jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2206982 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP ROSSEEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 septembre 2022 et 30 avril 2024, M. B A, représentée par Me Bastin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 24 septembre 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Dunkerque l'a suspendu de ses fonctions à compter du même jour et la décision implicite de rejet de son recours gracieux à l'encontre de cette décision ;
2°) d'annuler le titre exécutoire du 25 novembre 2021 d'un montant de 555,14 euros, émis à son encontre au motif d'un trop-perçu de rémunération au mois de septembre 2021 et de le décharger de la somme mentionnée sur ce titre ;
3°) d'annuler l'avis à tiers détenteur du 21 avril 2022 émis pour le recouvrement du titre exécutoire précité par le centre des finances publiques de Dunkerque et les poursuites en résultant, et la décision implicite de rejet de son recours gracieux à l'encontre de cet avis, du 30 juillet 2022 ;
4°) d'enjoindre au centre hospitalier de Dunkerque de lui payer son traitement sur sa période de congé maladie du 24 septembre 2021 au 25 octobre 2021, assorti des intérêts au taux légal à compter de la date de réception de sa demande indemnitaire préalable et de leur capitalisation ;
5°) d'enjoindre au centre hospitalier de Dunkerque de rétablir le versement de son traitement à compter du 26 octobre 2021 jusqu'au 15 mai 2023, assorti des intérêts au taux légal à compter de la date de réception de sa demande indemnitaire préalable et de leur capitalisation ;
6°) de condamner le centre hospitalier de Dunkerque à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation des préjudices subis ;
7°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Dunkerque et de l'Etat le versement à Me Bastin, avocate de M. A, de la somme de 2 000 euros chacun, au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision de suspension du 24 septembre 2021 est susceptible d'une exception d'illégalité dans la mesure où elle n'a pas acquis un caractère définitif et ne lui ayant pas été régulièrement notifiée, il l'attaque dans un délai raisonnable ;
- il soulève l'exception " d'illégalité " de la loi du 5 août 2021 et de ses décrets d'application ;
- la décision de suspension du 24 septembre 2021 a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- la décision implicite de rejet de son recours gracieux contre cette décision a été prise par une autorité incompétente et n'est pas motivée ;
- la décision de suspension du 24 septembre 2021 présente le caractère d'une sanction disciplinaire prise sans qu'il n'ait pu bénéficier du maintien de son traitement prévu par l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 et a été prise en méconnaissance des garanties attachées à la procédure disciplinaire ainsi qu'au principe du respect des droits de la défense ;
- elle crée une inégalité de traitement entre les agents ;
- elle est illégale du fait de l'absence de contre-visite pendant son congé maladie ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dans l'application des articles 12 et 14 de la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021, relative à la gestion de la crise sanitaire, du code de la santé publique, du code de la sécurité sociale, du statut du fonctionnaire et de la convention collective de la fonction publique hospitalière, l'administration ne pouvant pas légalement suspendre de ses fonctions un agent placé en congé de maladie, comme il l'était entre le 14 septembre 2021 et le 25 octobre 2021 ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a été ni informé ni mis en mesure d'utiliser ses jours de congés d'une part et qu'il n'a pas été convoqué afin d'examiner les moyens de régulariser sa situation en méconnaissance de l'article 1er de la loi du 5 août 2021 d'autre part ;
- elle est illégale dès lors qu'elle se fonde sur une loi du 5 août 2021 qui est inapplicable en l'absence d'un avis de la Haute autorité de santé et d'un décret d'application ;
