mercredi 2 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2206570 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | BESSONNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 août 2022, M. et Mme A B, représentés par Me Ihou, demandent au tribunal :
1) d'annuler la décision du 30 juin 2022 par laquelle le maire de la commune de Camphin-en-Pévèle a refusé de déplacer, aux frais de la commune, le lampadaire d'éclairage public situé devant le mur de leur maison ;
2) d'enjoindre à la commune de Camphin-en-Pévèle de déplacer le lampadaire d'éclairage public vers un lieu plus adapté, dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3) de condamner la commune de Camphin-en-Pévèle à leur verser la somme de 10 000 euros en réparation du préjudice de jouissance et du préjudice moral subis ;
4) de mettre à la charge de la commune de Camphin-en-Pévèle la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision du 30 juin 2022 constitue une discrimination et une rupture d'égalité entre les citoyens, car le maire de la commune a déjà accepté de déplacer un ouvrage public suite à la demande d'un autre habitant ;
- la décision du 30 juin 2022 est illégale en ce que le maire refuse que la commune prenne en charge les frais de déplacement du lampadaire alors que celui-ci est situé sur le domaine public communal ;
- l'existence et le positionnement du lampadaire leur cause un trouble anormal dans la jouissance de leur bien, car la lumière qu'il génère éclaire leur intérieur et son emplacement devant leur habitation dégrade l'esthétique de leur construction.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juin 2023, la commune de Camphin-en-Pévèle, représentée par Me Bessonnet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable, car d'une part elle est tardive dès lors qu'elle n'a pas été présentée dans le délai de deux mois à compter de la décision du 30 avril 2022 par laquelle le maire a rejeté la demande de M. et Mme B, et d'autre part ces derniers n'ont transmis à la commune aucune demande préalable d'indemnisation des préjudices qu'ils estiment avoir subis ;
- à titre subsidiaire, le préjudice allégué par les requérants n'est pas constitué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Goujon,
- les conclusions de Mme Bruneau, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bessonnet, représentant de la commune de Camphin-en-Pévèle.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B habitent la commune de Camphin-en-Pévèle (Nord). En août 2021, ils ont été informés par la commune de son intention de procéder à la réfection de leur rue. A cette occasion, ils lui ont demandé de déplacer le lampadaire d'éclairage public situé devant le mur de leur propriété. Après plusieurs échanges, le maire de la commune, dans un courrier daté 30 juin 2022, a confirmé son refus de prendre en charge ces travaux. Par la présente requête, M. et Mme B doivent être regardés comme demandant au tribunal d'enjoindre à la commune de déplacer le lampadaire à ses frais et de la condamner à réparer les préjudices occasionnés par l'emplacement actuel du lampadaire.
Sur le bien-fondé de la demande de déplacement du lampadaire d'éclairage public :
2. Les conclusions dirigées contre le refus d'enlever un ouvrage public irrégulièrement édifié sont absorbées par celles qui tendent à ce qu'il soit enjoint de l'enlever. Lorsqu'il est saisi d'une demande tendant à ce que soit ordonnée la démolition d'un ouvrage public dont il est allégué qu'il est irrégulièrement implanté par un requérant qui estime subir un préjudice du fait de l'implantation de cet ouvrage et qui en a demandé sans succès la démolition à l'administration, il appartient au juge administratif, juge de plein contentieux, de déterminer, en fonction de la situation de droit et de fait existant à la date à laquelle il statue, si l'ouvrage est irrégulièrement implanté, puis, si tel est le cas, de rechercher, d'abord, si eu égard notamment à la nature de l'irrégularité, une régularisation appropriée est possible, puis, dans la négative, de prendre en considération, d'une part les inconvénients que la présence de l'ouvrage entraîne pour les divers intérêts publics ou privés en présence, notamment, le cas échéant, pour le propriétaire du terrain d'assiette de l'ouvrage, d'autre part, les conséquences de la démolition pour l'intérêt général et d'apprécier, en rapprochant ces éléments, si la démolition n'entraîne pas une atteinte excessive à l'intérêt général.
3. Il résulte de l'instruction que le lampadaire d'éclairage public dont M. et Mme B demandent le déplacement est situé sur le domaine public de la commune de Camphin-en-Pévèle. Les requérants n'apportent aucun élément, ni même n'allèguent que ce lampadaire, situé devant le mur de leur propriété, aurait été implanté irrégulièrement. Aucun texte ni aucun principe n'impose à l'autorité administrative de déplacer un ouvrage public dont l'implantation est régulière, quand bien même, à supposer cette circonstance établie, elle l'aurait déjà fait par le passé en réponse à des demandes d'autres habitants pour des ouvrages de même nature. Dès lors, les conclusions à fin d'ordonner à la commune de déplacer à ses frais le lampadaire d'éclairage public situé devant le mur de la propriété de M. et Mme B doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
4. Le maître de l'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage n'est pas inhérent à l'existence même de l'ouvrage public ou à son fonctionnement et présente, par suite, un caractère accidentel. Par ailleurs, les préjudices qui n'excèdent pas les sujétions susceptibles d'être normalement imposées, dans l'intérêt général, aux riverains des ouvrages publics ne sont pas susceptibles d'ouvrir droit à indemnité.
5. Il résulte de l'instruction que le lampadaire d'éclairage public est implanté à plus de treize mètres de la façade de la maison de M. et Mme B et qu'il ne se situe pas au droit d'une fenêtre, mais à plus de six mètres sur le côté droit. Si M. et Mme B, tiers vis-à-vis de l'ouvrage, allèguent d'un préjudice causé par l'éclairage nocturne du lampadaire, celui-ci n'est pas établi. En outre, le préjudice esthétique lié à son emplacement n'excède pas les sujétions susceptibles d'être normalement imposées, dans l'intérêt général, aux riverains. Dès lors, les conclusions à fin d'indemnisation présentées par M. et Mme B ne peuvent être que rejetées.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions présentées par M. et Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Camphin-en-Pélève, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. et Mme B demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. et Mme B une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la commune de Camphin-en-Pélève et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : M. et Mme B verseront à la commune de Camphin-en-Pévèle une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A B et à la commune de Camphin-en-Pévèle.
Délibéré après l'audience du 11 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cotte, président,
M. Fougères, premier conseiller,
M. Goujon, conseiller
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2024.
Le rapporteur,
signé
J.-R. Goujon
Le président,
signé
O. CotteLa greffière,
signé
J. Vandewyngaerde
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026