vendredi 23 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2203913 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | LIMONTA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 mai 2022, Mme A B, représentée par Me Mezine, demande au juge des référés de prescrire une expertise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, portant sur la prise en charge et les soins qui lui ont été prodigués par le centre hospitalier de Béthune-Beuvry.
Elle soutient que :
- elle a été hospitalisée au centre hospitalier de Béthune-Beuvry le 1er décembre 2016 pour une kystectomie au niveau de l'ovaire droit par coelioscopie ;
- suite à cette intervention, son état de santé s'est aggravé, jusqu'à ce qu'elle soit admise au centre hospitalier régional universitaire de Lille le 12 décembre 2016, pour y subir une laparoconversion pour pelvipéritonite post-opératoire, sur plaie recto-sigmoïdienne ;
- elle reproche au centre hospitalier de Béthune-Beuvry de l'avoir laissée sortir après la coelioscopie réalisée le 1er décembre 2016, alors qu'elle souffrait de douleurs et de nausées.
Par un mémoire, enregistré le 2 juin 2022, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Artois, entend intervenir dans la procédure en application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, et ne s'oppose pas à la mesure d'expertise demandée par Mme B.
Par un mémoire, enregistré le 1er juillet 2022, le centre hospitalier de Béthune-Beuvry, représenté par Me Limonta, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que l'expertise n'est pas utile, l'action de Mme B étant forclose depuis le 18 novembre 2017.
Le président du tribunal a désigné M. Lassaux, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. ".
2. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
3. D'autre part, en vertu de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, la personne qui a saisi une collectivité publique d'une demande d'indemnité et qui s'est vue notifier une décision expresse de rejet dispose d'un délai de deux mois à compter de cette notification pour rechercher la responsabilité de la collectivité devant le tribunal administratif. Conformément aux dispositions de l'article R. 421-5 du même code, ce délai n'est toutefois opposable qu'à la condition d'avoir été mentionné, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. Eu égard à l'objectif poursuivi par le législateur en instituant une procédure de règlement amiable des litiges prévue au dernier alinéa de l'article L. 1142-7 du code de la santé publique, la notification de la décision rejetant la demande d'indemnité doit indiquer non seulement que le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de deux mois mais aussi que ce délai est suspendu en cas de saisine de la commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux. A ce titre, la notification ne fait pas courir le délai si elle ne comporte pas cette double indication.
4. Il résulte de l'instruction que Mme A B a initié, à la suite de l'opération du 1er décembre 2016, une procédure de règlement amiable avec le centre hospitalier de Béthune-Beuvry afin d'être indemnisée des préjudices qu'elle estime avoir subis. Le centre hospitalier de Béthune-Beuvry a, par un courrier du 13 septembre 2017 et reçu le 17 septembre 2017, rejeté sa demande indemnitaire. Cette décision de rejet indiquait expressément le délai de deux mois dans lequel pouvait être saisi le tribunal administratif, ainsi que la mention en vertu de laquelle ce délai de deux mois était suspendu en cas de saisine de la commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux. Le délai de recours de deux mois ouvert contre cette décision a expiré le 18 novembre 2017. Le présent recours a été enregistré au greffe du Tribunal le 24 mai 2022 et le conseil de Mme B qui n'a pas introduit de requête indemnitaire au fond ne justifie pas, par ailleurs, avoir saisi en temps utile et dans l'intérêt de sa cliente, la commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux compétente dont ladite saisine suspend le délai de deux mois. Ainsi, une requête indemnitaire au fond à l'encontre du centre hospitalier de Béthune-Beuvry s'exposerait à cette irrecevabilité. Dans ces conditions, l'institution d'une mesure d'expertise serait frustratoire à l'encontre du centre hospitalier de Béthune-Beuvry et ne présente pas le caractère d'utilité exigé par l'article R. 532-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que le centre hospitalier de Béthune-Beuvry est fondé à soutenir que la requête de Mme B est dépourvue d'utilité. Par suite, il y a lieu de la rejeter.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Artois, et au centre hospitalier de Béthune-Beuvry.
Fait à Lille, le 23 septembre 2022.
Le juge des référés,
signé
P. LASSAUX
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026