jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2209182 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | ERNST & YOUNG SOCIÉTÉ D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 novembre 2022, et un mémoire, enregistré le 31 janvier 2023, la chambre de commerce et d'industrie de région (CCIR) des Hauts-de-France, représentée par Me Dagostino, demande au juge des référés :
1°) de condamner la société à responsabilité limitée (SARL) Vitse à lui verser une provision d'un montant de 40 002,93 euros à titre d'indemnité d'occupation du domaine public du port fluvial de Houplin-Ancoisne pour la période du 2 octobre 2021 au 31 octobre 2022, en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative ;
2°) de mettre à la charge de la SARL Vitse la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en vertu d'un avenant à la convention d'occupation temporaire du domaine public du port fluvial de Houplin-Ancoisne conclu avec la SARL Vitse, cette dernière n'était autorisée à occuper, en plus des parcelles S2, S3 et S4 du port fluvial, que la totalité de la parcelle S1 et la moitié de la parcelle S5, désignée " S5-1 " sur le plan annexé à cet avenant ;
- sa créance est non sérieusement contestable, dès lors qu'en réalisant des travaux sur la parcelle S5-2 du port fluvial d'Houplin-Ancoisne, la SARL Vitse doit être regardée comme occupant irrégulièrement cette parcelle, non comprise dans le périmètre de la convention d'occupation temporaire, justifiant alors le paiement d'une indemnité compensant les revenus qu'elle aurait dû percevoir d'un occupant régulier sur la période concernée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 décembre 2022, la SARL Vitse, représentée par Me Carpentier, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- elle n'occupe pas l'intégralité de la parcelle S5-2 du port de Houplin-Ancoisne, mais uniquement la partie ouest des parcelles S5-1 et S5-2 ;
- si elle ne dispose d'aucun titre d'occupation s'agissant de la partie ouest de ces parcelles, elle a, à plusieurs reprises, demandé la régularisation de cette situation à la CCIR des Hauts-de-France, laquelle n'a apporté aucune réponse ;
- elle verse d'ores et déjà une redevance correspondant aux surfaces effectivement occupées ;
- en tout état de cause, le montant de la redevance dont la CCIR Hauts-de-France sollicite le paiement est disproportionné au regard des faibles avantages que lui procure l'occupation du domaine public, compte tenu des contraintes d'urbanisme et d'accès grevant le site.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Robbe, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par une convention d'occupation temporaire du domaine public signée le 5 mai 1999, la chambre de commerce et d'industrie de région des Hauts-de-France a autorisé la SARL Vitse à occuper sur le port fluvial de Houplin-Ancoisne trois parcelles de terrain d'une superficie respective de 6 880 m2 , 16 480 m2 et 3 460 m2, respectivement désignées " S2 ", " S3 " et " S4 ", et un bâtiment d'une superficie de 10 030 m2, moyennant versement d'une redevance d'occupation d'un montant annuel de 6,25 francs hors taxes par m2 pour le terrain et de 25 francs hors taxes par m2 pour le bâtiment. Cette convention a fait l'objet d'un avenant, signé le 20 décembre 2017, aux termes duquel la SARL Vitse a été autorisée, en plus des précédentes parcelles, à occuper la totalité de la parcelle désignée " S1 ", d'une superficie de 10 780 m2, ainsi que la moitié de la parcelle " S5 ", désignée " S5-1 ", pour une superficie de 25 741 m2, moyennant versement d'une redevance d'occupation complémentaire de 0,083 euros hors taxe par m2 et par mois. Par la présente requête, la CCIR des Hauts-de-France demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner la SARL Vitse à lui verser une provision de 40 002, 93 euros hors taxes à titre d'indemnité d'occupation du domaine public du port fluvial de Houplin-Ancoisne pour la période du 2 octobre 2021 au 31 octobre 2022 en raison de l'occupation irrégulière de la parcelle désignée " S5-2 " du site concerné.
Sur les conclusions tendant à l'octroi d'une provision :
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à établir l'existence d'une créance avec un degré suffisant de certitude. Le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui paraît revêtir un caractère de certitude suffisant.
3. Aux termes de l'article 1er, intitulé " objet ", de l'avenant n°1 signé le 20 décembre 2017 : " En plus des parcelles S2, S3 et S4, la " CCIGL " autorise " Vitse " qui accepte, à occuper sur le port fluvial de Houplin-Ancoisne () la moitié de la parcelle S5 soit une superficie de 25 741 m2, telles que ces parcelles apparaissent en teinte jaune sur le plan demeuré ci-joint et annexé. ". Il résulte de ces stipulations, ainsi que du plan des parcelles occupées annexé à l'avenant du 20 décembre 2017, qu'en ce qui concerne la parcelle S5 du site en cause, la CCIR des Hauts de France n'a entendu autoriser la SARL Vitse qu'à occuper la partie sud de cette parcelle, d'une superficie de 25 741 m2.
