vendredi 23 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2301110 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | MARSEILLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 6 février 2023 et 12 avril 2023, M. A B, représenté par Me Marseille, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, à l'autorité préfectorale de lui délivrer une convocation en préfecture dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, afin de lui permettre de déposer sa demande de titre de séjour et d'en obtenir récépissé, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, ou au requérant en cas de refus d'admission à l'aide juridictionnelle, en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ; il se trouve placé dans une situation de précarité administrative découlant de l'irrégularité de son séjour ; il vit en France depuis huit ans de manière stable et continue ; il est parfaitement intégré à la société française et dispose de l'ensemble de ses liens familiaux et personnels en France remplissant ainsi les conditions de délivrance du titre de séjour sollicité ;
- la mesure sollicitée est utile, dès lors qu'il a déposé sept demandes de rendez-vous à la préfecture en presque neuf mois ;
- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative ;
- il conteste s'être vu notifier des décisions portant obligation de quitter le territoire français ; en tout état de cause, sa situation a connu des évolutions postérieures de sorte que sa demande de titre de séjour est recevable et doit être enregistrée ; le centre de sa privée et familiale se situe toujours sur le territoire français où il vit avec l'ensemble de sa famille qui se trouve en situation régulière.
Par un mémoire enregistré le 16 mars 2023, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le 23 février 2023, un refus d'enregistrement a été notifié ; il n'existe pas de refus implicite d'octroyer un rendez-vous ; le juge des référés n'a pas à se prononcer sur la demande présentée par le requérant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Lassaux, premier conseiller, pour statuer
sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ". En vertu de l'article L. 521-1 du même code, ce juge peut ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative, même de rejet, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision. L'article L. 521-2 prévoit que ce juge peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une autorité administrative aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
2. M. A B, de nationalité sénégalaise, né le 20 février 1999, déclare être entré en France le 20 février 2015. M. B a sollicité un rendez-vous dès lors le 7 juin 2022 pour déposer une demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " au titre de ses liens personnels et familiaux en France. Face au silence conservé par l'administration malgré les relances du conseil de M. B, ce dernier demande au juge des référés du tribunal, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Nord de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour. Le 23 février 2023, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet du Nord a informé le requérant qu'il refusait de le convoquer et par suite d'enregistrer sa demande de délivrance d'un titre de séjour.
3. Lorsque le juge des référés est saisi sur le fondement de l'article L.521-3 du code justice administrative, aux fins d'enjoindre de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
4. M. B n'ayant jamais été titulaire d'un titre de séjour, il lui appartient, dès lors, de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire enjoignant au préfet du Nord de le convoquer pour déposer sa demande de titre de séjour. Pour justifier de l'urgence de sa situation, le requérant soutient qu'il se trouve placé dans une situation de précarité administrative découlant de l'irrégularité de son séjour, qu'il vit en France depuis huit ans de manière stable et continue qu'il est parfaitement intégré à la société française et dispose de l'ensemble de ses liens familiaux et personnels en France remplissant ainsi les conditions de délivrance du titre de séjour sollicité. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. B a fait l'objet de deux décisions portant obligation de quitter le territoire français les 16 août 2019 et 7 juillet 2021 dont la contestation a été rejetée par le tribunal administratif de Lille les 28 janvier 2020 et 21 juillet 2021. Si M. B fait valoir que sa situation administrative l'expose à un risque d'éloignement, cette circonstance que l'intéressé supporte au demeurant depuis plusieurs années du fait des mesures éloignement qui ont été prises à son encontre, n'est pas de nature à justifier de la nécessité pour lui d'obtenir rapidement le rendez-vous sollicité. Par ailleurs, M. B dont il est constant qu'il réside chez sa mère et bénéficie ainsi du soutien matériel de sa famille ne démontre pas que le refus de le convoquer à un rendez-vous pour qu'il puisse déposer une demande de délivrance de titre de séjour le place dans une situation de grande précarité caractérisant une atteinte grave et immédiate à ses intérêts. En l'absence d'une situation d'urgence immédiate justifiant que le juge des référés fasse usage des pouvoirs qui lui sont confiés dans les conditions rappelées au point 1, les conclusions aux fins d'injonction présentées par M. B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions relatives aux frais de l'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Marseille.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 23 juin 2023.
Le juge des référés,
signé
P. LASSAUX
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2301110
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026