mercredi 12 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2206569 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | VANDENBUSSCHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 29 août 2022, le 31 août 2022 et le 12 septembre 2022, Mme D C, représentée par Me Vandenbussche, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner la Métropole européenne de Lille à lui verser la somme de 24 839 euros en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi en raison de l'accident dont elle a été victime le 4 août 2020 à Lille ;
2°) de mettre les dépens à la charge de la Métropole européenne de Lille ;
3°) de mettre à la charge de la Métropole européenne de Lille une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa chute est imputable à un défaut d'entretien normal du trottoir de la rue de la Monnaie à Lille; les trottoirs de cette rue étaient si mal entretenus que des travaux de rénovation ont été entrepris en juin 2022 à la demande des commerçants ;
- ses préjudices s'élèvent à un montant global de 24 839 euros, se décomposant comme suit :
* 1 225 euros au titre des dépenses de santé actuelles ;
* 3 564 au titre de l'assistance par tierce personne temporaire ;
* 2 050 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;
* 9 000 euros au titre des souffrances endurées ;
* 2 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire ;
* 2 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent ;
- 8 000 euros en réparation de son préjudice d'agrément ;
- 3 000 euros au titre du préjudice esthétique permanent.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2023, la Métropole européenne de Lille, représentée par Me Teboul, conclut :
1°) au rejet de la requête et des conclusions présentées par la caisse primaire d'assurance maladie de Paris ;
2°) à ce que soient mis à la charge de Mme C les dépens ;
3°) à ce qu'une somme de 2 000 euros chacune soit mise à la charge de Mme C et de la caisse primaire d'assurance maladie de Paris au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas établi que la profondeur du trou indiqué par la victime comme cause de la chute était importante ; les lieux ne présentaient aucun caractère accidentogène ;
- le lien de causalité entre l'état de la voie publique et la chute de la requérante n'est pas rapporté ;
- l'accident résulte de la faute d'inattention de Mme C, alors que l'obstacle était visible et pouvait être contourné ;
- à titre subsidiaire, elle ne s'oppose pas aux sommes réclamées au titre des dépenses de santé actuelles et du déficit fonctionnel permanent et offre :
* 2 795 euros au titre de l'assistance par tierce personne temporaire ;
* 1 089 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;
* 5 410 euros au titre des souffrances endurées ;
* 250 euros au titre du préjudice d'agrément ;
* 955 euros au titre du préjudice esthétique permanent ;
- elle s'oppose à la somme de 2 000 euros demandée au titre du préjudice esthétique temporaire, compte tenu du caractère très limité de celui-ci.
Par un mémoire, enregistré le 27 juillet 2023, la caisse primaire d'assurance maladie de Paris demande au tribunal :
1°) de condamner la Métropole européenne de Lille à lui verser la somme de 5 594,49 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de la demande, au titre des dépenses qu'elle a exposées pour son assurée ;
2°) de mettre à la charge de la Métropole européenne de Lille l'indemnité forfaitaire de gestion.
Elle soutient qu'elle a exposé des frais hospitaliers, des frais médicaux, des frais pharmaceutiques et des frais d'appareillage pour un montant total de 5 594,49 euros entre le 4 août 2020 et le 7 avril 2021.
Vu :
- l'ordonnance n° 2008586 du juge des référés rendue le 15 février 2021 ordonnant une mesure d'expertise ;
- le rapport d'expertise établi par le docteur A et déposé au greffe du tribunal le 6 mai 2022 ;
- les ordonnances de taxation n° 2008586 rendues les 6 septembre 2021 et le 13 mai 2022 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 23 décembre 2024 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2025 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Fougères,
- les conclusions de Mme Bruneau, rapporteure publique,
- et les observations de Me Dantec substituant Me Teboul, représentant la Métropole européenne de Lille.
