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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2204614

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2204614

mercredi 9 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2204614
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formationjuge unique (3)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de Mme B, qui contestait le refus de la caisse d'allocations familiales du Nord de lui accorder une remise gracieuse de sa dette de prime d'activité de 2 151,33 euros. Le juge unique, statuant en plein contentieux, a examiné la demande au regard de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale, qui permet une remise en cas de bonne foi ou de précarité. Si la bonne foi de la requérante n'était pas contestée, sa situation financière actuelle n'a pas été jugée suffisamment précaire pour justifier une remise totale, faute de pièces justificatives et au vu d'un quotient familial de 1 283 euros. La solution retenue est donc le rejet de la demande d'annulation de la décision de refus de remise gracieuse.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 juin 2022, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 6 mai 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Nord a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette de prime d'activité d'un montant de 2 151, 33 euros pour la période allant du 1er août 2020 au 30 avril 2021 (" IM3/004 ").

Elle soutient que :

- elle est de bonne foi ;

- sa situation financière est difficile.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 août 2022, la caisse d'allocations familiales du Nord conclut au rejet de la requête au motif que les moyens invoqués par la requérante sont infondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Horn pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Horn, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique, à l'issue de laquelle l'instruction a été close, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 6 mai 2022, la caisse d'allocations familiales du Nord a refusé d'accorder une remise gracieuse sur la dette de prime d'activité de Mme B d'un montant de 2 151,33 euros (" IM3/004 ") pour la période allant du 1er août 2020 au 30 avril 2021. Par sa requête, Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 6 mai 2022 de la caisse d'allocations familiales du Nord.

2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

4. D'une part, il résulte de l'instruction que Mme B n'a déclaré ses revenus issus de pensions de retraite complémentaire perçus entre le 1er août 2020 et le 30 avril 2021 qu'après un contrôle de ressources de situation réalisé en janvier 2021. Toutefois, la bonne foi de Mme B n'est pas remise en cause par la CAF du Nord, c'est donc au seul regard de la situation financière actuelle de la requérante et de son foyer que doit être examinée la demande de remise gracieuse de l'indu de prime d'activité.

5. D'autre part, en dépit de l'invitation qui lui a été adressée par le tribunal préalablement à la tenue de l'audience, Mme B, qui allègue être dans une situation financière difficile, n'a produit aucune pièce permettant de déterminer ses ressources et charges actuelles alors qu'il résulte toutefois de l'instruction que son quotient familial était, au mois de janvier 2024, de 1 283 euros. Enfin, la circonstance, à la supposer même établie, qu'un agent de la caisse d'allocations familiales lui aurait communiqué des informations erronées sur ses obligations déclaratives est sans incidence sur le bien-fondé de la décision attaquée. Dans ces conditions, Mme B ne peut être regardée comme étant, à la date du présent jugement dans une situation de précarité telle qu'elle ne pourra s'acquitter du remboursement de sa dette alors qu'il lui est loisible de solliciter auprès de la CAF un échéancier de remboursement adapté à sa situation financière.

6. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander une remise totale de sa dette de prime d'activité d'un montant de 2 151,33 euros.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A B et au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes.

Copie en sera adressée, pour information, à la caisse d'allocations familiales du Nord.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

J. HORNLa greffière,

Signé

S. DEREUMAUX

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

No 2204614

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