurait dû bénéficier seulement d'un demi-traitement au lieu d'un plein traitement mais ne mentionne nullement la période concernée, de sorte qu'il ne donne pas ces bases de liquidation. Par suite, le moyen tiré de la violation des dispositions précitées de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 doit être accueilli.
7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen de la requête relatif à la contestation du titre exécutoire, que Mme B est seulement fondée à demander l'annulation du titre de recettes émis le 31 décembre 2021 par le receveur de l'EHPAD Dronsart en vue du recouvrement de la somme de 16 419,49 euros.
Sur les conclusions indemnitaires :
8. Si Mme B soutient que l'erreur commise par l'EHPAD Dronsart dans la gestion de son dossier de carrière est constitutive d'une faute qui lui aurait causé un préjudice psychologique, elle n'établit pas la réalité de ce préjudice.
9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la demande, que les conclusions indemnitaires de Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'EHPAD Dronsart la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : Le titre de recettes émis le 31 décembre 2021 par le receveur de l'EHPAD Dronsart en vue du recouvrement de la somme de 16 419,49 euros est annulé.
Article 2 : L'EHPAD Dronsart versera à Mme B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Dronsart.
Copie en sera adressée pour information au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Riou, président,
- Mme Jaur, première conseillère,
- Mme Célino, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.
La rapporteure,
Signé
C. CélinoLe président,
Signé
J.-M. Riou
La greffière,
Signé
S. Ranwez
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026