jeudi 7 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2207915 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | PONSART |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 octobre 2022, la société civile de construction-vente Marvas, représentée par Me Ponsart, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations primitives de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2018 à 2020, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle remplit les conditions d'exonération prévues par les dispositions du 2° de l'article 1461 du code général des impôts pour avoir une activité identique à celle de ses membres qui sont des organismes d'habitations à loyer modéré, en ce que seuls trente-sept logements ont été vendus à des particuliers, ce qui représente 22,16 % de l'ensemble des ventes, soit un pourcentage inférieur à celui de 25 % des immeubles vendus prévu au 4ème alinéa de l'article L. 411-2 du code de la construction et de l'habitation, et, s'agissant du parc de stationnement public, dès lors qu'elle a exercé les compétences d'aménagement, d'accession et de prestations de services prévues au 12ème alinéa de l'article L . 411-2 de ce code, qui peuvent être exercées par les organismes d'habitations à loyer modéré dans le cadre de leur mission d'intérêt général que constitue la recherche de la mixité sociale et de la diversité de l'habitat.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2023, la directrice spécialisée de contrôle fiscal Nord conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que le moyen soulevé par la société Marvas n'est pas fondé.
Par une ordonnance en date du 15 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Courtois,
- et les conclusions de M. Huguen, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Marvas, société civile de construction-vente détenue à 51 % par l'Office public de l'habitat de Boulogne sur Mer, dénommé Habitat du Littoral, et à 49 % par la société d'habitations à loyer modéré Logis 62, demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations primitives de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2018 à 2020, ainsi que des pénalités correspondantes.
2. En vertu des dispositions du 1 du II de l'article 1586 ter du code général des impôts, les entreprises exonérées de plein droit de cotisation foncière des entreprises sont également exonérées de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. Aux termes de l'article 1461 de ce code : " Sont exonérés de la cotisation foncière des entreprises : / () / 2° Les organismes d'habitations à loyer modéré mentionnés à l'article L. 411-2 du code de la construction et de l'habitation, les sociétés anonymes de coordination entre les organismes d'habitations à loyer modéré mentionnées à l'article L. 423-1-1 du même code, ainsi que les sociétés ou organismes visés aux articles 239 ter et 239 quater du présent code dès lors qu'ils sont constitués exclusivement par des organismes précités et si leurs activités sont identiques à celles de leurs membres ; / () ". Aux termes de l'article L. 411-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les dispositions du présent livre ont pour objet de fixer les règles relatives à la construction, l'acquisition, l'aménagement, l'assainissement, la réparation, la gestion d'habitations collectives ou individuelles, urbaines ou rurales, répondant aux caractéristiques techniques et de prix de revient déterminées par décision administrative et destinées aux personnes et aux familles de ressources modestes. / A ces habitations peuvent être adjoints, dans des conditions fixées par décision administrative, des dépendances, des annexes et des jardins privatifs ou collectifs, accolés ou non aux immeubles. / En outre, les ensembles d'habitations mentionnés aux premiers alinéas peuvent comprendre accessoirement des locaux à usage commun et toutes constructions nécessaires à la vie économique et sociale de ces ensembles. / () ". Aux termes de l'article L. 411-2 de ce code : " () / Les organismes d'habitations à loyer modéré mentionnés aux alinéas précédents bénéficient, en conformité avec la décision 2012/21/ UE de la Commission, du 20 décembre 2011, relative à l'application de l'article 106, paragraphe 2, du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne aux aides d'Etat sous forme de compensations de service public octroyées à certaines entreprises chargées de la gestion de services d'intérêt économique général, d'exonérations fiscales et d'aides spécifiques de l'Etat au titre du service d'intérêt général défini comme : / - la construction, l'acquisition, l'amélioration, l'attribution, la gestion et la cession de logements locatifs à loyers plafonnés, lorsqu'elles sont destinées à des personnes dont les revenus sont inférieurs aux plafonds maximum fixés par l'autorité administrative pour l'attribution des logements locatifs conventionnés dans les conditions définies à l'article L. 831-1 et dont l'accès est soumis à des conditions de ressources. () / - la réalisation d'opérations d'accession à la propriété destinées à des personnes dont les revenus sont inférieurs aux plafonds maximum, majorés de 11 %, fixés par l'autorité administrative pour l'attribution des logements locatifs conventionnés dans les conditions définies à l'article L. 831-1 et dont l'accès est soumis à des conditions de ressources. Font toutefois partie du service d'intérêt général, dans la limite de 25 % des logements vendus par l'organisme, les opérations destinées à des personnes de revenu intermédiaire dont les ressources dépassent les plafonds maximum susmentionnés sans excéder les plafonds fixés au titre IX du livre III, majorés de 11 %, lorsque l'ensemble des opérations sont assorties de garanties pour l'accédant dans des conditions fixées par décret en Conseil d'État ; / () - les services accessoires aux opérations susmentionnées et les services que les organismes d'habitations à loyer modéré se rendent entre eux pour les besoins des opérations susmentionnées. / () / Au titre de la mission d'intérêt général que constitue la recherche de la mixité sociale et de la diversité de l'habitat, les organismes d'habitations à loyer modéré peuvent exercer les compétences d'aménagement, d'accession et de prestations de services prévues par les textes qui les régissent. () ".
