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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2209250

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2209250

mardi 8 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2209250
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formationjuge unique (2)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a examiné la requête de M. B A contestant la perte de validité de son permis de conduire et plusieurs retraits de points. Le tribunal a constaté un non-lieu à statuer sur les décisions relatives aux infractions des 18 septembre 2018 et sur la décision 48 SI, ces mentions ayant été supprimées. Il a également jugé irrecevables les conclusions concernant les infractions des 9 mai 2020, 5 juillet 2020 et 24 juillet 2021, les points correspondants ayant été restitués avant l'introduction de la requête. La solution retenue est fondée sur les articles L. 223-1 et suivants du code de la route.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 novembre 2022, M. B A, représenté par Me Regley, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision 48 SI par laquelle le ministre de l'intérieur l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul ;

2°) d'annuler les décisions de retraits de points afférentes aux infractions commises les 8 septembre 2017, 18 septembre 2018, 9 mai 2020, 5 juillet 2020, 2 juillet 2021 et 24 juillet 2021 ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés de son permis de conduire dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête n'est pas tardive dès lors que la décision 48 SI n'a pas été adressée à une adresse effective ;

- il n'a pas bénéficié, à l'occasion des décisions de retraits de points contestées, des informations préalables prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;

- la décision de retrait de trois points afférente à l'infraction commise le 8 septembre 2017 méconnaît les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'il n'existe de preuve de l'existence ni d'un titre exécutoire ni d'une amende forfaitaire majorée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2023, le ministre de l'intérieur conclut, d'une part, au non-lieu à statuer s'agissant des conclusions dirigées contre la décision 48 SI et contre les décisions de retraits de points afférentes aux infractions commises les 8 septembre 2017, 18 septembre 2018, 9 mai 2020 et 24 juillet 2021, et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il fait valoir que :

- les mentions relatives aux infractions commises le 18 septembre 2018 à 16 h 06 et à 16 h 09 ont été supprimées et ne donnent plus lieu à retraits de points ;

- M. A a bénéficié, le 7 mars 2021, d'une reconstitution totale du nombre de points initial affecté à son permis de conduire de sorte que l'infraction antérieure du 8 septembre 2017 n'a plus d'effets ;

- les points retirés consécutivement aux infractions commises les 9 mai 2020 et 24 juillet 2021 lui ont été restitués respectivement les 23 mai 2021 et 3 juillet 2022 ;

- le solde de points du permis de conduire est redevenu positif et reste doté de onze points ; les mentions relatives à la décision 48 SI ont été supprimeés ;

- le moyen tiré du défaut d'information préalable, soulevé à l'encontre des décisions restant en litige, n'est pas fondé.

La clôture de l'instruction a été fixée au 18 décembre 2023 à 12 h 00 par une ordonnance du 16 octobre 2023.

Vu le code de justice administrative.

En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. Fabre pour statuer sur les litiges visés audit article.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Sur sa proposition, le rapporteur public a été dispensé de prononcer ses conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative par le président de la formation de jugement.

A été entendu au cours de l'audience publique du 24 septembre 2024 le rapport de M. Fabre, président-rapporteur.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, né le 21 janvier 1966 à Blois, a commis une série d'infractions au code de la route, répertoriées à son relevé d'information intégral. Il a ainsi fait l'objet des retraits de points suivants : 3 points pour une infraction commise le 8 septembre 2017 à 11 h 43 Pontarlier, 4 points pour une infraction commise le 18 septembre 2018 à 16 h 06 à Compiègne, 3 points pour une infraction commise le 18 septembre 2018 à 16 h 09 à Compiègne, 1 point pour une infraction commise le 9 mai 2020 à 09 h 11 à Souffelweyersheim, 1 point pour une infraction commise le 5 juillet 2020 à 15 h 24 à Saint Sauveur, 1 point pour une infraction commise le 2 juillet 2021 à 19 h 06 à Carspach et 1 point pour une infraction commise le 24 juillet 2021 à 11 h 48 à Montbéliard. Par une décision 48 SI, le ministre de l'intérieur l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul. Par la requête dont le tribunal est saisi, M. A demande au tribunal d'annuler ces décisions.

Sur le non-lieu partiel à statuer :

2. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, les mentions relatives aux deux infractions commises le 18 septembre 2018 ont été supprimées du relevé d'information intégral et ne donnent plus lieu à retrait de points. Par ailleurs, la mention de la décision 48 SI a également été enlevée du dossier, le solde du permis de conduire de l'intéressé étant redevenu positif. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation, d'une part, des décisions portant retraits de 4 points pour une infraction commise le 18 septembre 2018 à 16 h 06 à Compiègne et de 3 points pour une infraction commise le 18 septembre 2018 à 16 h 09 à Compiègne et, d'autre part, de la décision 48 SI.

Sur la recevabilité partielle :

3. En premier lieu, il ressort des mentions figurant au relevé d'information intégral que le point retiré pour une infraction commise le 9 mai 2020 à 09 h 11 à Souffelweyersheim a été restitué à l'intéressé le 23 mai 2021, soit avant l'introduction de la requête. Par ailleurs, le point retiré pour une infraction commise le 5 juillet 2020 à 15 h 24 à Saint Sauveur a été restitué à l'intéressé le 15 août 2021, soit avant l'introduction de la requête. Enfin, le point retiré pour une infraction commise le 24 juillet 2021 à 11 h 48 à Montbéliard a été restitué à l'intéressé le 3 juillet 2022, soit également avant l'introduction de la requête. M. A n'est pas recevable à demander l'annulation de décisions de retraits de points qui ont disparu de l'ordonnancement juridique avant l'introduction de sa requête.

3. En second lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment du relevé d'information intégral produit par le ministre de l'intérieur, que le requérant a bénéficié, le 7 mars 2021, d'une reconstitution totale du nombre de points initial affecté à son permis de conduire. De ce fait, les conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait de 3 points pour une infraction commise le 8 septembre 2017 à 11 h 43 Pontarlier, antérieure à la décision de reconstitution totale de points, doivent être rejetées.

Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :

4. Il résulte de ce qui précède que ne reste plus en litige que la décision de retrait d'un point pour une infraction commise le 2 juillet 2021 à 19 h 06 à Carspach. A cet égard, le ministre de l'intérieur justifie, par les pièces qu'il produit en défense et qui ne sont pas contestées en retour, qu'il a adressé au requérant l'avis d'amende forfaitaire majorée, comportant les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, mais que le pli est revenu à l'expéditeur, le courrier étant revenu avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Par suite, le moyen tiré du défaut d'information doit être écarté.

5. Il en résulte que le surplus des conclusions à fin d'annulation doit être écarté.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

6. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante pour l'essentiel, la somme de 800 euros à verser à M. A, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation, d'une part, des décisions portant retraits de 4 points pour une infraction commise le 18 septembre 2018 à 16 h 06 à Compiègne et de 3 points pour une infraction commise le 18 septembre 2018 à 16 h 09 à Compiègne et, d'autre part, de la décision 48 SI par laquelle le ministre de l'intérieur a informé M. A de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul.

Article 2 : L'Etat versera à M. A la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

X. FABRE

Le greffier,

Signé

A. DEWIERE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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