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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2302263

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2302263

mercredi 11 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2302263
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formationjuge unique (3)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de Mme C contestant le refus de remise gracieuse d’un trop-perçu de prime d’activité de 1 608,72 euros. Statuant en plein contentieux, le juge unique a examiné la situation de précarité et la bonne foi de la requérante, conformément à l’article L. 845-3 du code de la sécurité sociale. Si la bonne foi n’était pas contestée, Mme C n’a pas démontré une situation de précarité suffisante pour justifier une remise, faute de justifier ses charges actuelles et malgré un quotient familial de 1 168 euros. La demande a donc été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistré le 13 mars 2023, Mme B C demande au tribunal d'annuler la décision du 6 février 2023 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales du Nord a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette de 1 608,72 euros relative à un trop-perçu de prime d'activité.

Elle soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 septembre 2023, la caisse d'allocations familiales du Nord conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que le moyen de la requête n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique à l'issue de laquelle l'instruction a été close en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par sa requête, Mme C demande au tribunal d'annuler la décision du 6 février 2023 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales du Nord a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette de 1 608,72 euros relative à un trop-perçu de prime d'activité.

2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une ou l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

4. Il ne résulte pas de l'instruction que la bonne foi de Mme C est remise en cause. Dans ces circonstances, c'est au seul regard de la situation de précarité financière de la requérante que doit être examinée sa demande de remise gracieuse de l'indu de prime d'activité. Toutefois, en réponse à l'invitation qui lui a été adressée, le 25 octobre 2024, par le tribunal préalablement à la tenue de l'audience, lui demandant de justifier des ressources et des charges actuelles de son foyer, Mme C n'a produit que son avis d'imposition sur les revenus de 2023 et ne justifie pas de ses charges. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que le quotient familial de son foyer s'élevait à 1 168 euros au mois d'octobre 2024. Par suite, Mme C n'établit pas qu'elle serait, à la date du présent jugement, dans une situation de précarité telle qu'elle serait dans l'impossibilité de rembourser le solde de sa dette. Dans ces circonstances, Mme C n'est pas fondée à demander une remise de dette.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Nord.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 décembre 2024.

La magistrate désignée,

Signé

M. ALa greffière,

Signé

B. BUISSART

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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