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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2208844

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2208844

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2208844
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formationjuge unique (6)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a examiné la requête de Mme B contestant un indu de prime d'activité de 1 275,30 euros pour la période d'avril à novembre 2019, en tant qu'il excède 956,13 euros. Mme B soutenait que l'indu n'était pas fondé pour avril et mai 2019, car elle n'était pacsée qu'à partir du 12 juin 2019. Le tribunal a rejeté sa demande, considérant qu'il résultait de l'instruction, notamment de ses propres déclarations, qu'elle avait vécu en concubinage dès février 2019. La solution retenue s'appuie sur les articles L. 842-3, R. 843-1 et R. 846-5 du code de la sécurité sociale, qui imposent de prendre en compte la situation de concubinage pour le calcul de la prime d'activité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2022, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision du 20 octobre 2022, qui lui a été notifiée par un courrier du 10 novembre 2022, par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord a confirmé, sur son recours administratif préalable obligatoire, un indu de prime d'activité pour les mois d'avril 2019 à novembre 2019 d'un montant de 1 275,30 euros, en tant que cet indu excède la somme de 956,13 euros.

Elle soutient qu'elle n'a été pacsée que du 12 juin 2019 au 23 décembre 2019, de sorte que l'indu en litige n'est pas fondé pour les mois d'avril 2019 et mai 2019.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 décembre 2022, la caisse d'allocations familiales du Nord conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que Mme B a reconnu avoir vécu en concubinage dès le mois de février 2019.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Fougères, premier conseiller, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Fougères a été entendu au cours de l'audience publique à l'issue de laquelle l'instruction a été close, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 7 janvier 2021, le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord a notifié à Mme B un indu de prime d'activité pour la période allant du 1er avril 2019 au 30 novembre 2019 d'un montant de 1 275,30 euros. Par un courrier du 20 février 2021, Mme B a formé le recours administratif préalable obligatoire prévu par l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale. La commission de recours amiable a cependant rejeté ce recours par décision du 20 octobre 2022, notifiée par un courrier du 10 novembre 2022. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision à hauteur d'une somme de 319,17 euros.

2. D'une part, l'article L. 842-3 du code de la sécurité sociale dispose : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1°. / Les bonifications mentionnées au 1° sont établies pour chaque travailleur, membre du foyer, compte tenu de ses revenus professionnels. / Le montant forfaitaire, la fraction des revenus professionnels des membres du foyer, les modalités de calcul et le montant maximal des bonifications sont fixés par décret. / Le montant forfaitaire et le montant maximal de la bonification principale sont revalorisés le 1er avril de chaque année par application du coefficient mentionné à l'article L. 161-25. / Un décret détermine le montant minimal de la prime d'activité en dessous duquel celle-ci n'est pas versée ". Aux termes de l'article R. 843-1 du même code : " I.-Le montant dû au foyer bénéficiaire de la prime d'activité est égal à la moyenne des primes calculées conformément à l'article L. 842-3 pour chacun des trois mois précédant l'examen ou le réexamen périodique du droit. / II.-Pour chacun des trois mois mentionnés au I, la composition du foyer et la situation d'isolement mentionnée à l'article L. 842-7 retenues pour la détermination du montant forfaitaire sont celles du foyer au dernier jour du mois considéré, sous réserve des dispositions des 1° et 2° ci-dessous : / 1° Il n'est pas tenu compte pour le calcul de la prime d'activité, de l'ancien conjoint, concubin, ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité du bénéficiaire, ni de ses ressources, lorsque celui-ci n'appartient plus au foyer lors du dépôt de la demande ou lors du réexamen périodique mentionné à l'article L. 843-4 ; /2° Le conjoint, concubin ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité du bénéficiaire lors du dépôt de la demande ou lors du réexamen périodique est réputé avoir appartenu au foyer tout au long des trois mois précédents. / III.-Pour chacun des trois mois mentionnés au I, les ressources prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont celles perçues au cours du mois considéré. Toutefois, les revenus imposables mentionnés au 5° de l'article L. 842-4 pris en compte sont égaux au douzième de ceux de l'avant-dernière année civile précédant celle du mois étudié ".

3. D'autre part, en application de l'article R. 846-5 du code de la sécurité sociale, les bénéficiaires de la prime d'activité sont tenus de faire connaître à l'organisme chargé du service de ces prestations toutes informations relatives à leur résidence, à leur situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer, ainsi que tout changement en la matière, en particulier à l'occasion des déclarations de ressources qu'ils doivent remplir chaque trimestre, afin qu'il soit procédé au calcul de leur allocation.

4. Il résulte de l'instruction, et notamment de la réponse faite par Mme B à la caisse d'allocations familiales du Nord le 6 janvier 2021, que la requérante a vécu en concubinage de février 2019 à décembre 2019. Dès lors, sans qu'importe la circonstance qu'un pacte civil de solidarité n'a été conclu par la requérante qu'à compter du 6 juin 2019, cette dernière n'est pas fondée à contester la légalité de la décision attaquée.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes.

Copie en sera adressée pour information à la caisse d'allocations familiales du Nord.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

V. Fougères

La greffière,

signé

C. Lejeune

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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