mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2204288 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | OUKHELIFA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 juin 2022 et 23 juin 2022, M. A B, représenté par Me Oukhelifa, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 mai 2022 par lequel le préfet du Nord a rejeté sa demande de titre de séjour lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et lui a indiqué qu'à l'expiration de ce délai il pourrait être éloigné à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout autre pays vers lequel il serait légalement admissible ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention " étudiant " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, au besoin sous astreinte ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision de refus de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations du titre III du protocole du 22 décembre 1985 annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision de refus de séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juin 2022, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Fabre, président-rapporteur ;
- les conclusions de M. Even, rapporteur public ;
- et les observations de Me Oukhelifa, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, né le 6 septembre 1997 en Algérie, de nationalité algérienne, est entré en France le 22 août 2017 muni de son passeport revêtu d'un visa portant la mention " étudiant " délivré par les autorités consulaires françaises à Alger valable du 15 août 2017 au 13 novembre 2017. Il a ensuite été mis en possession d'un certificat de résidence algérien portant la mention " étudiant " valable du 5 octobre 2017 au 4 octobre 2018, régulièrement renouvelé. Le 20 octobre 2021, M. B a sollicité le renouvellement de son certificat de résidence algérien portant la mention " étudiant ". Par un arrêté du 9 mai 2022, dont le requérant demande l'annulation, le préfet du Nord a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et lui a indiqué qu'à l'expiration de ce délai il pourrait être éloigné à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout autre pays vers lequel il serait légalement admissible.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision de refus de séjour :
2. En premier lieu, la décision attaquée cite les stipulations du titre III du protocole du 22 décembre 1985 annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 dont elle fait application et indique de façon précise les éléments de fait justifiant, selon le préfet du Nord, qu'il ne soit pas fait droit à la demande de renouvellement du certificat de résidence algérien portant la mention " étudiant " présentée par M. B. Ladite décision, qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, est ainsi suffisamment motivée.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, en particulier de l'arrêté contesté, que le préfet du Nord a procédé à un examen réel et sérieux de la situation de M. B avant de prendre la décision de refus de séjour.
4. En troisième lieu, aux termes du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les ressortissants algériens qui suivent un enseignement, un stage ou font des études en France et justifient de moyens d'existence suffisants (bourses ou autres ressources) reçoivent, sur présentation, soit d'une attestation de pré-inscription ou d'inscription dans un établissement d'enseignement français, soit d'une attestation de stage, un certificat de résidence valable un an, renouvelable et portant la mention " étudiant " ou " stagiaire ". / () ". Il résulte de ces stipulations que la délivrance du certificat de résidence d'un ressortissant algérien portant la mention " étudiant " est subordonné, notamment, à la justification par son titulaire de la réalité et du sérieux des études qu'il déclare accomplir.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B s'est inscrit en première année de licence mention " Sciences exactes et sciences de l'ingénieur " au titre de l'année universitaire 2017/2018 au sein de l'université de Lille. Après avoir été ajourné au titre de la première session avec une moyenne de 7/20, il a redoublé cette formation au titre de l'année universitaire 2018/2019 au sein du même établissement et a été admis en deuxième année par compensation. Il s'est inscrit ensuite en deuxième année de licence mention " informatique " au titre de l'année universitaire 2019/2020 au sein de l'université de Lille mais a été ajourné avec une moyenne de 5/20. Sur l'année 2020/2021, il a redoublé cette deuxième année au sein du même établissement mais a été ajourné avec une moyenne de 7/20 au titre de la première session. Il s'est, à nouveau, inscrit en deuxième année de licence " informatique " à l'université de Lille au titre de l'année 2021/2022. Ainsi, à la date de l'arrêté attaqué, M. B ne justifie de l'obtention d'aucun diplôme. Il ne ressort par ailleurs pas des pièces du dossier, en particulier des relevés de notes produits, qui font état de notes extrêmement basses, que le requérant poursuive, de façon réelle et sérieuse, ses études à l'université de Lille comme il le prétend. Si M. B fait également état de difficultés liées aux conséquences du Covid 19 sur le fonctionnement de l'université, l'extrême faiblesse de ses résultats universitaires est en tout état de cause antérieure au déclenchement de la pandémie. Par suite, en prenant la décision contestée, le préfet du Nord n'a pas fait une inexacte application des stipulations du titre III du protocole précité.
6. En quatrième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B est célibataire et sans enfant en France. Il n'a pas de famille en France alors que ses parents résident en Algérie, pays où il a vécu jusqu'à l'âge de 20 ans. Par suite, et eu égard à ce qui a été dit au point précédent, la décision contestée n'est pas entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de séjour doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions dirigées contre les autres décisions, en particulier la décision portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, les conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais d'instance présentées par le requérant doivent l'être également.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B et au préfet du Nord.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2022 à laquelle siégeaient :
- M. Fabre, président,
- Mme Monteil, première conseillère,
- Mme Piou, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 202Le président-rapporteur,
signé
X. FABREL'assesseur le plus ancien,
signé
A.-L. MONTEIL
La greffière,
signé
A. HAUTCOEUR
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026