- elle porte atteinte au principe de non-discrimination en raison de l'état de santé en méconnaissance du règlement (UE) 2021/953 du Parlement européen et du Conseil du 14 juin 2021 et des articles 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle constitue un moyen de pression tendant à lui imposer de se vacciner sans son consentement, en méconnaissance de la recommandation du comité des ministres aux États membres sur les devoirs juridiques des médecins vis-à-vis de leurs patients du 26 mars 1985, de la charte européenne des droits des patients, des article 5 et 26 de la convention d'Oviedo du 4 avril 1997, de l'article 14 du protocole additionnel à la convention d'Oviedo du 25 janvier 2005, de la directive 2004/23/CE du Parlement européen et du Conseil du 31 mars 2004 et du 2° de l'article 3 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle est illégale dès lors qu'elle lui impose de participer, sans son consentement éclairé, à un essai clinique en méconnaissance de l'article 16 de la convention d'Oviedo du 4 avril 1997, de l'article 7 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1966, de l'article 28 du règlement (UE) 536/2014 du Parlement européen et du Conseil du 16 avril 2014 et des articles 2, 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle constitue une ingérence dans l'exercice du droit au respect de la vie privée garanti par les stipulations des articles 2, 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est disproportionnée par rapport au but de protection de la santé ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que la suspension indéfinie de traitement le place dans une situation de précarité et qu'elle est manifestement disproportionnée quant aux buts poursuivis par la loi du 5 août 2021 ;
- le titre exécutoire du 25 novembre 2021 n'est pas motivé ;
- il crée une inégalité de traitement entre les agents ;
- il est illégal par voie de conséquence du refus d'indemnisation de son congé maladie ;
- il a été pris en méconnaissance des garanties attachées à la procédure disciplinaire ainsi qu'au principe du respect des droits de la défense ;
- il est disproportionné par rapport au but de protection de la santé ;
- l'avis à tiers détenteur du 21 avril 2022 ne lui a pas été régulièrement notifié ;
- il a été pris par une autorité incompétente ;
- la décision implicite de rejet de son recours administratif à l'encontre de cet avis a été prise par une autorité incompétente et n'est pas motivée ;
- le courrier de notification de cet avis n'est pas motivé ;
- l'avis à tiers détenteur attaqué a été pris en méconnaissance des garanties attachées à la procédure disciplinaire ainsi qu'au principe du respect des droits de la défense ;
- il est illégal par voie de conséquence du refus d'indemnisation de son congé maladie ;
- il crée une illégalité de traitement entre les agents ;
- la décision implicite de rejet de son recours administratif à son encontre est illégale du fait de sa rétroactivité par rapport à son application pour recouvrer un salaire sur la période du 24 au 30 septembre 2021 ;
- l'avis à tiers détenteur attaqué est disproportionné par rapport au but de protection de la santé ;
- il a subi un préjudice financier du fait de la privation de son traitement depuis le 24 septembre 2021 ;
- il a subi un préjudice moral et psychologique important par la discrimination dont il fait l'objet, étant traité à part, poursuivi par l'administration, et dans l'irrespect total des obligations légales et conventionnelles de l'employeur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 novembre 2022, le centre des finances publiques de Dunkerque conclut à l'incompétence du juge administratif sur les conclusions à fin d'annulation de l'avis à tiers détenteur du 21 avril 2022, et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux à l'encontre de cet avis, s'agissant d'un contentieux de recouvrement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2024, le centre hospitalier de Dunkerque, représenté par Me Rosseel, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. A de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conclusions à fin d'annulation de la décision du 24 septembre 2021 sont irrecevables pour tardiveté ;
- les conclusions à fin de versement de son traitement entre le 24 septembre 2021 et le 25 octobre 2021 sont irrecevables à défaut de demande indemnitaire préalable ;
- à titre subsidiaire, sur la demande de versement de son traitement sur la période du 14 septembre au 25 octobre 2021, M. A doit être renvoyé devant son établissement pour la liquidation des sommes éventuellement dues à ce titre ;
- en tout état de cause, les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, par application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité pour tardiveté des conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet, du 16 juillet 2022, du recours gracieux de M. A à l'encontre de la décision du 24 septembre 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Dunkerque l'a suspendu de ses fonctions à compter du même jour et jusqu'à production d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination répondant aux conditions définies par le décret n° 2021-699 du 1er juin 2021.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la convention sur les droits de l'homme et la biomédecine signée à Oviedo le 4 avril 1997 ;