Considérant ce qui suit :
1. Le 4 août 2020 vers 17h20, Mme C, née le 2 janvier 1943, a chuté alors qu'elle marchait sur le trottoir côté pair de la rue de la Monnaie à Lille et qu'elle était à hauteur du magasin Camara. Elle a été prise en charge par les pompiers et emmenée au service des urgences de l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Lille, où une fracture du coude gauche a été diagnostiquée. Elle a bénéficié d'une ostéosynthèse à foyer ouvert de la fracture ulnaire, avec bonne réduction de la fracture radiale. Elle est sortie de l'hôpital le 7 août 2020. Imputant sa chute à l'absence d'un pavé au niveau du revêtement du trottoir, elle a saisi le juge des référés de ce tribunal en vue de la réalisation d'une expertise. Par ordonnance du 15 février 2021, le juge des référés a fait droit à cette demande. L'expert désigné, le docteur B A, a déposé son rapport le 6 mai 2022. Par un courrier daté du 1er juin 2022, reçu le 7 juin 2022, Mme C a sollicité de la Métropole européenne de Lille l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis à la suite de son accident du 4 août 2020. Par la présente requête, elle demande au tribunal de condamner la Métropole européenne de Lille à lui verser la somme totale de 24 839 euros en réparation de ses préjudices.
Sur la responsabilité du la Métropole européenne de Lille :
2. Il appartient à l'usager, victime d'un dommage survenu sur un ouvrage public, de rapporter la preuve du lien de causalité entre l'ouvrage public et le dommage dont il se plaint. Pour s'exonérer de la responsabilité qui pèse ainsi sur lui, il incombe au maître d'ouvrage, soit d'établir qu'il a normalement entretenu l'ouvrage, soit de démontrer la faute de la victime ou un cas de force majeure.
3. Au moment de sa chute, Mme C avait la qualité d'usagère de la voie publique. La réalité de sa chute au niveau de la rue de la Monnaie à Lille est attestée notamment par le compte-rendu d'intervention du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) du Nord du 12 août 2020 qui s'est déplacé sur les lieux à 17h26. Il résulte de l'attestation d'un témoin direct de l'accident, Mme F E, que la chute de la requérante a pour origine une excavation dans le trottoir, au niveau du magasin Camara. Il s'ensuit que le lien de causalité entre la chute de Mme C et l'ouvrage public constitué par le trottoir de la rue de la Monnaie à Lille est établi.
4. Il résulte des photographies versées aux débats et des déclarations circonstanciées de la victime que l'excavation précitée, rebouchée postérieurement aux faits litigieux, a pour origine un pavé manquant dans le trottoir très passant du Vieux-Lille. Une photographie prise pendant l'intervention des pompiers montre que ce trou, qui n'était pas protégé, était d'une profondeur suffisamment importante pour constituer un danger, tandis qu'une autre photographie, prise après rebouchage de l'excavation, fait apparaître une largeur de 22 cm sur à peu près autant de longueur, de sorte le trou en litige excédait les inconvénients que les usagers des voies publiques doivent s'attendre à rencontrer, étant souligné que Mme C, domiciliée à Paris et venue à Lille dans un but touristique, ne connaissait pas les lieux. Sa chute est donc imputable à un défaut d'entretien normal de la voie publique de nature à engager la responsabilité de la Métropole européenne de Lille.
5. Toutefois, la responsabilité de la Métropole européenne de Lille est atténuée par l'inattention de la requérante dès lors que cette excavation était visible à l'heure de l'accident et était susceptible d'être aisément contournée. Il sera fait une juste appréciation des faits de la cause en mettant à la charge de la commune la moitié des conséquences dommageables de l'accident survenu à la victime.
Sur l'indemnisation des préjudices :
6. Eu égard aux conclusions expertales et en l'absence de remise en cause des parties, il y a lieu de fixer la date de consolidation de l'état de santé de Mme C au 4 août 2021.
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
7. En premier lieu, d'une part, il résulte de l'instruction que Mme C a exposé des frais de kinésithérapie en raison de sa chute du 4 août 2020, restés à sa charge pour un montant de 1 225 euros. Compte tenu du partage de responsabilité précédemment défini, la somme de 612,50 euros sera mise à la charge de la Métropole européenne de Lille au titre des dépenses de santé actuelles exposées par la victime.
