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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2205462

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2205462

vendredi 6 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2205462
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantGUEY-BALGAIRIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de la société Pharmacie Rebiai, qui demandait le remboursement d'un crédit de TVA déductible au titre de mars 2022. La juridiction a jugé que la société n'avait pas apporté les précisions suffisantes pour démontrer le bien-fondé de sa demande et a rappelé que, selon les articles 271 et 278 du code général des impôts, les dispositifs médicaux de diagnostic in vitro de la COVID-19 étaient soumis à un taux de TVA de 0% pendant la période concernée, ce qui exclut tout droit à déduction. La demande de condamnation de l'État aux frais de procédure a également été rejetée au regard des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 juillet 2022, la société d’exercice libéral par actions simplifiée (SELAS) Pharmacie Rebiai, représentée par Me Guey, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) le remboursement du crédit de taxe sur la valeur ajoutée déductible au titre de la période du mois de mars 2022 ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros TTC au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu’elle est fondée à déduire la taxe sur la valeur ajoutée facturée par la société Smartest, laquelle a légalement facturé la taxe sur la valeur ajoutée qu’elle a déclarée et acquittée auprès du service des impôts des entreprises.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 novembre 2022, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le moyen de la requête n’est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Jouanneau,
- et les conclusions de Mme Denys, rapporteure publique.


Considérant ce qui suit :

La société d’exercice libéral par actions simplifiée (SELAS) Pharmacie Rebiai a souscrit le 15 avril 2022 une demande de remboursement de crédit de taxe sur la valeur ajoutée au titre du mois de mars 2022, d'un montant de 41 768 euros. Le 10 mai 2022, le pôle de contrôle et d'expertise de Lille a rejeté cette demande au motif que les factures présentées par la société à l'appui de sa demande de remboursement ont été établies par les sociétés Biocareprotect et Smart Rent lesquelles, en raison de leurs obligations fiscales, ne pouvaient soumettre les prestations facturées à la TVA. La société Pharmacie Rebiai demande au tribunal le remboursement du crédit de taxe sur la valeur ajoutée qu’elle a déclaré.

Sur les conclusions à fin de remboursement du crédit de taxe sur la valeur ajoutée :

Aux termes des dispositions de l’article 271 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable à l’imposition en litige : « I. - 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération. / 2. Le droit à déduction prend naissance lorsque la taxe déductible devient exigible chez le redevable. (…) / II. - 1. Dans la mesure où les biens et les services sont utilisés pour les besoins de leurs opérations imposables, et à la condition que ces opérations ouvrent droit à déduction, la taxe dont les redevables peuvent opérer la déduction est, selon le cas : / a) Celle qui figure sur les factures établies conformément aux dispositions de l'article 289 et si la taxe pouvait légalement figurer sur lesdites factures (...) ». Aux termes de l’article 278 du même code, alors applicable : « La taxe sur la valeur ajoutée est perçue au taux de 0 % en ce qui concerne les livraisons et les prestations de services qui leur sont étroitement liées portant sur les vaccins contre la covid-19 bénéficiant d'une autorisation nationale ou européenne de mise sur le marché ou sur les dispositifs médicaux de diagnostic in vitro de la covid-19 conformes aux exigences énoncées, selon leur date de mise sur le marché ou de mise en service, par la directive 98/79/ CE du Parlement européen et du Conseil du 27 octobre 1998 relative aux dispositifs médicaux de diagnostic in vitro ou par le règlement (UE) 2017/746 du Parlement européen et du Conseil du 5 avril 2017 relatif aux dispositifs médicaux de diagnostic in vitro et abrogeant la directive 98/79/ CE et la décision 2010/227/ UE de la Commission ».

En se bornant à affirmer que la société Smartest pouvait légalement facturer de la taxe sur la valeur ajoutée susceptible d’être déduite, eu égard à son activité et à son chiffre d’affaires réalisé au cours des mois de janvier à mars 2022, la société Pharmacie Rebiai n’assortit pas son moyen des précisions suffisantes pour permettre d’en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen doit être écarté.

Au demeurant, ainsi que cela résulte des dispositions précitées du code général des impôts, les livraisons portant sur les dispositifs médicaux de diagnostic in vitro de la covid-19 conformes aux exigences nationale et européenne de mise sur le marché étaient assujetties, au cours de la période d’imposition en litige, à un taux de taxe sur la valeur ajoutée de 0%. En raison de la nature même des opérations au titre desquelles la société Pharmacie Rebiai estime avoir constitué à son profit un crédit de taxe sur la valeur ajoutée, il était manifeste que cette taxe n’était pas due. Elle ne peut, par suite, engendrer aucun droit à déduction.

Il résulte de ce qui précède que la société Pharmacie Rebiai n’est pas fondée à demander le remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée qu’elle a acquittée au cours de la période expirant au mois de mars 2022.

Sur les frais liés au litige :

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l’Etat, qui n’a pas la qualité de partie perdante, verse à la société Pharmacie Rebiai une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.


D E C I D E :


Article 1er : La requête de la société Pharmacie Rebiai est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société d’exercice libéral par actions simplifiée Pharmacie Rebiai et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.

Délibéré après l'audience du 16 janvier 2026, à laquelle siégeaient :

M. Terme, président,
M. Jouanneau, conseiller,
M. Pernelle, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2026.


Le rapporteur,
Signé
S. Jouanneau

Le président,
Signé
D. Terme

La greffière,


Signé

A. Bègue

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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