- le pacte international relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1966 ;
- le règlement (UE) 536/2014 du Parlement européen et du Conseil du 16 avril 2014 ;
- le règlement (UE) 2021/953 du Parlement européen et du Conseil du 14 juin 2021 ;
- la directive 2004/23/CE du 31 mars 2004 ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021 ;
- le décret n° 2021-699 du 1er juin 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jaur,
- les conclusions de Mme Courtois, rapporteure publique,
- les observations de Me Bastin, avocate de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, infirmier-anesthésiste au centre hospitalier de Dunkerque, a été suspendu de ses fonctions sans rémunération à compter du 24 septembre 2021 et jusqu'à production d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination répondant aux conditions définies par le décret n° 2021-699 du 1er juin 2021, par une décision du directeur de cet établissement du 24 septembre 2021, alors qu'il était placé en congé maladie entre le 14 septembre 2021 et le 25 octobre 2021. Le directeur de cet établissement a, le 25 novembre 2021, émis et rendu exécutoire à l'encontre de M. A, un titre de recettes d'un montant de 555,14 euros au motif d'un trop-perçu de rémunération du mois de septembre 2021, pour la période du 24 au 30 septembre 2021. Le trésorier du centre hospitalier a ensuite émis le 21 avril 2022, un avis à tiers détenteur en vue de recouvrer ce trop-perçu de rémunération demeurant à sa charge à la suite du titre exécutoire du 25 novembre 2021. Par recours gracieux du 13 mai 2022 réceptionné par le centre hospitalier de Dunkerque le 16 mai 2022, M. A a demandé " l'indemnisation de son arrêt maladie ", sa réintégration ou son reclassement temporaire en raison de son inaptitude médicale temporaire et des dommages et intérêts en réparation des préjudices subis à hauteur de 5 000 euros. Une décision implicite de rejet de ce recours est née le 16 juillet 2022. Par un autre recours gracieux du 24 mai 2022, réceptionné par le centre des finances publiques de Dunkerque le 30 mai 2022, M. A a contesté l'avis à tiers détenteur du 21 avril 2022. Une décision implicite de rejet de ce recours est née le 30 juillet 2022. M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 24 septembre 2021 et la décision implicite de rejet de son recours gracieux à l'encontre de cette décision, du 16 juillet 2022, le titre exécutoire du 25 novembre 2021 et l'avis à tiers détenteur du 21 avril 2022 et la décision implicite de rejet de son recours gracieux à l'encontre de cet avis, du 30 juillet 2022, d'enjoindre au centre hospitalier de Dunkerque de lui verser son traitement sur sa période de congé maladie, de lui rétablir le versement de son traitement à compter du 26 octobre 2021 jusqu'au 15 mai 2023 et de condamner le centre hospitalier de Dunkerque à lui verser une somme de 5 000 euros en réparation des préjudices subis.
Sur l'exception d'incompétence de la juridiction administrative :
2. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction résultant de la loi n° 2017-1775 du 28 décembre 2017 de finances rectificative pour 2017, " Les dispositions du présent article s'appliquent également aux établissements publics de santé. / 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / [] / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. [] ".
3. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction résultant de la loi du 28 décembre 2017, " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / [] / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : / [] / c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution. "
4. Il ressort de ces dispositions que l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des établissements publics de santé est de la compétence du juge de l'exécution, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances est de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond.
5. M. A a saisi la juridiction administrative d'une demande d'annulation de l'avis à tiers détenteur du 21 avril 2022 émis pour le recouvrement du titre exécutoire du 25 novembre 2021, par le centre des finances publiques de Dunkerque, pour le recouvrement d'un indu de rémunération pour la période du 24 au 30 septembre 2021 et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux à l'encontre de cet avis, du 30 juillet 2022.