8. D'autre part, il résulte de l'instruction, en particulier du relevé définitif des débours et de l'attestation d'imputabilité communiqués, que les débours de la caisse comprennent des frais d'hospitalisation du 4 au 7 août 2020 pour un montant de 4 916 euros, des frais médicaux du 9 août 2020 au 7 avril 2021 pour un montant de 620,36 euros, des frais d'appareillage pour un montant de 9,14 euros et des frais pharmaceutiques pour un montant de 48,99 euros, soit un total de 5 594,49 euros. Compte tenu du partage de responsabilité précité, la caisse primaire d'assurance maladie de Paris est fondée à solliciter le remboursement de ces frais à hauteur de 2 797,25 euros, somme qui sera mise à la charge de la Métropole européenne de Lille.
9. En second lieu, lorsque le juge administratif indemnise la victime d'un dommage corporel nécessitant de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire permettant, dans les circonstances de l'espèce, le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat, sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.
10. Il résulte du rapport d'expertise que l'état de santé de Mme C consécutivement à la chute du 4 août 2020 a nécessité l'assistance par une tierce personne à hauteur de deux heures par jour du 8 août 2020 au 17 septembre 2020, soit pendant 41 jours, puis à hauteur de cinq heures par semaine du 18 septembre 2020 au 17 mars 2021, soit pendant une période de 181 jours. Afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu de calculer l'indemnisation sur la base d'une année de 412 jours, ainsi que sur la base d'un taux horaire moyen de rémunération tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail du dimanche, fixé à 15 euros pour une aide active non spécialisée. Par suite, le préjudice lié à l'assistance par une tierce personne temporaire doit être fixé à la somme globale de 3 577,38 euros (2 x 15 x 412/365 x 41 + 5/7 x 15 x 412/365 x 181), ce qui aboutit à une indemnisation d'un montant de 1 788,69 euros après le partage de responsabilité précité.
En ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux :
11. En premier lieu, Mme C a dû, du fait de sa chute, être hospitalisée du 4 au 7 août 2020, entraînant un déficit fonctionnel total pendant quatre jours. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du docteur A, qu'elle a ensuite présenté un déficit fonctionnel réduit de moitié du 8 août 2020 au 17 septembre 2020, soit pendant 41 jours, puis de 25 % du 18 septembre 2020 au 17 mars 2021, période comportant 181 jours, et enfin de 10 % du 18 mars 2021 au 3 août 2021, veille de la consolidation, période comportant 139 jours. En retenant un taux journalier d'indemnisation de quinze euros, il sera fait une juste appréciation du préjudice de Mme C au titre du déficit fonctionnel qu'elle a subi en lui allouant une somme totale de 627,38 euros ((4 x 15 + 41 x 15 x 0,50 + 181 x 15 x 0,25 + 139 x 15 x 0,10) / 2) après application du partage de responsabilité précédemment retenu.
12. En deuxième lieu, il résulte des conclusions expertales que Mme C a enduré des souffrances physiques et morales à la suite de sa chute du 4 août 2020 à Lille évaluées à 3,5 sur une échelle de 0 à 7, du fait de la fracture subie, de la chirurgie et de la rééducation rendues nécessaires, ainsi que de l'épisode d'algodystrophie. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en lui allouant une somme de 2 700 euros après application du partage de responsabilité précité.
13. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que Mme C a, postérieurement à son opération du 5 août 2020, dû porter une contention de type Dujarier, ainsi que des pansements et a conservé ensuite une cicatrice. Dans ces circonstances, il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique temporaire qu'elle a subi en lui allouant, compte tenu du partage de responsabilité précité, une somme de 500 euros.
14. En quatrième lieu, Mme C, âgée de 78 ans au moment de la consolidation, conserve des séquelles de son accident du 4 août 2020, avec en particulier des douleurs au coude lors des efforts. A ce titre, elle présente, selon les conclusions non contestées par les parties du docteur A, un taux de déficit fonctionnel permanent évalué à 2 %. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en lui allouant, après partage de responsabilité précité, une somme de 1 000 euros.
