lundi 6 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2208587 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | CABINET VATIER & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
F une requête, enregistrée le 10 novembre 2022, M. A C, représenté F Me Pelletier, demande au juge des référés de prescrire une expertise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, portant sur la prise en charge et les soins qui lui ont été prodigués F le centre hospitalier de l'arrondissement de Montreuil-sur-Mer (CHAM).
Il soutient que :
- il a été victime d'un accident de moto le 2 avril 2017 et a été pris en charge F le centre hospitalier de l'arrondissement de Montreuil-sur-Mer pour un traumatisme crânien, de multiples plaies, une fracture non compliquée de la paroi latérale du sinus maxilliaire gauche, une fracture de L1 avec discret recul du mur postérieur et des apophyses transverses de L2, une fracture de l'omoplate gauche, une fracture sévère trochantéro-diaphysaire du fémur gauche et une fracture poly fragmentaire du coude gauche relevant de la mise en place d'une prothèse totale du coude ;
- il a subi une intervention chirurgicale le 3 avril 2017, suivie d'une prise en charge en réanimation avec intubation et ventilation jusqu'au 21 avril 2017 et a contracté une pneumopathie nosocomiale ;
- aujourd'hui, il se déplace en fauteuil roulant et souffre de douleurs chroniques nécessitant des traitements quotidiens ;
- F une ordonnance du 9 mars 2020, le tribunal administratif de céans a désigné le docteur E B en qualité d'expert ;
- l'expert a déposé son rapport le 29 janvier 2022 ;
- les conditions de l'expertise n'ont pas été optimales ;
- le tribunal judiciaire de Lille, saisi dans le cadre d'une garantie conducteur s'appliquant en cas d'accident de la voie publique, a désigné le professeur D en qualité d'expert, qui a examiné son dossier médical pour apprécier son état séquellaire ;
- le professeur D a rendu son rapport d'expertise le 4 octobre 2022 dans lequel il conclut à la consolidation en date du 24 mars 2022, et a objectivé une erreur médicale dans la prise en charge des soins F le CHAM ;
- le docteur B ne s'était pas interrogé sur la lésion neurologique, non diagnostiquée et non traitée, relevée F le professeur D ;
- il sollicite une nouvelle expertise avec mission classique afin de déterminer la responsabilité du CHAM dans la survenance des dommages qui lui ont été causés et de procéder à l'évaluation de l'ensemble des préjudices qu'il a subis.
F un mémoire, enregistré le 23 novembre 2022, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Artois, entend intervenir dans la procédure en application des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, et demande que la mission de l'expert soit étendue à la détermination des débours en lien avec les complications relatives aux prises en charge de M. C F le centre hospitalier de l'arrondissement de Montreuil-sur-Mer.
F un mémoire, enregistré le 5 décembre 2022, le centre hospitalier de l'arrondissement de Montreuil-sur-Mer (CHAM), représenté F Me Chiffert, conclut au rejet de la demande d'expertise et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
F un mémoire, enregistré le 7 décembre 2022, l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (Oniam), représenté F Me Roquelle-Meyer, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la demande d'expertise ;
2°) à titre subsidiaire, à ce qu'il soit pris acte de ses protestations et réserves sur le bien-fondé de sa mise en cause et sur la mesure d'expertise sollicitée F M. C, et demande que la mission de l'expert soit étendue.
Le président du tribunal a désigné M. Lassaux, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. ()". Il appartient, en vertu de ces dispositions, au juge des référés saisi d'une demande d'expertise de rechercher dans quelle mesure cette expertise peut être utile à la solution d'un éventuel litige. Dans l'hypothèse où une expertise a déjà été ordonnée et qu'il se trouve saisi d'une nouvelle demande portant sur le même objet, cette recherche porte sur l'utilité qu'il y aurait à compléter ou étendre les missions faisant l'objet de la première expertise. Si la nouvelle demande a en réalité pour objet de contester la manière dont l'expert a rempli sa mission ou les conclusions de son rapport, elle relève du tribunal administratif saisi du fond du litige, à qui il reste loisible d'ordonner, s'il l'estime nécessaire, toute mesure d'instruction.
2. Il résulte de l'instruction que, F une ordonnance n° 1910540 rendue le 9 mars 2020, le juge des référés du tribunal administratif de Lille a désigné le docteur E B, afin qu'il se prononce sur les conditions dans lesquelles M. C a été pris en charge au centre hospitalier de l'arrondissement de Montreuil-sur-Mer. Son rapport, rendu le 29 janvier 2022, conclut à " un état antérieur ayant contribué aux difficultés de prise en charge thérapeutique, une situation non consolidée, à un aléa thérapeutique qui a participé à l'origine des complications rencontrées face à la gravité des lésions initiales et à l'état antérieur, et à une infection nosocomiale en secteur de réanimation ". Si M. C fait valoir que les conditions de l'expertise n'ont pas été optimales, en raison de ses problèmes de déplacement, il résulte cependant que l'expertise a bien été réalisée à son contradictoire, au cabinet du docteur B, dont la mission ne s'étendait pas à l'aménagement de son domicile. M. C fait valoir également qu'un autre expert, le professeur D, a été désigné F le tribunal judiciaire de Lille dans le cadre de la garantie conducteur, et qu'à l'instar du docteur B, il a expertisé son dossier médical pour apprécier son état séquellaire. Son rapport, en date du 4 octobre 2022, conclut à une erreur médicale dans la prise en charge des soins F le CHAM. Dès lors, M. C demande au tribunal la désignation d'un expert en traumatologie, avec mission de déterminer la responsabilité du CHAM dans la survenance de l'ensemble des préjudices qu'il a subis.
3. Les questions présentées F le requérant, dans le cadre d'une nouvelle expertise, ont déjà été examinées F les deux experts désignés, de sorte que la présente requête, qui ne fait état d'aucun élément nouveau dont les experts n'auraient pas eu connaissance, constitue, non pas une expertise post-consolidation, mais en réalité une critique du rapport d'expertise du docteur B. Dans ces conditions, la critique du rapport d'expertise ainsi formulée F l'intéressé a pour objet essentiel de contester la manière dont l'expert a rempli sa mission et les conclusions de son rapport. Elle relève ainsi du seul juge du fond, que M. C a, s'il s'y croit fondé, la possibilité de saisi et qui appréciera, au vu de l'ensemble du dossier, s'il y a lieu d'ordonner une nouvelle expertise.
4. Il résulte de ce qui précède, que les conclusions de M. C tendant à l'organisation d'une nouvelle expertise ne présentent pas, en l'état de l'instruction, le caractère d'utilité requis F les dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et, F suite, elles ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande du centre hospitalier de l'arrondissement de Montreuil-sur-Mer tendant à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : La requête présentée F M. A C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier de l'arrondissement de Montreuil-sur-Mer tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C, à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Artois, au centre hospitalier de l'arrondissement de Montreuil-sur-Mer, et à l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.
Fait à Lille, le 6 février 2023
Le juge des référés,
signé
P. LASSAUX
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026