6. M. A critique tant la régularité en la forme de l'avis à tiers détenteur que le bien-fondé de la créance dont cet avis tendait à assurer le recouvrement. Ses conclusions tendant à l'annulation de l'avis à tiers détenteur doivent être regardées comme tendant également à l'annulation, qu'il demande également, du titre de recettes émis le 25 novembre 2021. En tant qu'elles tendent seulement à l'annulation de l'avis à tiers détenteur, les conclusions de M. A sont portées devant une juridiction incompétente pour en connaître et ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées. Par suite, l'exception d'incompétence opposée par le centre des finances de Dunkerque doit être accueillie.
Sur les conclusions à fins d'annulation et de décharge :
En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier de Dunkerque :
7. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / () ". Aux termes de l'article L. 411-2 du même code : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai. () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 24 septembre 2021, qui comportait la mention des voies et délais de recours, par laquelle le directeur du centre hospitalier de Dunkerque a suspendu M. A de ses fonctions à compter du même jour et jusqu'à production d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination répondant aux conditions définies par le décret n° 2021-699 du 1er juin 2021, lui a été notifiée par lettre recommandée avec avis de réception, au plus tard le 24 septembre 2021, date à laquelle il a écrit un courrier pour demander des éclaircissements. Le recours gracieux du 24 septembre 2021 de M. A à l'encontre de la décision du même jour a été réceptionné par le centre hospitalier de Dunkerque le 27 septembre 2021. Ce recours a ainsi été implicitement rejeté le 27 novembre 2021, prorogeant le délai de recours contentieux jusqu'au 28 janvier 2022 à minuit. À supposer encore que le courrier de M. A du 13 mai 2022 réceptionné par le centre hospitalier de Dunkerque le 16 mai 2022, soit regardé comme un recours gracieux initial à l'encontre de la décision du 24 septembre 2021, il a été introduit postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux et par conséquence, il n'a pu avoir pour effet de proroger ce délai. Par conséquent la requête introduite le 15 septembre 2022, a, en tout état de cause, été enregistrée après l'expiration du délai de recours contentieux. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 24 septembre 2021 sont tardives et la fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier de Dunkerque doit être accueillie.
En ce qui concerne la tardiveté des conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet du 16 juillet 2022 :
9. Ainsi qu'il a été dit au point 8, le recours gracieux de M. A du 13 mai 2022 à l'encontre de la décision du 24 septembre 2021, réceptionné par le centre hospitalier de Dunkerque le 16 mai 2022, a été introduit postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux à l'encontre de la décision du 24 septembre 2021. Les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet du 16 juillet 2022, décision purement confirmative de la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration sur son premier recours administratif reçu le 27 septembre 2021, sont tardives et par suite, irrecevables.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation du titre exécutoire du 25 novembre 2021 :
10. D'une part, aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière alors en vigueur : " Le fonctionnaire en activité à droit : / () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévues en application de l'article 42 ".