4. Si la SARL Vitse fait valoir en défense, de son propre aveu, qu'elle n'occupe pas entièrement la partie Nord de la parcelle S5, désignée " S5-2 ", mais uniquement la partie Est de celle-ci, il ressort toutefois du procès-verbal dressé par un huissier de justice le 2 août 2021, confirmé par deux autres procès-verbaux en date du 26 août 2021 et du 22 novembre 2021, qu'une dalle de béton d'une épaisseur de 25 cm, de 89 mètres de longueur et de 43 mètre de large a été coulée sur cette parcelle et que des merlons de terre, de pierre et de gravas d'une dizaine de mètres de hauteur ont été constitués en périphérie de cette dalle, de sorte que la société Vitse doit être regardée comme occupant la totalité de la parcelle désignée " S5-2 ". En tout état de cause, si la société Vitse soutient qu'elle verse d'ores et déjà une redevance correspondant à l'occupation de la partie Est des parcelles S5-1 et S5-2, pour une superficie de 26 820 m2, en plus de l'occupation des parcelle S1 à S4, il ressort toutefois des pièces du dossier que cette redevance correspond en réalité à la seule occupation des parcelles S2, S3 et S4 du port fluvial. Par suite, la SARL Vitse doit être regardée comme ayant occupé sans droit ni titre, du 2 août 2021 au 31 octobre 2022, la parcelle désignée " S5-2 " du port fluvial de Houplin-Ancoisne.
5. Une personne publique propriétaire ou gestionnaire d'une dépendance du domaine public est fondée à réclamer à l'occupant sans titre de cette dépendance, au titre de la période d'occupation irrégulière, une indemnité compensant les revenus qu'elle aurait pu percevoir d'un occupant régulier pendant cette période. A cette fin, elle doit rechercher le montant des redevances qui auraient été appliquées si l'occupant avait été placé dans une situation régulière, soit par référence à un tarif existant, lequel doit tenir compte des avantages de toute nature procurés par l'occupation du domaine public, soit, à défaut de tarif applicable, par référence au revenu, tenant compte des mêmes avantages, qu'aurait pu produire l'occupation régulière de la partie concernée du domaine public.
6. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier des factures produites par la société Vitse en défense, que pour l'année 2021, le tarif appliqué par la CCIR des Hauts-de-France, en ce qui concerne les parcelles S1 et S5-2 du site concerné, s'élevait à 0,103 euros hors taxes par m2 et par mois, soit 1,24 euros hors taxes par an, et que ce tarif s'est élevé à 0,104 euros hors taxes par m2 et par mois, soit 1,255 euros hors taxes par an, pour l'année 2022. La parcelle S5-2 occupée irrégulièrement représentant une surface de 25 741 m2, il convient d'appliquer, pour la période du 2 août 2021 au 31 décembre 2021, correspondant à 152 jours sur un total de 365, en référence au tarif existant, un tarif annuel de 1,24 euros HT par m2 ((1,24 x 25 741) x (152/365)), pour un total sur cette période de 13 292,23 euros HT. S'agissant de la période du 1er janvier 2022 au 31 octobre 2022, correspondant à 303 jours sur un total de 365, il convient également d'appliquer à la même surface, en référence au tarif pratiqué pour l'année 2022, un tarif annuel de 1,255 euros HT par m2 ((1,255 x 25 741) x (303/365)), pour un total sur cette seconde période de 26 710, 70 euros HT. Le montant total ainsi calculé s'élève à 40 002, 93 euros HT.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la CCIR des Hauts-de-France est fondée à solliciter, en raison de l'occupation irrégulière de la parcelle désignée " S5-2 " du port fluvial de Houplin-Ancoisne pour la période du 2 août 2021 au 31 octobre 2022, la somme de 40 002,93 euros, laquelle correspond à une créance non sérieusement contestable. Par suite, il y a lieu de condamner la SARL Vitse à lui verser une provision de ce montant.
Sur les frais du litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SARL Vitse le versement à la CCIR des Hauts de France de la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La société à responsabilité limitée Vitse versera à la chambre de commerce et d'industrie de la région des Hauts-de-France la somme de 40 002, 93 euros (quarante mille deux euros et quatre-vingt-treize centimes) à titre provisionnel.
Article 2 : La société à responsabilité limitée Vitse versera à la chambre de commerce et d'industrie de la région des Hauts-de-France la somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL Vitse et la CCIR des Hauts-de-France.
Fait à Lille, le 25 juillet 2024.
Le juge des référés,
signé
J. ROBBE
La République mande et ordonne au préfet de la région Hauts-de-France en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026