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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2204298

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2204298

mercredi 9 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2204298
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formationjuge unique (3)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de M. A contestant le refus de la caisse d'allocations familiales du Nord de lui accorder une remise gracieuse sur un indu de prime d'activité de 321,24 euros. Le juge unique, statuant en plein contentieux, a examiné la demande au regard de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale, qui permet une remise en cas de bonne foi ou de précarité. Si la bonne foi du requérant n'était pas contestée, le tribunal a estimé que M. A n'avait pas démontré, par des pièces suffisantes, une situation de précarité justifiant une remise totale, son quotient familial s'élevant à 1 439 euros. En conséquence, la requête a été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 juin 2022, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 6 mai 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Nord a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette de prime d'activité d'un montant de 321,24 euros (" IM3/006 ").

Il soutient qu'il n'est pas en capacité de régler sa dette en raison de ses revenus limités et des charges importantes dont il doit s'acquitter.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 août 2022, la caisse d'allocations familiales du Nord conclut au rejet de la requête au motif que les moyens invoqués dans la requête sont infondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Horn pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Horn, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique, à l'issue de laquelle l'instruction a été close, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 6 mai 2022, la caisse d'allocations familiales du Nord a refusé d'accorder une remise gracieuse sur la dette de prime d'activité de M. A d'un montant de 321,24 euros (" IM3/006 ") pour la période allant du 1er mars au 31 mai 2021. Par sa requête, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 6 mai 2022 de la caisse d'allocations familiales du Nord.

2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

4. D'une part, il résulte de l'instruction que M. A a déclaré les salaires perçus de décembre 2020 à février 2021 avec un retard de plus de quatre mois. Toutefois, la bonne foi de M. A n'est pas remise en cause par la CAF du Nord, c'est donc au seul regard de la situation financière actuelle du requérant et de son foyer que doit être examinée la demande de remise gracieuse de l'indu de prime d'activité.

5. D'autre part, en dépit de l'invitation qui lui a été adressée par le tribunal préalablement à la tenue de l'audience, M. A, qui allègue percevoir 1 200 euros net mensuels et faire face à des charges d'environ 700 euros mensuels, n'a produit aucune pièce permettant de déterminer ses ressources et charges actuelles alors qu'il résulte toutefois de l'instruction que son quotient familial était, à la date du 28 août 2024, de 1 439 euros. Dans ces conditions, M. A ne peut être regardé comme étant, à la date du présent jugement dans une situation de précarité telle qu'elle ne pourra s'acquitter du remboursement de sa dette.

6. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander une remise totale de sa dette de prime d'activité d'un montant de 321,24 euros.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B A et au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes.

Copie en sera adressée, pour information, à la caisse d'allocations familiales du Nord.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

J. HORNLa greffière,

Signé

S. DEREUMAUX

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

No 2204298

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