11. D'autre part, aux termes de l'article 14 de la loi du 5 août 2021 : " I. - () / B - A compter du 15 septembre 2021, les personnes mentionnées au I de l'article 12 ne peuvent plus exercer leur activité si elles n'ont pas présenté les documents mentionnés au I de l'article 13 ou, à défaut, le justificatif de l'administration des doses de vaccins requises par le décret mentionné au II de l'article 12. / Par dérogation au premier alinéa du présent B, à compter du 15 septembre 2021 et jusqu'au 15 octobre 2021 inclus, sont autorisées à exercer leur activité les personnes mentionnées au I de l'article 12 qui, dans le cadre d'un schéma vaccinal comprenant plusieurs doses, justifient de l'administration d'au moins une des doses requises par le décret mentionné au II du même article 12, sous réserve de présenter le résultat, pour sa durée de validité, de l'examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination par la covid-19 prévu par le même décret. () III. - Lorsque l'employeur constate qu'un agent public ne peut plus exercer son activité en application du I, il l'informe sans délai des conséquences qu'emporte cette interdiction d'exercer sur son emploi ainsi que des moyens de régulariser sa situation. L'agent public qui fait l'objet d'une interdiction d'exercer peut utiliser, avec l'accord de son employeur, des jours de congés payés. A défaut, il est suspendu de ses fonctions ou de son contrat de travail. / La suspension mentionnée au premier alinéa du présent III, qui s'accompagne de l'interruption du versement de la rémunération, prend fin dès que l'agent public remplit les conditions nécessaires à l'exercice de son activité prévues au I (). Elle ne peut être assimilée à une période de travail effectif pour la détermination de la durée des congés payés ainsi que pour les droits acquis par l'agent public au titre de son ancienneté. Pendant cette suspension, l'agent public conserve le bénéfice des garanties de protection sociale complémentaire auxquelles il a souscrit () ".
12. Il résulte des dispositions précitées que si le directeur d'un centre hospitalier peut légalement prendre une mesure de suspension à l'égard d'un agent qui ne satisfait pas à l'obligation vaccinale contre la covid-19 alors que cet agent est en congé de maladie, cette mesure et la suspension de traitement qui lui est associée ne peuvent toutefois entrer en vigueur qu'à compter de la date à laquelle prend fin le congé de maladie de l'agent en question.
13. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. A a été placé en congé de maladie à compter du 14 septembre 2021 jusqu'au 25 octobre 2021. M. A était ainsi placé en congé de maladie quand il a été suspendu de ses fonctions sans traitement pour non-respect de son obligation vaccinale, le 24 septembre 2021. Or, il résulte de ce qui a été dit au point précédent, que M. A ne pouvait être légalement suspendu de son traitement qu'à compter de la date à laquelle prendrait fin son congé de maladie, à savoir le 25 octobre 2021. D'autre part, il ressort aussi des pièces du dossier que le titre exécutoire du 25 novembre 2021 d'un montant de 555,14 euros, émis à son encontre au motif d'un trop-perçu de rémunération du mois de septembre 2021, correspond à une période de suspension, du 24 au 30 septembre 2021, durant laquelle M. A était placé en congé maladie. Par suite, la créance résultant du titre exécutoire du 25 novembre 2021 n'est pas fondée. Dans ses conditions, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés par M. A à son encontre, ce dernier est fondé à demander l'annulation du titre exécutoire du 25 novembre 2021 et la décharge de la somme mentionnée dans ce titre.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier de Dunkerque :
14. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / () ".
15. Il résulte de l'instruction que par courrier du 13 mai 2022 réceptionné par le centre hospitalier de Dunkerque le 16 mai 2022, M. A a sollicité " l'indemnisation de (s)on arrêt maladie ayant démarré le 14 septembre 2021 ". Par suite, la fin de non-recevoir tirée de ce que le contentieux n'est pas lié sur le paiement de cette somme, doit être écartée.
En ce qui concerne le paiement du traitement entre le 24 septembre 2021 et le 25 octobre 2021 :
16. Ainsi qu'il a été dit au point 12, la suspension de traitement associée à une mesure de suspension à l'égard d'un agent qui ne satisfait pas à l'obligation vaccinale contre la covid-19, ne peut entrer en vigueur qu'à compter de la date à laquelle prend fin le congé de maladie de l'agent en question. D'une part, la suspension de traitement de M. A ne pouvait entrer en vigueur qu'à compter du 26 octobre 2021. D'autre part, ainsi qu'il a été dit au point 13, en conséquence de l'annulation du titre exécutoire du 25 novembre 2021, émis à son encontre au motif d'un trop-perçu de rémunération correspondant à la période de suspension, du 24 au 30 septembre 2021, M. A est déchargé de la somme mentionnée dans ce titre. Par suite, il y a lieu seulement de condamner le centre hospitalier de Dunkerque à lui verser son traitement sur sa période de congé maladie du 1er octobre 2021 au 25 octobre 2021.
