mardi 23 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2205046 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (2) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 juillet 2022, M. C B demande au tribunal d'annuler la décision 48 SI du 12 mai 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul.
Il soutient que :
- la décision de retrait de points afférente à l'infraction commise le 30 octobre 2015 à 12 h 30 à Hénin-Beaumont est irrégulière dès lors qu'il n'a jamais reçu de courrier d'amende ou d'amende forfaitaire, qu'il n'est jamais allé à Hénin-Beaumont et que cette infraction n'est pas justifiée ;
- la détention d'un permis de conduire lui est indispensable pour son activité professionnelle alors qu'il est le seul revenu d'un foyer de six enfants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 août 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. Fabre pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Sur sa proposition, le rapporteur public a été dispensé de prononcer ses conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative par le président de la formation de jugement.
A été entendu au cours de l'audience publique du 2023 le rapport de M. Fabre, président-rapporteur.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, né le 25 octobre 1979 en Belgique, a commis une série d'infractions au code de la route répertoriées à son relevé d'information intégral. Par une décision 48 SI du 12 mai 2022, dont le requérant demande l'annulation, le ministre de l'intérieur l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul.
2. En premier lieu, la circonstance que le requérant n'aurait pas eu notification de la décision de retrait de points afférente à l'infraction commise le 30 janvier 2015 à 12 h 30 à Hénin-Beaumont est sans incidence sur la légalité de la décision contestée.
3. En deuxième lieu, il ressort des mentions figurant au relevé d'information intégral que, s'agissant de cette infraction, le requérant s'est acquitté du paiement de l'amende forfaitaire. Par suite, il a nécessairement un avis de contravention comportant les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ainsi, dès lors que le requérant ne justifie pas avoir reçu un avis inexact ou incomplet, le moyen tiré du défaut d'information doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " / () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. / () ".
5. Ainsi qu'il a été dit au point 3, l'amende forfaitaire afférente à l'infraction commise le 30 janvier 2015 a été payée. Par suite, par application des dispositions citées au point précédent, la réalité de l'infraction est établie.
6. En quatrième et dernier lieu, le requérant ne peut utilement soutenir qu'il ne serait pas l'auteur de l'infraction en cause dès lors que la juridiction administrative n'est pas compétente pour connaître du moyen tiré de l'imputabilité d'une infraction à un usager de la route.
7. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à contester la décision de retrait de points afférente à l'infraction du 30 janvier 2015. Par suite, et alors que le requérant ne peut utilement faire état des difficultés personnelle et familiale entraînées par la perte de son permis de conduire, les conclusions à fin d'annulation de la décision 48 SI du 12 mai 2022 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
X. FABRE
La greffière,
Signé
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026