vendredi 30 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2206405 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | MAZUREK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 août 2022, la société à responsabilité limitée C et Fils, représentée D, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés mises en recouvrement à l'issue de la vérification de comptabilité dont elle a fait l'objet au titre des exercices clos de 2015 à 2017, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de condamner l'État aux dépens de l'instance ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les frais kilométriques de M. C, qui s'investit dans la gestion de son établissement, sont déductibles des résultats, ces frais ayant été engagés à des fins professionnelles ;
- elle entend se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations du paragraphe n° 60 des commentaires publiés au bulletin officiel des finances publiques - impôts sous la référence BOI-BIC-CHG-40-20-40 ;
- les frais de carburant qu'elle a exposés, qui correspondent à des déplacements effectués par des salariés dans son intérêt, sont déductibles de ses résultats et ne constituent pas des revenus distribués imposables à l'impôt sur le revenu entre les mains de M. C ;
- les frais de réception et de représentation qu'elle a exposés pour les besoins de son activité correspondent à une veille concurrentielle et sont justifiés ; ils sont, par suite, déductibles des résultats ;
- les sommes imposées entre les mains de M. C dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers doivent être réduites compte tenu des justifications apportées au sujet des frais kilométriques, des frais de carburant et des frais de réception et de représentation ; M. C est autorisé à détenir un compte courant d'associé dans ses livres ;
- pour déterminer les revenus distribués imposables entre les mains de M. C, le service a retenu à tort les seuls soldes débiteurs, sans tenir compte des mouvements créditeurs intervenus au cours des années d'imposition, les sommes portées au crédit ne constituant pas des revenus distribués ;
- les intérêts et les pénalités infligées ne sont pas justifiés eu égard, en particulier, à l'état de santé de M. C et à l'absence d'intention délibérée d'échapper à l'impôt.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 octobre 2022, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la société C et Fils, qui ne justifie pas d'un mandat, n'est pas recevable à contester des impositions mises à la charge de et acquittées par la société C, société distincte et mère du groupe fiscalement intégré auquel elle appartient, et dont elle n'est pas débiteur solidaire ;
- en tout état de cause, aucune rectification n'a été proposée s'agissant des frais de réception ;
- aucune imposition n'a été mise à la charge de la société requérante au titre des revenus distribués ;
- les autres moyens soulevés par la société C et Fils ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 13 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 novembre 2022.
Un mémoire présenté pour la société C et Fils, a été enregistré le 29 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de M. Quint, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article 223 A du code général des impôts : " I. - Une société, ci-après désignée par les mots : "société mère", peut se constituer seule redevable de l'impôt sur les sociétés dû sur l'ensemble des résultats du groupe formé par elle et les sociétés dont elle détient 95 % au moins du capital de manière continue au cours de l'exercice, directement ou indirectement (). / () / III. - () / Chaque société du groupe est tenue solidairement au paiement de l'impôt sur les sociétés et, le cas échéant, des intérêts de retard, majorations et amendes fiscales correspondantes, dont la société mère est redevable, à hauteur de l'impôt et des pénalités qui seraient dues par la société si celle-ci n'était pas membre du groupe ". Il résulte de ces dispositions que lorsqu'une imposition a été acquittée par la société mère d'un groupe fiscalement intégré, la société filiale n'est plus susceptible de se voir réclamer le paiement de cette imposition en sa qualité de débiteur solidaire et qu'à défaut d'un mandat que lui aurait régulièrement confié la société mère, elle n'est, par suite, pas recevable à contester l'imposition dont il s'agit.
2. Il résulte de l'instruction que la société C et Fils, société membre d'un groupe fiscalement intégré au sens de l'article 223 A du code général des impôts, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle le service a notamment remis en cause la déduction des résultats des exercices clos de 2015 à 2017 de sommes comptabilisées au titre des frais de déplacement et de carburant de son gérant. En conséquence de ces rectifications, notamment, le service a assujetti la société C, société mère du groupe fiscalement intégré, à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos de 2015 à 2017. Il est constant que les impositions correspondant aux rectifications ainsi apportées aux résultats de la société C et Fils et contestées par cette société devant le tribunal ont été acquittées par la société C le 29 novembre 2021. Par suite, la société C et Fils, qui ne justifie pas d'un mandat régulier que lui aurait confié la société C, n'est pas recevable à demander la réduction des impositions auxquelles celle-ci a été assujettie au titre des exercices clos de 2015 à 2017, ainsi que des pénalités correspondantes, à concurrence des rectifications qu'elle conteste. La fin de non-recevoir opposée par le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord doit dès lors être accueillie.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de réduction de la société C et Fils doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence et en tout état de cause, celles qu'elle a présentées au titre des articles R. 761-1 et L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de la société C et Fils est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée C et Fils et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Paganel, président de la formation de jugement,
- M. Lemaire, président,
- Mme Lançon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
O. ALe président,
Signé
M. B
La greffière,
Signé
N. PAULET
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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