mardi 5 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2207085 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (6) |
| Avocat requérant | SCP MASSON ET DUTAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 19 septembre 2022 et le 20 septembre 2022, Mme C B, représentée par Me Dutat, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler le titre exécutoire émis le 7 avril 2021 par le département du Nord, ayant donné lieu à une notification de saisie administrative à tiers détenteur le 10 mai 2022, relatif à un indu de revenu de solidarité active pour la période allant du 1er mars 2016 au 31 octobre 2018 d'un montant de 3 958,59 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'État " et de l'autorité administrative compétente " le versement à Me Dutat, son avocate, de la somme de 2 000 euros, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- le titre exécutoire contesté méconnaît les dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, dès lors qu'au moment de son émission, elle avait introduit un recours administratif préalable obligatoire pour contester l'indu de revenu de solidarité active ;
- il n'est pas établi que le bordereau de titre de recettes, qui diffère de l'ampliation, ait été signé par une autorité habilitée ;
- le titre de recette en litige est insuffisamment motivé et méconnaît les dispositions de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 en l'absence d'indication des bases de liquidation et des modalités de calcul de la créance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 octobre 2024, le département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par une décision du 5 décembre 2022, le président du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Lille a constaté la caducité de la demande d'aide juridictionnelle présentée le 4 octobre 2022 par Mme B.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Fougères, premier conseiller, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Fougères a été entendu au cours de l'audience publique à l'issue de laquelle l'instruction a été close, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été bénéficiaire du revenu de solidarité active. À la suite d'un contrôle de la caisse d'allocations familiales du Nord, par une décision du 26 mars 2019, cet organisme a notifié à Mme B un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 15 140,62 euros pour la période du 1er mars 2016 au 31 octobre 2018. La qualification de fraude a été retenue par le président du conseil départemental du Nord. Le 7 avril 2021, le département du Nord a émis un titre de recettes n° 11842 d'un montant de 3 958,59 euros, correspondant au solde de l'indu de revenu de solidarité active précité. L'avis des sommes à payer notifié à Mme B n'ayant pas été réglé, après une relance et une mise en demeure, il a été procédé à une saisie administrative à tiers détenteur. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler le titre précité.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Le bureau d'aide juridictionnelle s'est prononcé par décision du 5 décembre 2022 sur la demande d'aide juridictionnelle déposée par Mme B. Il n'y a pas lieu, par suite, de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public compétent vaut notification de ladite ampliation. Lorsque le redevable n'a pas effectué le versement qui lui était demandé à la date limite de paiement, le comptable public compétent lui adresse une mise en demeure de payer avant la notification du premier acte d'exécution forcée devant donner lieu à des frais. / En application des articles L. 111-2 et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation ".
4. Il résulte de l'instruction que le bordereau du titre attaqué, produit en défense par l'administration, comporte la signature électronique de M. A D, alors que l'ampliation de ce titre mentionne comme auteur de cet acte M. Jean-René Lecerf, président du département du Nord. Dans ces conditions, l'ampliation du titre de recettes contesté et son bordereau ne comportent pas le même nom. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales doit être accueilli.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation du titre exécutoire émis le 7 avril 2021 pour le recouvrement d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 3 958,59 euros, portant sur la période du 1er mars 2016 au 31 octobre 2018.
Sur les frais liés au litige :
6. Compte tenu de la caducité de la demande d'aide juridictionnelle présentée par Mme B, son conseil ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il s'ensuit que les conclusions tendant à ce qu'une somme soit versée à Me Dutat au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées par Mme B aux fins d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'avis des sommes à payer émis le 7 avril 2021 par le département du Nord pour le recouvrement du solde d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 3 958,59 euros pour la période du 1er mars 2016 au 31 octobre 2018 est annulé.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à Me Marie-Christine Dutat et au département du Nord.
Copie en sera adressée, pour information, à la caisse d'allocations familiales du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 novembre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
V. Fougères
La greffière,
signé
B. Deltour
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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01/06/2026
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01/06/2026