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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2301780

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2301780

mardi 4 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2301780
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantYARROUDH-FEURION

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés, les 25 février et 18 mars 2023, M. A C, représenté par Me Yarroudh-Feurion, demande au juge des référés :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 21 octobre 2022 par laquelle le préfet de la zone de défense et de sécurité Nord a mis fin à ses fonctions de policier adjoint à plein traitement à compter du 1er décembre 2022 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision attaquée le prive d'un emploi et le plonge dans une situation financière désastreuse ; il connaît des difficultés pour subvenir aux besoins de sa famille ;

- le préfet de la zone de défense et de sécurité n'a pas respecté son engagement de le renouveler ; le renouvellement de son contrat lui était acquis ; il avait accepté la proposition de renouvellement formulée par l'administration ;

- il avait déposé une plainte pour harcèlement à l'encontre de plusieurs collègues du commissariat ; la décision est entachée d'un détournement de pouvoir ayant été prise au regard de cette plainte.

Par un mémoire, enregistré le 17 mars 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- à titre principal, que les conclusions à fin de suspension soit irrecevables ; le contrat d'engagement de M. C n'ayant pas été renouvelé, le juge des référés ne peut plus en suspendre l'exécution ; le litige est dépourvu d'objet ;

- à titre subsidiaire, la condition d'urgence n'est pas remplie et aucun des moyens invoqués au soutien de la requête n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Le président du tribunal a désigné M. Lassaux, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Vu :

- la requête à fin d'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité intérieure ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 23 mars 2023 à 15 heures en présence de Mme Benkhedim, greffière, M. B a lu son rapport.

Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 21 octobre 2022, le préfet de la zone de défense et de sécurité Nord a décidé ne pas renouveler le contrat d'engagement de M. A C, agent contractuel, de ses fonctions de policier adjoint. Par cette requête, M. C demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision portant refus de renouvellement de son contrat d'engagement.

Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin de suspension :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

4. Le juge des référés ne peut plus suspendre, après le terme d'un contrat à durée déterminée, la décision de ne pas renouveler ce contrat, ni imposer le maintien provisoire de relations contractuelles au-delà de la date d'échéance de ce contrat.

5. Il résulte de l'instruction que M. C a été recruté le 1er décembre 2019 par un contrat d'engagement de 3 ans en qualité d'adjoint de sécurité. Comme il a été rappelé au point 1 le préfet de la zone de défense et de sécurité a informé le requérant le 21 octobre 2022 que son contrat d'engagement n'était pas renouvelé et prenait fin à compter du 1er décembre 2022. La circonstance que l'intéressé se soit vu remettre le 6 septembre 2022 un formulaire afin de recueillir son souhait d'une prolongation de son contrat d'engagement qu'il a retourné en manifestant sa volonté de poursuivre son activité de policier n'est pas de nature à démontrer l'existence d'une décision de l'administration portant renouvellement de son contrat. Le terme du contrat de M. C étant fixé au 1er décembre 2022 et n'ayant pas été renouvelé, la demande du requérant était donc privée d'objet avant même l'introduction de sa requête. Dans ces conditions, les conclusions aux fins de suspension et, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction présentées par le requérant ne peuvent qu'être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. C est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et Me Yarroudh- Feurion.

Une copie en sera adressée pour information au préfet de la zone de défense et de sécurité Nord.

Fait à Lille, le 4 avril 2023.

Le juge des référés,

signé

P. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2301780

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