15. En cinquième lieu, si le rapport d'expertise retient que Mme C subit une limitation de la capacité à la pratique du vélo depuis la consolidation de ses blessures, la requérante n'établit pas par les pièces qu'elle produit qu'elle pratiquait de manière régulière et de façon spécifique cette activité sportive avant le dommage, de sorte qu'elle n'est pas fondée à solliciter l'indemnisation d'un préjudice d'agrément à ce titre.
16. En dernier lieu, en raison de sa cicatrice sur la face postérieure du coude gauche, Mme C présente un préjudice esthétique permanent, lequel a été évalué à 1 sur une échelle allant de 0 à 7 par l'expert judiciaire. Dans ces circonstances, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en allouant à la requérante, compte tenu du partage de responsabilité précité, une somme de 500 euros.
17. Il résulte de tout ce qui précède que la Métropole européenne de Lille doit être condamnée à payer à Mme C la somme totale de 7 728,57 euros au titre de ses préjudices (500 + 1 000 + 500 + 2 700 + 627,38 + 1 788,69 + 612,50) et à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris la somme de 2 797,25 euros.
Sur les intérêts :
18. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". Il résulte de ces dispositions que lorsqu'ils sont demandés, et quelle que soit la date de la demande, les intérêts des indemnités allouées sont dus à compter du jour où la demande de réclamation de la somme principale est parvenue à la partie débitrice ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité.
19. La somme allouée à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 27 juillet 2023, date d'enregistrement de son mémoire, ainsi qu'il est demandé.
Sur les frais liés au litige :
En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :
20. Il résulte des dispositions du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale que le montant de l'indemnité forfaitaire qu'elles instituent est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un plafond dont le montant est révisé chaque année par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 23 décembre 2024 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 120 € et 1 212 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2025 ".
21. En application des dispositions précitées, il y a lieu de mettre à la charge de la Métropole européenne de Lille le versement à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris de la somme de 932,42 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
En ce qui concerne les dépens :
22. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens ". En vertu de ces dispositions, il appartient au juge saisi au fond du litige de statuer, au besoin d'office, sur la charge des frais de l'expertise ordonnée par la juridiction administrative.
23. Dans les circonstances de l'espèce et compte tenu du partage de responsabilité précité, il y a lieu de mettre les frais de l'expertise, liquidés à la somme de 314,90 euros par une ordonnance du 6 septembre 2021 et à la somme de 1 540 euros par une ordonnance du 13 mai 2022 de la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Lille, pour moitié à la charge définitive de la Métropole européenne de Lille, l'autre moitié restant à la charge de la requérante.
En ce qui concerne les frais exposés et non compris dans les dépens :
24. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme C et de la caisse primaire d'assurance maladie de Paris, les sommes que la Métropole européenne de Lille demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la Métropole européenne de Lille une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme C et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La Métropole européenne de Lille est condamnée à verser à Mme C la somme de 7 728,57 euros.
Article 2 : La Métropole européenne de Lille est condamnée à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris la somme de 2 797,25 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 27 juillet 2023.
Article 3 : La Métropole européenne de Lille versera à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris la somme de 932,42 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Article 4 : Les frais de l'expertise, liquidés à la somme de 1 854,90 euros, sont mis pour moitié à la charge définitive du la Métropole européenne de Lille et pour moitié à la charge de Mme C.
Article 5 : La Métropole européenne de Lille versera à Mme C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris et à la Métropole européenne de Lille.
Copie en sera adressée au docteur B A, expert.
Délibéré après l'audience du 22 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Cotte, président,
M. Fougères, premier conseiller,
M. Goujon, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 février 2025.
Le rapporteur,
signé
V. Fougères
Le président,
signé
O. Cotte
La greffière,
signé
J. Vandewyngaerde
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026