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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2209730

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2209730

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2209730
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formationjuge unique (6)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la demande de Mme C, qui sollicitait la remise gracieuse d’un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 856,07 euros, consécutif à des omissions déclaratives de salaires et de revenus de formation pour l’année 2020. Statuant en application de l’article L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles, le juge a estimé que la requérante ne pouvait être regardée comme de bonne foi, en raison de manquements répétés à ses obligations déclaratives qu’elle ne pouvait ignorer. Cette absence de bonne foi a fait obstacle à l’octroi d’une remise, indépendamment de la précarité éventuelle de sa situation. La requête a donc été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 décembre 2022, Mme A C demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 25 novembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales ne lui a pas accordé de remise de sa dette portant sur un indu de revenu de solidarité active ;

2°) de lui accorder la remise totale de sa dette.

Elle soutient que :

- elle est de bonne foi ;

- elle est mère célibataire sans pension alimentaire ;

- ses charges s'élèvent à la somme totale de 1 613,63 euros pour un revenu de 1 750 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 novembre 2023, le département du Nord conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que l'intéressée a manqué à ses obligations déclaratives en omettant de déclarer des salaires et en minorant le montant des indemnités de chômage et des revenus de formation perçus pour l'année 2020.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le décret n° 2024-396 du 29 avril 2024 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président du tribunal a désigné M. Cotte, vice-président, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. Cotte a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. À la suite d'un contrôle des ressources de Mme C en janvier 2022, la caisse d'allocations familiales du Nord a découvert que l'intéressée avait omis de déclarer l'intégralité de ses revenus pour l'année 2020. La régularisation de ses droits a entraîné la notification, le 1er février 2022, d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 856,07 euros, correspondant à la période de mai 2020 à avril 2021. Le 23 février 2022, l'intéressée a sollicité une remise de dette. La caisse d'allocations familiales, ayant reçu délégation de la part du département du Nord en application de l'article 5-3 de la convention relative à la gestion du revenu de solidarité active, a rejeté sa demande le 25 novembre 2022. Par la présente requête, Mme C demande la remise gracieuse de sa dette de revenu de solidarité active.

2. En vertu de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, la créance du département à l'égard d'un bénéficiaire du revenu de solidarité active, résultant du paiement indu de ce revenu, " peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ". Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation que si, tout à la fois, d'une part, il est de bonne foi, l'indu ne devant pas trouver sa cause dans une manœuvre frauduleuse ou une fausse déclaration procédant d'une volonté de dissimulation de sa part, et, d'autre part, la précarité de sa situation, appréciée par le département à la date de sa décision, justifie l'octroi d'un remise.

3. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration

des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.

4. Il résulte de l'instruction que l'indu notifié à Mme C trouve son origine dans des omissions déclaratives concernant ses ressources trimestrielles, consistant à ne pas avoir déclaré la totalité de ses salaires et à avoir minoré le montant de ses indemnités de chômage ainsi que des revenus de formation réellement perçus pour l'année 2020. Ces omissions sur plusieurs déclarations trimestrielles caractérisent un manquement aux obligations déclaratives que Mme C ne pouvait de bonne foi ignorer.

5. Il résulte de ce qui précède que les omissions déclaratives commises par Mme B font obstacle à ce que lui soit accordée la remise d'indu de revenu de solidarité active qu'elle sollicite, en dépit de la précarité éventuelle de sa situation actuelle. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête en toutes ses conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au département du Pas-de-Calais

Copie pour information sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Pas-de-Calais.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

O. Cotte

La greffière,

signé

C. Lejeune

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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