mercredi 18 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2209683 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (6) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 décembre 2022, Mme A C demande au tribunal d'annuler la décision du 24 octobre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Pas-de-Calais a refusé de lui accorder une remise d'un indu de prime d'activité portant sur la période du 1er juillet 2021 au 31 mai 2022, notifié par courrier du 1er juin 2022, s'élevant à la somme de 1 924,20 euros et de lui accorder une remise de cette dette.
Elle soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser la dette en litige.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 septembre 2023, la caisse d'allocations familiales du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la décision du 24 octobre 2022 est justifiée tant par la situation financière de Mme C que par l'absence de déclaration du montant des pensions alimentaires perçues par la requérante pendant la période litigieuse.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Fougères, premier conseiller, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
Le rapport de M. Fougères a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 1er juin 2022, le directeur de la caisse d'allocations familiales du Pas-de-Calais a notifié à Mme C un indu de prime d'activité pour les mois de juillet 2021 à mai 2022 d'un montant de 1 194,20 euros. Mme C a alors sollicité de la caisse d'allocations familiales du Pas-de-Calais une remise gracieuse de sa dette, demande rejetée par courrier du 24 octobre 2022. Par la présente requête, Mme C conteste cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service (). La créance peut être remise ou réduite par l'organisme () en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration (). "
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé à la prime d'activité ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises.
4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que Mme C a omis de déclarer, pour une période d'un an, d'avril 2021 à mars 2022, correspondant à quatre déclarations trimestrielles, la pension alimentaire perçue de M. D B, alors qu'elle avait été informée par un courrier de la caisse d'allocations familiales du Pas-de-Calais du 16 octobre 2020, qu'elle ne conteste pas avoir reçu, que les sommes perçues à ce titre devaient être déclarées dans le cadre des déclarations de ressources trimestrielles et annuelles. Il s'ensuit que la condition de bonne foi ne peut dès lors être regardée comme satisfaite, de sorte que la requête de Mme C doit, en tout état de cause être rejetée.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Pas-de-Calais.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 décembre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
V. Fougères
La greffière,
signé
C. Lejeune
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
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