lundi 20 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2204521 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SELAS TAMBURINI-BONNEFOY |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 16 juin 2022, enregistrée le même jour au greffe du tribunal, la présidente du tribunal administratif d'Amiens, a transmis au tribunal, en application de l'article R. 761-5 du code de justice administrative, la requête présentée par M. D B.
Par cette requête, enregistrée le 10 juin 2022 au greffe du tribunal administratif d'Amiens sous le n° 2201883, et un mémoire en réplique, enregistré le 20 octobre 2022, M. D B, représenté par Me Lenoir, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de réformer l'ordonnance n° 2100737 du 10 mai 2022 par laquelle la présidente du tribunal administratif d'Amiens a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expertise confiée au docteur M. E C à la somme de 1 980 euros toutes taxes comprises (TTC) en ramenant cette somme à 1 200 euros TTC au maximum ;
2°) de mettre à la charge de M. C les dépens et la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'expert a omis d'évaluer les préjudices, alors même qu'il retenait un manquement à l'obligation d'information, et d'apporter des éléments permettant au tribunal de statuer sur un éventuel recours en responsabilité ;
- c'est à tort que l'expert a invoqué un échec thérapeutique ;
- le montant des honoraires est excessif au regard des difficultés des opérations, de leur importance, de l'utilité et de la nature du travail réalisé, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 621-11 du code de justice administrative et ne saurait dépasser 1 200 euros TTC.
Par un mémoire, enregistré le 24 août 2022, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Welsch, s'en remet à la sagesse du tribunal.
Par un mémoire, enregistré le 29 août 2022, M. E C, représenté par Me Devaux, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge du requérant d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- le temps consacré et sa demande d'honoraire sont justifiés ;
- la réunion d'expertise s'est déroulée normalement.
La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise et au tribunal administratif d'Amiens qui n'ont pas produit d'observations.
Par ordonnance du 24 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 14 novembre 2022 à 12 h 00.
Vu :
- l'ordonnance n°2100737 du 16 avril 2021 du juge des référés du tribunal administratif d'Amiens ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de Mme Michel, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été hospitalisé au centre hospitalier de Saint-Quentin pour une lésion de la coiffe des rotateurs de l'épaule droite du 31 mai au 1er juin 2018. Victime d'importantes douleurs persistantes après cette prise en charge, il a saisi, le 5 mars 2021, le juge des référés du tribunal administratif d'Amiens d'une requête tendant à ce qu'une expertise soit diligentée. Par ordonnance du 16 avril 2021, l'expertise a été ordonnée et confiée au docteur C, qui a rendu son rapport le 3 mai 2022. Par une ordonnance n°2100737 du 10 mai 2022, la présidente du tribunal administratif d'Amiens a mis à la charge de M. B les frais et honoraires de M. C, liquidés et taxés à la somme de 1 980 euros TTC. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal de réformer l'ordonnance précitée du 10 mai 2022 en fixant les frais et honoraires à la somme maximale de 1 200 euros TTC.
Sur les conclusions tendant à la réformation de l'ordonnance de taxation :
2. Aux termes de l'article R. 621-11 du code de justice administrative : " Les experts et sapiteurs mentionnés à l'article R. 621-2 ont droit à des honoraires, sans préjudice du remboursement des frais et débours. / Chacun d'eux joint au rapport un état de ses vacations, frais et débours. Dans les honoraires sont comprises toutes sommes allouées pour étude du dossier, frais de mise au net du rapport, dépôt du rapport et, d'une manière générale, tout travail personnellement fourni par l'expert ou le sapiteur et toute démarche faite par lui en vue de l'accomplissement de sa mission. / Le président de la juridiction, après consultation du président de la formation de jugement () fixe par ordonnance, conformément aux dispositions de l'article R. 761-4, les honoraires en tenant compte des difficultés de l'opération, de l'importance, de l'utilité et de la nature du travail fourni par l'expert () et des diligences mises en œuvre pour respecter le délai mentionné à l'article R. 621-2. Il arrête sur justificatifs le montant des frais et débours qui seront remboursés à l'expert () ". Aux termes de l'article R. 621-13 du même code : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du Tribunal ou de la cour, après consultation, le cas échéant, du magistrat délégué, () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires. Elle est exécutoire dès son prononcé, et peut être recouvrée contre les personnes privées ou publiques par les voies de droit commun. Elle peut faire l'objet, dans le délai d'un mois à compter de sa notification, du recours prévu à l'article R. 761-5 ". Aux termes de l'article R. 761-5 du même code : " Les parties, ainsi que, le cas échéant, l'expert, peuvent contester l'ordonnance mentionnée à l'article R. 761-4 devant la juridiction à laquelle appartient l'auteur de l'ordonnance. / Sauf lorsque l'ordonnance émane du président de la section du contentieux du Conseil d'État, la requête est transmise sans délai par le président de la juridiction à un tribunal administratif conformément à un tableau d'attribution arrêté par le président de la section du contentieux. / Le président de la juridiction à laquelle appartient l'auteur de l'ordonnance ou, au Conseil d'État, le président de la section du contentieux est appelé à présenter des observations écrites sur les mérites du recours. / Le recours mentionné au précédent alinéa est exercé dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance sans attendre l'intervention de la décision par laquelle la charge des frais est attribuée ".
