mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2204824 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | juge unique (6) |
| Avocat requérant | JANICKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 juin 2022, Mme C A demande au tribunal d'annuler la décision du 14 avril 2022, notifiée par courrier du 6 mai 2022, par laquelle la caisse d'allocations familiales du Nord en tant que cette décision ne lui a accordée qu'une remise partielle de sa dette d'aide personnelle au logement, d'un montant de 789,68 euros, à hauteur de 394,94 euros.
Elle soutient que :
- l'indu a été remboursé par les rappels de réduction du loyer de solidarité (RLS) effectués en février 2022 ;
- sa situation financière ne lui permet pas de rembourser la dette en litige.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 août 2022, la caisse d'allocations familiales du Nord conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la dette en litige, restant due après remise gracieuse partielle, a été soldée par retenues, de sorte que le litige est privé d'objet ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés, le quotient familial de la requérante étant de 933 euros à la date de la remise partielle de dette.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Fougères, premier conseiller, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Fougères a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 13 janvier 2022, le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord a notifié à Mme A un indu d'aide personnalisée au logement pour les mois de février 2021 à décembre 2021 d'un montant de 789,88 euros. Mme A a alors sollicité de la caisse d'allocations familiales du Nord une remise gracieuse de sa dette. Par décision du 14 avril 2022, notifiée par courrier du 6 mai 2022, une remise partielle de cette dette lui a été accordée, à hauteur de 394,94 euros. Par la présente requête, Mme A doit être regardée comme contestant cette décision en tant qu'elle laisse à sa charge une somme de 394,94 euros.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée par la caisse d'allocations familiales du Nord :
2. Contrairement à ce que soutient la caisse d'allocations familiales du Nord en défense, la circonstance que l'indu d'aide personnalisée au logement ait été soldé en cours d'instance n'est pas de nature à priver le recours de son objet. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense par la caisse d'allocations familiales du Nord doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. L'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation dispose : " Les aides personnelles au logement () sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent / 1° L'aide personnalisée au logement ; / () ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, (). / () / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations / () ".
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active ou d'aide personnelle au logement, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
5. En l'espèce, en premier lieu, il résulte de l'instruction que l'indu en litige a pour origine le fait qu'un abattement de 30 % ait été appliqué initialement sur ses ressources, alors qu'elle n'y avait pas droit en raison de son activité professionnelle. Il ne résulte cependant pas de l'instruction que la requérante ait manqué délibérément à ses obligations déclaratives et la caisse lui a accordé à Mme A une remise partielle de sa dette. Il s'ensuit que la condition de bonne foi doit être regardée comme satisfaite.
6. En second lieu, si Mme A estime que sa situation financière justifie une remise de la totalité de la dette, il résulte de l'instruction, et notamment de l'attestation de la caisse d'allocations familiales du Gers du 10 juin 2024, que son quotient familial, pour le mois de mai 2024, s'élève à 1 091 euros. Mme A et son mari perçoivent l'allocation de retour à l'emploi, l'allocation aux adultes handicapés et M. B effectue des missions intérimaires. Le couple, qui a un enfant à charge se trouvant en situation de handicap, supporte un loyer de 689 euros, allocation de logement déduite, s'acquitte d'une dette dans le cadre d'un échéancier de 100 euros par mois, supporte des frais médicaux, notamment des honoraires dentaires s'élevant à 900 euros pour six mois, outre les charges de la vie courante (téléphonie, mutuelle, eau, assurances, électricité, habillement, alimentation). Par suite, la requérante, qui a été en mesure de s'acquitter du solde de sa dette, ne justifie pas d'une situation de précarité. Dans ces conditions, sans qu'importe la circonstance que l'indu ait pour origine une erreur de la caisse d'allocations familiales, les conclusions de Mme A tendant à l'annulation de la décision attaquée et à la remise gracieuse de sa dette doivent être rejetées.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
signé
V. Fougères
La greffière,
signé
I. Baudry
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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