17. M. A a droit aux intérêts au taux légal correspondant à la rémunération mentionnée au point précédent, et ce, à compter du 16 mai 2022, date de réception de sa demande indemnitaire par le centre hospitalier de Dunkerque.
18. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée pour la première fois lors du dépôt de la requête, le 15 septembre 2022. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 16 mai 2023, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
En ce qui concerne le paiement du traitement entre le 26 octobre 2021 et le 15 mai 2023 :
19. En premier lieu, le préjudice allégué ne saurait en tout état de cause être regardé comme la conséquence directe des moyens d'incompétence et d'insuffisance de motivation qui auraient pu entacher la décision de suspension à compter du 26 octobre 2021.
20. En deuxième lieu, la mesure de suspension prise dans l'intérêt du service, qui est limitée à la période au cours de laquelle l'intéressé s'abstient de se conformer aux obligations qui sont les siennes en application des dispositions précitées, se borne à constater que l'agent ne remplit pas les conditions légales pour exercer son activité. Elle ne présente pas le caractère d'une sanction disciplinaire et n'a dès lors pas à être précédée de la mise en œuvre des garanties attachées à la procédure disciplinaire ainsi qu'au principe du respect des droits de la défense.
21. En troisième lieu, il ressort des dispositions précitées du III de l'article 14 de la loi du 5 août 2021 que l'employeur, qui constate que l'agent ne peut plus exercer son activité en application du I du même article, informe celui-ci sans délai des conséquences qu'emporte cette interdiction d'exercer sur son emploi, ainsi que des moyens de régulariser sa situation. Cette information, qui doit intervenir à compter du constat d'impossibilité d'exercer de l'agent, est nécessairement personnelle et préalable à l'édiction de la mesure de suspension. Toutefois, cette procédure d'information préalable n'impose nullement une obligation pour l'employeur de tenir un entretien. Par ailleurs, il ressort des dispositions précitées qu'eu égard aux objectifs poursuivis par le législateur et aux obligations qui pèsent sur les établissements de santé en matière de protection des personnes vulnérables, les moyens de régulariser sa situation ne peuvent que concerner les modalités par lesquelles les personnes qui y exercent leur activité s'engagent dans un processus de vaccination. La faculté qui est offerte à l'agent d'utiliser des jours de congés payés, sous réserve de l'accord de son employeur, n'a que pour objet de permettre à l'agent de différer la date d'effet de la mesure de suspension découlant de l'impossibilité dans laquelle il s'est placé d'exercer ses fonctions, mais n'est pas une modalité de régularisation de la situation de l'agent au regard de son obligation vaccinale.
22. En quatrième lieu, la décision par laquelle le directeur du centre hospitalier de Dunkerque a suspendu M. A de ses fonctions sans traitement jusqu'à la production d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination n'est pas fondée sur l'état de santé de l'intéressé, mais sur le non-respect de l'obligation vaccinale imposée par les dispositions de la loi du 5 août 2021. La réglementation issue de la loi du 5 août 2021 s'applique de manière identique à l'ensemble des personnes qui exercent leur activité professionnelle au sein des établissements de santé, qu'elles fassent ou non partie du personnel soignant, elle ne crée donc aucune inégalité de traitement entre les agents.
23. En cinquième lieu, le préjudice allégué ne saurait en tout état de cause être regardé comme la conséquence directe de l'exception d'illégalité de loi du 5 août 2021 qui serait inapplicable en l'absence d'un avis de la Haute autorité de santé et d'un décret d'application.