3. L'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquide et taxe les frais et honoraires d'expertise revêt un caractère administratif et non juridictionnel. Le recours dont elle peut faire l'objet en application des dispositions précitées de l'article R. 761-5 du code de justice administrative est un recours de plein contentieux par lequel le juge détermine les droits à rémunération de l'expert ainsi que les parties devant supporter la charge de cette rémunération. Il appartient à la juridiction saisie de réduire le montant des honoraires, frais et débours qui lui paraissent excessifs. En revanche, il ne lui appartient pas de se prononcer sur la régularité des opérations de l'expertise ni sur le bien-fondé des appréciations portées par l'expert sur les questions dont il a été saisi. La taxation des honoraires prend en compte les difficultés des opérations, l'importance, l'utilité et la nature du travail fourni par l'expert.
4. En premier lieu, il ressort de ce qui a été dit au B précédent que, pour demander la réduction des honoraires et frais d'expertise alloués à l'expert, M. B ne peut utilement mettre en cause, dans la présente instance, l'appréciation portée par l'expert sur l'échec de l'opération chirurgicale au regard de la majoration des douleurs à l'épaule et des limitations de cette articulation.
5. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, c'est-à-dire du rapport d'expertise, que l'expert, notamment aux pages 21, 24, 26, 29 et 30, a examiné si des manquements aux règles de l'art avaient été commis, que ce soit pour l'indication de l'acte chirurgical, l'information préalable du patient, la réalisation de l'opération et le suivi post-chirurgical, et si les conditions de caractérisation d'un accident médical non fautif ou d'une infection nosocomiale étaient réunies. Par suite, et comme le confirme la mention du rapport, en réponse à la question n°11, faisant état de l'absence d'élément supplémentaire sur ce B largement abordé dans le corps du rapport, l'expert a fourni au tribunal administratif d'Amiens tous éléments lui permettant de statuer sur un éventuel recours en responsabilité. Le moyen tiré de ce que l'expert n'aurait pas accompli sa mission sur ce B manque en fait et ne peut qu'être écarté.
6. En troisième lieu, en vertu de l'article premier de l'ordonnance du 16 avril 2021 du juge des référés du tribunal administratif d'Amiens visée ci-dessus, l'expert avait notamment pour mission de : " 10°Déterminer les préjudices éventuels résultant de la prise en charge litigieuse, à l'exception de tout état antérieur ou de l'évolution normale ou prévisible de la pathologie initiale ou de toute cause étrangère ou pathologies intercurrentes ; les présenter autant que possible selon la nomenclature issue du rapport de M. F ". Il résulte de l'instruction, c'est-à-dire du rapport d'expertise, que l'expert a estimé que les douleurs séquellaires de M. B ne résultaient pas d'un manquement aux règles de l'art ou d'un aléa thérapeutique mais qu'elles constituaient une issue prévisible de l'opération, en soulignant par ailleurs la contribution de l'état antérieur et de son évolution prévisible ainsi que celle des autres pathologies, notamment intercurrentes. Par ailleurs, si l'expert a certes mis en doute le respect de l'obligation d'information, il a estimé que le patient aurait consenti à l'opération même s'il avait disposé de l'information préalable en cause. L'expert pouvait dès lors en déduire, ce qu'il a fait expressément, que le patient n'avait perdu aucune chance d'éviter les préjudices consécutifs à l'opération et se dispenser de les déterminer. Ainsi, implicitement mais nécessairement, l'expert a considéré qu'aucun préjudice subi par M. B n'était imputable à la prise en charge en litige. Par suite, contrairement à ce que soutient M. B, l'expert n'a pas entaché son rapport d'une omission de réponse aux questions qui lui étaient posées.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B, à fin de réformation de l'ordonnance du 10 mai 2022 prise par la présidente du tribunal administratif d'Amiens, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. A défaut de dépens dans la présente instance, les conclusions présentées à ce titre par M. B ne peuvent qu'être rejetées.
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. C, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à M. E C, au garde des sceaux, ministre de la justice, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise, au centre hospitalier de Saint Quentin. et au tribunal administratif d'Amiens.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Riou, président-rapporteur,
M. Fougères, premier conseiller,
Mme Bruneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2023.
Le président-rapporteur,
signé
J.M. A
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
signé
V. FOUGÈRES
La greffière,
signé
I. BAUDRY
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026