LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2205543

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2205543

mardi 22 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2205543
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantJAMAIS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la demande de la société MBC, qui sollicitait l'indemnisation de ses préjudices liés à l'augmentation du coût des matières premières et de l'énergie sur le fondement de la théorie de l'imprévision. Le tribunal a jugé que le surcoût invoqué, représentant moins de 6 % du montant total du marché, n'était pas suffisant pour caractériser un bouleversement de l'économie du contrat. En conséquence, les conclusions indemnitaires et la demande de provision ont été rejetées.

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, un mémoire et des pièces, enregistrés les 13 juin 2022, 28 novembre 2024, 6 mai 2025 et 13 mai 2025 sous le n° 2204421, la société MBC, représentée par Me Méreau, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) L'Orée du Mont à lui verser la somme de 1 011 522, 90 euros hors taxes dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'EHPAD L'Orée du Mont la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'augmentation du coût de l'énergie et des matières premières a bouleversé l'économie du contrat et est de nature à engager la responsabilité sans faute de l'EHPAD L'Orée du Mont au titre de la théorie de l'imprévision ;

- elle a subi un préjudice qu'elle évalue à la somme de 1 011 522, 90 euros hors taxes.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 août 2022, l'EHPAD L'Orée du Mont, représenté par Me Jamais, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société MBC au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- les conditions de la théorie de l'imprévision ne sont pas remplies ;

- le préjudice de la société MBC n'est pas établi.

II. Par une requête et des mémoires, enregistrés les 22 juillet 2022, 8 septembre 2022 et 28 novembre 2024 sous le n° 2205543, la société MBC, représentée par Me Méreau, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) L'Orée du Mont à lui verser, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, une provision d'un montant de 1 011 522, 90 euros hors taxes dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'EHPAD L'Orée du Mont la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soulève les mêmes moyens que dans la requête n° 2204421.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 août 2022 et 23 septembre 2022, l'EHPAD L'Orée du Mont, représenté par Me Jamais, conclut au rejet de la requête pour les mêmes motifs que ceux exposés sous le n° 2204421 et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société MBC au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lemée,

- les conclusions de M. Even, rapporteur public,

- les observations de Me Méreau représentant la société MBC et celles de Me Bosquet, substituant Me Jamais, représentant l'EHPAD L'Orée du Mont.

Considérant ce qui suit :

1. Par un acte d'engagement du 9 août 2018, l'EHPAD L'Orée du Mont a attribué le lot n° 1 " démolition, gros œuvre et VRD " à la société MBC pour un prix global forfaitaire d'un montant de 3 239 816, 01 euros hors taxes dans le cadre du marché de travaux ayant pour objet la restructuration et l'extension de l'EHPAD. Par un courrier du 30 novembre 2021, réceptionné le 3 décembre 2021, la société MBC a demandé à l'EHPAD l'indemnisation de ses préjudices liés à l'augmentation du coût des matières premières à hauteur de 724 160 euros. Par un courrier du 28 janvier 2022, la société a présenté une nouvelle demande d'indemnisation de ses préjudices qui a été rejetée par un courrier du 15 mars 2022, réceptionné le 22 mars 2022. Par un courrier du 21 mars 2022, réceptionné le lendemain, la société MBC a adressé à l'EHPAD L'Orée du Mont un mémoire en réclamation. Par les présentes requêtes, la société MBC demande au tribunal de condamner l'EHPAD L'Orée du Mont à lui verser la somme de 1 011 522, 90 euros.

2. Les requêtes n° 2204421 et 2205543 présentées par la société MBC concernent la situation d'une même société et présentent à juger les mêmes questions. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions indemnitaires :

3. Même si un marché public a été conclu à prix forfaitaire, son titulaire a droit à être indemnisé des dépenses exposées en raison de sujétions imprévues, c'est-à-dire de sujétions présentant un caractère exceptionnel et imprévisible et dont la cause est extérieure aux parties, si ces sujétions ont eu pour effet de bouleverser l'économie générale du marché.

4. Si la société MBC soutient avoir subi un préjudice total d'un montant de 1 011 522, 90 euros hors taxes, cependant, elle ne chiffre son préjudice en raison de l'augmentation du coût des matières premières, seul préjudice indemnisable en l'espèce, qu'à hauteur de 257 465, 85 euros hors taxes et la société requérante ne justifie pas que les autres préjudices dont elle se prévaut seraient indemnisables sur le fondement de la théorie de l'imprévision. Cette somme de 257 465, 85 euros hors taxes représente moins de 6 % du montant total du marché, ce qui n'a pu entraîner un bouleversement de l'économie du contrat, de sorte que la société MBC n'est pas fondée à demander la condamnation de l'EHPAD L'Orée du Mont sur le fondement de la théorie de l'imprévision. Au demeurant, la société requérante ne justifie pas de la réalité de son préjudice en se prévalant uniquement de l'augmentation du coût des matières premières.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par la société MBC doivent être rejetées.

Sur la demande de provision :

6. Dès lors que le présent jugement statue au fond sur les conclusions indemnitaires de la société MBC, ses conclusions tendant à la condamnation de l'EHPAD L'Orée du Mont présentées sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative dans la requête n° 2205543, ont perdu leur objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge de l'EHPAD L'Orée du Mont, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, les sommes demandées par la société MBC au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société MBC une somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'EHPAD L'Orée du Mont et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de provision présentée par la société MBC dans la requête n° 2205543.

Article 2 : La requête n° 2204421 de la société MBC ainsi que les conclusions présentées par cette société au titre de l'article L. 761-1 du code de justice dans la requête n°2205543 sont rejetées.

Article 3 : La société MBC versera à l'EHPAD L'Orée du Mont une somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société MBC et à l'EHPAD L'Orée du Mont.

Délibéré après l'audience du 1er juillet 2025, à laquelle siégeaient :

M. Fabre, président,

Mme Monteil, première conseillère,

M. Lemée, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2025.

Le rapporteur,

Signé

M. Lemée

Le président,

Signé

X. Fabre

Le greffier,

Signé

A. Dewière

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Nos 2204421, 2205543

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions