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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2206777

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2206777

mercredi 12 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2206777
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation6ème chambre
Avocat requérantSCP SHBK AVOCATS SEGARD BRIOUT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 septembre 2022 et 22 février 2024, M. A B, représenté par Me Jouan, demande au tribunal :

1°) d'ordonner avant dire droit une expertise médicale sur l'opération de neurotomie pratiquée le 25 octobre 2012 par le centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Lille ;

2°) à titre subsidiaire, de condamner le CHRU de Lille à lui verser la somme de 33 673 euros en réparation des préjudices subis, assortie des intérêts au taux légal à compter du 9 février 2021 ;

3°) de mettre à la charge du CHRU de Lille les dépens et la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'expert désigné par l'ordonnance de référé du 11 mai 2021, n'a pas répondu à la question qui figurait dans sa mission, sur le point de savoir si l'opération pratiquée le 25 octobre 2012 par le CHRU de Lille était adaptée à son état de santé ; il ne permet pas davantage de déterminer si le geste opératoire a permis de révéler une pathologie déjà existante, ni d'apprécier l'existence d'un lien entre l'opération du 25 octobre 2012, l'accident vasculaire cérébral dont il a été victime le 8 janvier 2013, et la dégradation globale de son état santé survenue sur la même période ;

- en l'absence d'une nouvelle expertise, la responsabilité pour faute du CHRU de Lille est engagée à raison d'un défaut d'information, à l'occasion de l'opération du 25 octobre 2012, sur les risques encourus ;

- il en est résulté un préjudice d'impréparation qui peut être évalué à 10 000 euros, et une perte de chance d'éviter les préjudices qui sont la conséquence de l'opération chirurgicale pratiquée qui doit être fixée à 100 % ou, à défaut, à 80 % ;

- le montant global des préjudices résultant de la perte de chance s'élève à 23 673 euros et se décompose comme suit :

- 2 673 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;

- 8 000 euros au titre des souffrances endurées ;

- 6 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire ;

- 7 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent ;

montant auquel il convient d'ajouter 10 000 euros au titre du préjudice d'impréparation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 juillet 2023, le CHRU de Lille, représenté par Me Segard, conclut :

1) au rejet de la demande d'une nouvelle expertise ;

2) à la limitation de l'indemnité allouée à 2 000 euros correspondant au préjudice d'impréparation ou à titre subsidiaire à 7 765 euros, après application d'un taux de perte de chance de 50% pour les autres préjudices ;

3) à la limitation à 1 000 euros de la somme due à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- le rapport d'expertise établi le 11 octobre 2021 a répondu à l'ensemble des questions qui figurait dans la mission confiée par le tribunal et a apporté toutes les précisions nécessaires à l'appréciation de la responsabilité du CHRU de Lille ;

- les experts judiciaires ne retiennent pas de perte de chance de renoncer à l'intervention chirurgicale du 25 octobre 2012, mais uniquement un préjudice d'impréparation qui peut être évalué à 2 000 euros ;

- à titre subsidiaire, si une perte de chance devait être retenue, il conviendrait de la fixer à 50% et d'évaluer les préjudices du requérant comme suit :

- 715 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;

- 2 000 euros au titre des souffrances endurées ;

- 400 euros au titre du préjudice esthétique temporaire ;

- 2 650 euros au titre du déficit fonctionnel permanent ;

- 2 000 euros au titre du préjudice d'impréparation.

La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie de Roubaix-Tourcoing qui n'a pas présentée d'observations.

Vu :

- l'ordonnance n° 2100947 du 11 mai 2021, par laquelle la juge des référés a ordonné une expertise ;

- l'ordonnance n°2100947 du 14 juin 2021 par laquelle la magistrate désignée par le président du tribunal a désigné un sapiteur ;

- le rapport d'expertise établi par le docteur D E et le docteur G F et déposé au greffe du tribunal le 29 décembre 2021 ;

- les deux ordonnances de taxation n°2100947 du 5 janvier 2022 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Goujon,

- les conclusions de Mme Bruneau, rapporteure publique,

- et les observations de Me Drancourt, substituant Me Segard, représentant le centre hospitalier régional universitaire de Lille.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, né le 16 avril 1954, a été opéré en 1982 d'un méningiome pariétal gauche qui a eu pour conséquence des séquelles fonctionnelles sur sa jambe droite. A partir de 2009, la déficience de sa jambe s'aggravant, il a consulté, le 6 janvier 2012, le professeur C, chef du service d'orthopédie du centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Lille. Celui-ci a préconisé une neurotomie sélective du nerf tibial postérieur, qui a été réalisée le 25 octobre 2012. M. B a constaté, plusieurs jours après l'opération, que ses orteils se présentaient en griffe, et qu'il était sujet à des douleurs, ainsi qu'à une marche plus difficile. Le 8 janvier 2013, alors qu'il était pris en charge en hôpital de jour pour une rééducation, M. B a été victime d'un accident cardiovasculaire qui a aggravé ses difficultés. A partir de mars 2013, il a été traité par injection périodique de toxine botulique au niveau de sa jambe par les hôpitaux universitaires Paris Ile-de-France ouest.

2. Par une requête, enregistrée le 9 février 2021, M. B a saisi le tribunal administratif afin que soit prescrite une expertise. La magistrate en charge des référés, dans une ordonnance du 11 mai 2021, a désigné une experte, le Dr E, neurochirurgienne, et par une ordonnance du 14 juin 2021 a désigné un sapiteur, le Dr F, spécialiste en médecine physique et de réadaptation, qui ont déposé leur rapport au greffe le 29 décembre 2021. Par courrier du 6 juillet 2022, M. B a adressé une demande indemnitaire préalable au CHRU de Lille. En l'absence de réponse de celui-ci, M. B demande au tribunal la condamnation de l'établissement de santé à réparer ses préjudices.

Sur la demande d'expertise judiciaire :

3. Aux termes de l'article R. 621-1 du Code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. () ". Il appartient au juge, saisi d'une demande d'expertise dans le cadre d'une action en responsabilité du fait des conséquences dommageables d'un acte médical, d'apprécier son utilité au vu des pièces du dossier, et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée.

4. En l'espèce, le rapport d'expertise établi par les docteurs E et F, déposé au greffe du tribunal le 29 décembre 2021, a conclu que le choix d'une neurotomie radicellaire sélective par le CHRU de Lille était justifié par l'état de santé de M. B caractérisé par un varus équin spastique. Ainsi, le rapport d'expertise a bien répondu à la question du caractère adapté du traitement à sa situation médicale, contrairement à ce que soutient le requérant, d'autant que l'existence d'une leucopathie était déjà connue au jour de l'opération. Il résulte en outre de l'expertise que cette leucopathie a pour origine le traitement, notamment par radiothérapie, d'un méningiome opéré en 1982 et n'a aucun lien avec l'opération de neurotomie effectuée le 25 octobre 2012. De même, il n'est établi aucun lien entre l'opération en cause et l'accident vasculaire cérébral survenu le 8 janvier 2013, les experts relevant que " l'apraxie de la marche est le témoin de la dégénérescence encéphalique post radique, sans aucun lien direct avec le geste de neurotomie ". Si M. B soutient le contraire, il n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause les conclusions des deux experts. Ainsi, la mesure d'instruction demandée par le requérant ne présente pas de caractère utile. Par suite, la demande tendant au prononcé d'une nouvelle mesure d'expertise judiciaire doit être rejetée.

Sur la responsabilité du centre hospitalier régional universitaire de Lille :

5. Aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. () / Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. / Cette information est délivrée au cours d'un entretien individuel. / () / En cas de litige, il appartient au professionnel ou à l'établissement de santé d'apporter la preuve que l'information a été délivrée à l'intéressé dans les conditions prévues au présent article. Cette preuve peut être apportée par tout moyen. ".

6. Il résulte de ces dispositions que doivent être portés à la connaissance du patient, préalablement au recueil de son consentement à l'accomplissement d'un acte médical, les risques connus de cet acte qui, soit présentent une fréquence statistique significative, quelle que soit leur gravité, soit revêtent le caractère de risques graves, quelle que soit leur fréquence. En cas de manquement à cette obligation d'information, si l'acte de diagnostic ou de soin entraîne pour le patient, y compris s'il a été réalisé conformément aux règles de l'art, un dommage en lien avec la réalisation du risque qui n'a pas été porté à sa connaissance, la faute commise en ne procédant pas à cette information engage la responsabilité de l'établissement de santé à son égard, pour sa perte de chance de se soustraire à ce risque en renonçant à l'opération .Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction, compte tenu de ce qu'était l'état de santé du patient et son évolution prévisible en l'absence de réalisation de l'acte, des alternatives thérapeutiques qui pouvaient lui être proposées ainsi que de tous autres éléments de nature à révéler le choix qu'il aurait fait, qu'informé de la nature et de l'importance de ce risque, il aurait consenti à l'acte en question.

7. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et le CHRU de Lille l'admet d'ailleurs en défense, que M. B n'a pas été informé, avant l'opération de neurotomie du 25 octobre 2012, du risque de survenance d'une griffe des orteils et de douleurs neurologiques. Si le rapport d'expertise indique que la fréquence du risque de survenue d'une griffe des orteils après une neurotomie n'est pas chiffrée dans la littérature scientifique, il précise toutefois qu'il s'agit d'un risque connu de ce type d'opération. Dès lors, il convient de considérer qu'il présente une fréquence statistique significative. Par suite, la responsabilité pour faute du CHRU de Lille est engagée à l'égard de M. B en raison du manquement à son obligation d'information.

8. En second lieu, il résulte de l'instruction que le dommage dont M. B demande réparation est en lien avec la réalisation du risque de griffe des orteils qui n'a pas été porté à sa connaissance. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que si le requérant avait une gêne motrice qui s'était dégradée progressivement à partir de 2009, il menait, à la veille de l'opération, une vie normale et pratiquait des activités physiques comme le ski. Il n'est ainsi pas établi qu'il aurait réalisé cette opération chirurgicale qui ne présentait pas un caractère impérieux au vu de son état de santé, s'il avait été informé du risque de griffe des orteils et de gêne dans la marche. De plus, il existait pour ses problèmes de marche un traitement par toxine botulique, qui aurait pu lui être proposé à la place de l'opération de neurotomie et qu'il aurait sans doute accepté, même si son résultat n'était que temporaire, l'objectif premier de M. B étant, à cinquante-huit ans, de poursuivre son activité professionnelle de directeur de projet dans une société l'amenant à de nombreux déplacements à l'étranger. Dans ces conditions, et alors même que l'opération aurait été inéluctable à long terme, le requérant aurait raisonnablement pu renoncer à une telle intervention chirurgicale ou choisir une alternative thérapeutique. En manquant à son devoir d'information auprès de M. B, le CHRU de Lille lui a ainsi fait perdre une chance de se soustraire au risque réalisé, qu'il convient de fixer, au regard des éléments précités, à 80%.

Sur l'évaluation des préjudices :

9. Il résulte des conclusions du rapport d'expertise, et il n'est pas contesté, que la date de consolidation doit être fixée au 30 juillet 2013.

En ce qui concerne les préjudices temporaires :

10. En premier lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise, qu'il était prévu dans le cadre de l'opération de neurotomie et en dehors de toute complication, une hospitalisation complète de quatre jours, soit du 24 au 27 octobre 2012, puis une rééducation de trois semaines en hôpital de jour, soit jusqu'au 17 novembre 2012. Le déficit fonctionnel temporaire, en lien avec la survenue de la griffe des orteils, que M. B a subi a été de 75 % du 18 novembre 2012 au 9 janvier 2013, soit 53 jours, puis de 25 % pour la période du 10 janvier au 29 juillet 2013, soit 201 jours. En retenant un taux journalier d'indemnisation de 15 euros, il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel temporaire subi durant cette période en le fixant à la somme de 1 080 euros, après application du taux de perte de chance de 80 % (0,8 x 53 x 15 x 0,75 + 0,8 x 201 x 15 x 0,25).

11. En deuxième lieu, M. B a subi des souffrances évaluées par les experts à 3,5 sur une échelle de 0 à 7 en lien avec les douleurs liées à la griffe des orteils et le préjudice psychologique en raison du retentissement sur sa qualité de vie. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à la somme de 4 330 euros, après application du taux de perte de chance de 80 %.

12. En troisième lieu, il résulte de l'instruction qu'à la suite de l'opération de neurotomie et jusqu'au 30 juillet 2013, M. B a présenté des difficultés à marcher, l'amenant à boiter, et a dû utiliser une canne de manière continue. Il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique temporaire en le fixant à la somme de 1 260 euros, après application du taux de perte de chance de 80 %.

En ce qui concerne le déficit fonctionnel permanent :

13. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que M. B a un déficit fonctionnel permanent fixé à 5%, en lien avec l'opération de neurotomie réalisée le 25 octobre 2012, du fait de la nécessité de recevoir régulièrement des injonction de toxines botuliques pour contrôler la griffe des orteils et de sa souffrance psychique. En tenant compte de ce taux de 5 %, de son âge à la consolidation, à savoir 59 ans, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à la somme de 4 280 euros, après application du taux de perte de chance de 80 %.

En ce qui concerne le préjudice d'impréparation :

14. Indépendamment de la perte d'une chance de refuser l'intervention, le manquement des médecins à leur obligation d'informer le patient des risques courus ouvre pour l'intéressé, lorsque ces risques se réalisent, le droit d'obtenir réparation des troubles qu'il a subis du fait qu'il n'a pas pu se préparer à cette éventualité. S'il appartient au patient d'établir la réalité et l'ampleur des préjudices qui résultent du fait qu'il n'a pas pu prendre certaines dispositions personnelles dans l'éventualité d'un accident, la souffrance morale qu'il a endurée lorsqu'il a découvert, sans y avoir été préparé, les conséquences de l'intervention doit, quant à elle, être présumée.

15. M. B se prévaut de son profond désarroi lors de la survenue d'une griffe des orteils auquel il n'a pas pu se préparer en raison du défaut d'information par le CHRU de Lille, comme il a été exposé au point 5. Il résulte de l'instruction que ce dommage qui a entrainé des difficultés pour se déplacer a eu un retentissement particulier sur M. B qui avait fait de la poursuite de son activité professionnelle sa priorité. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 3 000 euros.

16. Il résulte de tout ce qui précède que la somme totale due par le CHRU de Lille à M. B doit être portée à la somme de 13 950 euros (1 080+ 4 330 + 1 260 + 4 280 + 3 000).

Sur les intérêts :

17. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". Il résulte de ces dispositions que lorsqu'ils sont demandés, et quelle que soit la date de la demande, les intérêts des indemnités allouées sont dus à compter du jour où la demande de réclamation de la somme principale est parvenue à la partie débitrice ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité.

18. Il résulte de l'instruction que la demande indemnitaire préalable présentée par M. B a été reçue par le CHRU de Lille le 11 juillet 2022. Par suite, et alors que M. B n'est pas fondé à demander que les intérêts courent à compter de l'introduction de sa requête en référé expertise, il y a lieu de faire droit à sa demande d'intérêt à compter du 11 juillet 2022.

Sur les frais liés au litige :

En ce qui concerne les dépens :

19. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / (). "

20. Il y a lieu de mettre à la charge du CHRU de Lille, les frais et honoraires de l'expertise liquidés à la somme totale de 1 600 euros, par deux ordonnances du 5 janvier 2022 de la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Lille.

En ce qui concerne les frais non compris dans les dépens :

21. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHRU de Lille une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier régional universitaire de Lille est condamné à verser à M. B la somme de 13 950 euros, avec intérêts aux taux légal à compter du 11 juillet 2022.

Article 2 : Les dépens, qui comprennent les honoraires et frais d'expertise, liquidés par deux ordonnances du tribunal administratif de Lille du 5 janvier 2022 pour un montant de 1 600 euros, sont mis à la charge définitive du centre hospitalier régional universitaire de Lille.

Article 3 : Le centre hospitalier régional universitaire de Lille versera à M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au centre hospitalier régional universitaire de Lille et à la caisse primaire d'assurance maladie de Roubaix-Tourcoing.

Copie en sera adressée aux docteurs E et F, experts.

Délibéré après l'audience du 22 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

M. Cotte, président,

M. Fougères, premier conseiller,

M. Goujon, conseiller

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 février 2025.

Le rapporteur,

signé

J.-R. Goujon

Le président,

signé

O. Cotte La greffière,

signé

J. Vandewyngaerde

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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