24. En sixième lieu, d'une part, si le requérant entend exciper de l'inconventionnalité de la loi du 5 août 2021, compte tenu de l'effet direct des règlements européens en droit interne dont le contrôle du respect est dévolu aux juges administratifs et judiciaires, pour attaquer la décision litigieuse, qui porterait atteinte au principe de non-discrimination en raison de l'état de santé tel qu'il est protégé par le règlement européen n° 2021/953 du 14 juin 2021, il ressort de l'objet même de ce règlement européen, relatif à un cadre pour la délivrance, la vérification et l'acceptation de certificats COVID-19 interopérables de vaccination, de test et de rétablissement (certificat COVID numérique de l'UE) afin de faciliter la libre circulation pendant la pandémie de COVID-19, qu'il ne concerne que le droit de circuler et de séjourner librement sur le territoire des Etats membres.
25. D'autre part, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Le droit à l'intégrité physique fait partie du droit au respect de la vie privée au sens de ces stipulations, telles que la Cour européenne des droits de l'homme les interprète. Une vaccination obligatoire constitue une ingérence dans ce droit, qui peut être admise si elle remplit les conditions du paragraphe 2 de l'article 8 et, notamment, si elle est justifiée par des considérations de santé publique et proportionnée à l'objectif poursuivi. Il doit ainsi exister un rapport suffisamment favorable entre, d'une part, la contrainte et le risque présentés par la vaccination pour chaque personne vaccinée et, d'autre part, le bénéfice qui en est attendu tant pour cet individu que pour la collectivité dans son entier, y compris ceux de ses membres qui ne peuvent être vaccinés en raison d'une contre-indication médicale, compte tenu à la fois de la gravité de la maladie, de son caractère plus ou moins contagieux, de l'efficacité du vaccin et des risques ou effets indésirables qu'il peut présenter.
26. Enfin, aux termes des stipulations de l'article 14 de la convention européenne des droits de l'homme : " La jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente convention doit être assurée, sans distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l'origine nationale ou sociale, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation ". Au regard de ce qui a été dit aux points précédents, et dès lors que le requérant se borne à soutenir qu'une discrimination est instituée en raison de l'état de santé, la décision de suspension ne crée aucune discrimination prohibée par les dispositions de l'article 14 précitées. Le centre hospitalier de Dunkerque, se limitant à constater que l'agent ne remplit pas ses conditions d'exercice, ne peut être regardé comme prenant une mesure discriminatoire.
27. En septième lieu, M. A n'est pas fondé à soutenir que, par la décision de suspension à compter du 26 octobre 2021, son consentement éclairé a été méconnu dès lors qu'il n'a pas été vacciné. S'il soutient que l'obligation vaccinale instituée par la loi du 5 août 2021 méconnaît diverses conventions internationales et textes internationaux, notamment les dispositions du pacte international relatif aux droits civils et politiques, les stipulations de la convention d'Oviedo et la directive n° 2004/23/CE du 31 mars 2004, en tant qu'elle méconnaîtrait le consentement libre et éclairé nécessaire à toute intervention médicale, la loi du 5 août 2021 n'a pas eu pour effet de le contraindre à être vacciné sans son consentement.
28. En huitième lieu, il est constant que les vaccins contre la Covid-19 utilisés en France ont fait l'objet d'une autorisation de mise sur le marché par l'Agence européenne du médicament. Si l'autorisation est conditionnelle, la vaccination obligatoire n'a pas pour autant le caractère d'une expérimentation médicale ou d'un essai clinique, lesquels au surplus obéissent à d'autres fins. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision de suspension méconnaîtrait les principes de consentement auxquels sont subordonnés de tels expérimentations et essais, notamment ceux de la convention sur les droits de l'homme et la biomédecine signée à Oviedo le 4 avril 1997, de l'article 3 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, de l'article 7 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1966 et de l'article 28 du règlement (UE) 536/2014 du Parlement européen et du Conseil du 16 avril 2014.