3. Il résulte de l'instruction que la société Marvas, constituée par deux organismes d'habitations à loyer modéré, a pour activité, aux termes de ses statuts, " la construction sur la ville de Boulogne-Sur-Mer, rue de Folkestone, l'acquisition, l'aménagement du quartier, y compris pour le compte de tiers, l'assainissement, la gestion d'habitations collectives urbaines et la construction de locaux à usage commun et toutes constructions nécessaires à la vie économique et sociales de ces ensembles ", ainsi que toutes opérations accessoires qui en découlent, la vente en totalité ou par fractions des constructions réalisées. Dans le cadre de cette opération, elle a construit et vendu cent-soixante-sept logements avec des places de stationnement, deux commerces et un parc de stationnement de sept-cent-quatre-vingt places. Pour refuser à la société Marvas l'exonération prévue par les dispositions précitées de l'article 1461 du code général des impôts, l'administration fiscale a relevé que 72,82 % du chiffre d'affaires de l'exercice clos au 31 décembre 2018 a été réalisé par la vente à la communauté d'agglomération du boulonnais du parc de stationnement ouvert au public, situé à proximité du site touristique Nausicaa et dont la gestion a été confiée à une société privée, la vente de logements en accession libre et la vente d'un commerce, et que 99 % du chiffre d'affaires de l'exercice clos au 31 décembre 2019 et 43 % de celui de l'exercice clos au 31 décembre 2020 ont été réalisés par la vente de logements en accession libre au taux de taxe sur la valeur ajoutée de 20 %. Elle a ainsi considéré que la société Marvas exerçait une activité de promotion immobilière, qui n'est pas identique à l'activité des organismes d'habitations à loyer modéré destinée à permettre le logement et l'accession à la propriété de personnes aux revenus modestes. Si la société soutient que par ce projet, elle a exercé une compétence d'aménagement qui peut être confiée aux organismes d'habitations à loyer modéré au titre de la mission d'intérêt général que constitue la recherche de la mixité sociale et de l'habitation telle qu'évoquée par les dispositions de l'article L. 411-2 du code de la construction et de l'habitation, il ne résulte pas de l'instruction que cette mission lui a été confiée. De même, si elle allègue que les ventes de logements en accession libre n'excédaient pas la limite de 25 % des logements vendus, il ne résulte pas de l'instruction que ces ventes ont été réalisées au profit de personnes ayant des revenus intermédiaires au sens et pour l'application des dispositions précitées de l'article L. 411-2 du code de la construction et de l'habitation. Dans ces conditions, la société Marvas n'est pas fondée à soutenir que son activité d'aménagement, de construction et de vente d'immeubles neufs est identique à celle de ses membres au sens des dispositions précitées de l'article 1461 du code général des impôts et qu'elle est par suite exonérée de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises.
4. Il résulte de ce qui précède que la société Marvas n'est pas fondée à demander la décharge des cotisations primitives de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2018 à 2020, ainsi que des pénalités correspondantes. Par suite, ses conclusions à fin de décharge doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles qu'elle a présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de la société Marvas est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société civile de construction-vente Marvas et à la directrice spécialisée de contrôle fiscal Nord.
Délibéré après l'audience du 8 février 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Courtois, première conseillère,
- Mme Jaur, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2024.
La rapporteure,
Signé
C. COURTOISLe président,
Signé
O. LEMAIRE
La greffière,
Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026