mardi 17 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2206395 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP D'AVOCATS ACTION CONSEILS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 22 août 2022, 18 octobre 2023 et 24 novembre 2023, M. A C, représenté par Me Leuliet, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Lourches à lui verser la somme de 50 000 euros en réparation des préjudices subis en raison de la communication d'un courrier dans le cadre d'une procédure engagée devant le tribunal judiciaire de Valenciennes ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Lourches une somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil contre renonciation de la part de ce conseil au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la commune de Lourches a commis une faute en communiquant un document qui ne constitue pas un document administratif communicable ou une information publique et qui porte atteinte à sa vie privée et à ses intérêts ;
- il a subi un préjudice d'un montant de 15 000 euros correspondant à la perte de chance d'obtenir gain de cause et le risque d'être condamné pour troubles du voisinage ;
- il a subi un préjudice moral d'un montant de 35 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 mai 2023, 8 novembre 2023 et 14 décembre 2023, non communiqué, la commune de Lourches, représentée par Me Fréger, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- l'action de M. C est prescrite ;
- elle n'a commis aucune faute ;
- M. C a commis une faute de nature à l'exonérer de toute responsabilité ;
- il n'a subi aucun préjudice au titre de la perte de chance en l'absence de toute condamnation prononcée par le tribunal judiciaire de Valenciennes ;
- le préjudice moral n'est pas établi.
La clôture de l'instruction a été fixée au 14 décembre 2023 à 12 heures 00 par une ordonnance du 29 novembre 2023.
Un mémoire produit par M. C a été enregistré le 1er octobre 2024, et non communiqué.
Des pièces, enregistrées le 10 octobre 2024, ont été produites par M. C à la demande du tribunal et communiquées sur le fondement des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. C par une décision du 20 juin 2022 rectifiée le 22 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lemée,
- les conclusions de M. Even, rapporteur public,
- et les observations de Me Leuliet représentant M. C.
Une note en délibéré, présentée pour M. C par Me Leuliet, a été enregistrée le 6 décembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C vit dans un immeuble situé 374, rue Jean Jaurès à Lourches. Dans le cadre d'un litige devant le tribunal judiciaire de Valenciennes, un courrier daté du 4 août 1999 a été produit. Par un courrier, réceptionné le 18 mai 2022, M. C a demandé à la commune de Lourches l'indemnisation des préjudices subis en raison de la communication de ce document. Cette demande a été implicitement rejetée. Par la présente requête, M. C demande au tribunal de condamner la commune de Lourches à lui verser la somme de 50 000 euros.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes de l'article L. 311-6 du code des relations entre le public et l'administration : " Ne sont communicables qu'à l'intéressé les documents administratifs : / 1° Dont la communication porterait atteinte à la protection de la vie privée, au secret médical et au secret des affaires, lequel comprend le secret des procédés, des informations économiques et financières et des stratégies commerciales ou industrielles et est apprécié en tenant compte, le cas échéant, du fait que la mission de service public de l'administration mentionnée au premier alinéa de l'article L. 300-2 est soumise à la concurrence ; / 2° Portant une appréciation ou un jugement de valeur sur une personne physique, nommément désignée ou facilement identifiable ; / 3° Faisant apparaître le comportement d'une personne, dès lors que la divulgation de ce comportement pourrait lui porter préjudice. () ".
3. Si M. C soutient que le courrier du 4 août 1999 produit par son adversaire devant le tribunal judiciaire de Valenciennes qui n'est pas un document communicable aux tiers a été transmis par la commune de Lourches, toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que ce courrier a été effectivement transmis par la commune de Lourches alors que d'autres personnes dont la société de secours minière du Nord, autrice du courrier, et la direction départementale de l'équipement du Nord, à qui le courrier a été adressé et qu'elle a réceptionné le 9 novembre 2000, étaient également en possession de ce document. Par ailleurs, la circonstance que M. B, à l'époque adjoint au maire de la commune, a mentionné ce document dans une correspondance du 3 janvier 2002 à M. C n'est pas de nature, à elle seule, à établir que la commune de Lourches a transmis le courrier du 4 août 1999 à l'autre partie au litige devant le tribunal judiciaire de Valenciennes. Dans ces circonstances, M. C n'établit pas que la commune de Lourches a commis une faute, alors qu'au demeurant, il ne justifie pas avoir subi de préjudices personnels en l'absence de condamnation prononcée à son encontre par le jugement du 29 février 2024 du tribunal judiciaire de Valenciennes.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner l'exception de prescription quadriennale opposée par la commune de Lourches, que les conclusions indemnitaires présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Lourches, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. C au titre de ces dispositions. Il n'y a par ailleurs pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C la somme demandée par la commune de Lourches au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Lourches présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la commune de Lourches.
Délibéré après l'audience du 3 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Fabre, président,
Mme Monteil, première conseillère,
M. Lemée, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 décembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
M. LEMÉE
Le président,
Signé
X. FABRE
Le greffier,
Signé
A. DEWIÈRE
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026