29. En neuvième lieu, l'article 12 de la loi du 5 août 2021 a défini le champ de l'obligation de vaccination contre la Covid-19 en retenant, notamment, un critère géographique pour y inclure les personnes exerçant leur activité dans un certain nombre d'établissements, principalement les établissements de santé et des établissements sociaux et médico-sociaux, ainsi qu'un critère professionnel pour y inclure les professionnels de santé afin, à la fois, de protéger les personnes accueillies par ces établissements qui présentent une vulnérabilité particulière au virus de la Covid-19 et d'éviter la propagation du virus par les professionnels de santé dans l'exercice de leur activité qui, par nature, peut les conduire à soigner des personnes vulnérables ou ayant de telles personnes dans leur entourage. Par suite, eu égard à l'objectif de santé publique poursuivi et alors même qu'aucune dérogation personnelle à l'obligation de vaccination n'est prévue en dehors des cas de contre-indication, l'obligation vaccinale pesant sur le personnel exerçant dans un établissement de santé, qui ne saurait être regardée comme incohérente et disproportionnée au regard de l'objectif de santé publique poursuivi, ne méconnaît pas le droit à l'intégrité physique garanti par la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ses articles 2, 3 et 8.
30. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que la suspension de son traitement pour défaut d'obligation vaccinale à compter du 26 octobre 2021, serait illégale. Par suite, M. A n'est pas fondé à demander le rétablissement de son salaire entre le 26 octobre 2021 et le 15 mars 2023. En conséquence, ses conclusions à fin de condamnation du centre hospitalier de Dunkerque à lui payer son traitement à compter du 26 octobre 2021 jusqu'au 15 mai 2023, doivent être rejetées.
En ce qui concerne les préjudices moral et psychologique :
31. Si M. A demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Dunkerque à lui verser une somme en réparation des préjudices moral et psychologique résultant de la discrimination dont il aurait fait l'objet, étant traité à part, poursuivi par l'administration, et dans l'irrespect total des obligations légales et conventionnelles de l'employeur, il n'établit pas l'existence des préjudices allégués. Les conclusions indemnitaires de M. A doivent dès lors être rejetées.
32. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation du titre exécutoire du 25 novembre 2021 et la condamnation du centre hospitalier de Dunkerque de lui verser son traitement sur sa période de congé maladie du 1er octobre 2021 au 25 octobre 2021, assorti des intérêts au taux légal à compter de la date de réception de sa demande indemnitaire préalable et de leur capitalisation.
Sur les conclusions au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, relative à l'aide juridique :
33. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée, relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Dunkerque la somme de 1 500 euros, à verser à Me Bastin, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle, en revanche, à ce que soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. A demande à ce titre.
34. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A le versement au centre hospitalier de Dunkerque de la somme qu'il demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : Les conclusions présentées par M. A à l'encontre de l'avis à tiers détenteur du 21 avril 2022 sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Le titre exécutoire du 25 novembre 2021 émis par le directeur du centre hospitalier de Dunkerque est annulé.
Article 3 : M. A est déchargé du paiement de la somme de 555,14 euros mise à sa charge par le titre exécutoire du 25 novembre 2021.
Article 4 : Le centre hospitalier de Dunkerque versera à M. A son traitement sur la période du 1er octobre 2021 au 25 octobre 2021, assorti des intérêts au taux légal à compter du 16 mai 2022. Les intérêts échus à la date du 16 mai 2022, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 5 : Le centre hospitalier de Dunkerque versera à Me Bastin une somme de 1 500 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Bastin renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 7 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier de Dunkerque au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 8 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Bastin, au centre hospitalier de Dunkerque et au ministre chargé du budget et des comptes publics.
Copie en sera adressée pour information au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Riou, président,
- Mme Jaur, première conseillère,
- Mme Célino, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
A. JaurLe président,
Signé
J.-M. Riou
La greffière,
Signé
D. Wisniewski
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins et au ministre chargé du budget et des comptes publics chacun en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026