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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2302708

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2302708

jeudi 11 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2302708
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantBALAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 27 mars 2023 et 14 avril 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l'autoriser à occuper au cours du mois de mai 2023 pour une durée de 10 jours, la parcelle cadastrée AH n°148 sise 300 bis rue Clémenceau à Wattignies afin d'y installer un échafaudage nécessaire à la réalisation des travaux d'étanchéité et d'isolation thermique du mur pignon du commissariat de police en construction sur une emprise de 11 mètres de large et de 2,50 mètres de profondeur, à déposer une partie de la clôture existante, à abattre l'arbre situé sur l'emprise de l'échafaudage, à déplacer les tuiles et les stères de bois et débroussailler le terrain sur cette emprise ainsi qu'à remettre les lieux dans leur état d'origine et à procéder un état des lieux contradictoire lors de l'entrée sur la parcelle et lors de sa libération.

2°) à autoriser le passage des ouvriers par l'entrée principale de la propriété de M. et Mme A et à occuper leur parcelle pour une durée de 15 jours afin de procéder à sa remise en état et de réaliser un complément de clôture manquante sur le terrain du SGAMI ;

3°) d'autoriser la réalisation d'un état des lieux contradictoire lors de l'entrée sur la parcelle.

Il soutient que :

- l'ordre administratif est compétent dès lors que les travaux d'étanchéité sur le mur pignon qui doivent être réalisés et pour lesquels l'occupation est nécessaire visent à permettre l'achèvement de l'opération de travaux publics tenant à l'implantation d'un commissariat de police ; cette occupation vise également à prévenir la survenance de dommages de travaux publics qui proviendraient de chute d'ouvriers s'il ne pouvait pas accéder au mur pignon par un échafaudage ;

- la parcelle étant close, le préfet compétent ne peut pas autoriser une occupation temporaire du terrain, conformément aux dispositions de l'article 2 de la loi du 29 décembre 1892 ; l'occupation du terrain de M. et Mme A s'impose dès lors que le mur pignon sur lequel des travaux d'étanchéité doivent être réalisés est en limite de parcelle ; la surface destinée à accueillir l'échafaudage (11 mètres de large et 2,50 mètres de profondeur) doit être préalablement débroussaillée et nivelée ; un arbre doit être abattu et les tuiles et les stères de bois situées sur cette zone doivent être déplacées provisoirement ; la clôture existante située sur la propriété des défendeurs doit être déposée ; l'occupation est nécessaire pour une durée de 10 jours, hors aléas climatiques ; à l'issue de cette occupation, l'Etat s'engage à remplacer la clôture déposée, à replanter un nouvel arbre et à remettre les tuiles et les stères de bois à leur place ; un complément de clôture doit être dressé ; il doit être autorisé accéder à la propriété des voisins par l'entrée principale pour procéder à des travaux de remise en état de la partie de leur parcelle qui a été endommagée lors des travaux le long de la clôture ; ces travaux tiennent au remblaiement et à l'aplanissement des terres le long de la clôture, remise en état des troènes implantées à moins de deux mètres de la limite mitoyenne ; la servitude du droit d'échelle peut être autorisée par le juge pour permettre la réalisation de travaux de réparation mais également pour la réalisation de construction neuve ; la demande ne se heurte à aucune contestation sérieuse ;

- la condition d'urgence est remplie dans la mesure où l'occupation de mandée permet la poursuite de la construction du commissariat ; les travaux de façades ont débuté le 20 février 2023 et doivent être terminés le 5 juin 2023 ; l'étanchéité du mur pignon doit être réalisé au cours du mois de mai 2023 ; un simple décalage des travaux du mur pignon impliquerait d'importants surcouts ; un retard dans l'achèvement des travaux aurait pour conséquence de rallonger la durée de la location dans les locaux actuels ; enfin la livraison du chantier est prévue pour la fin du mois de septembre 2023 ; un retard des travaux engendrerait donc un retard de livraison mais aussi un retard dans la labellisation du Passivhaus ; ce label ne pouvant être octroyé tant que l'enveloppe du bâtiment n'est pas réalisée ;

- la mesure demandée est utile, dès lors que l'occupation permettra d'achever les travaux d'étanchéité et d'isolation thermique du commissariat et de prévenir d'éventuels dommages de travaux publics qui pourraient être causés par une intervention des ouvriers sans pouvoir recourir à un échafaudage ;

- le ministre de l'intérieur et des outre-mer ne s'oppose pas à l'envoi d'un courrier à M. et Mme A afin de les informer de la date d'intervention mais le délai de préavis ne peut pas excéder 8 jours afin de ne pas retarder à nouveau le chantier ;

- la mesure demandée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 5 et 7 avril 2023,

M. et Mme A, représentés par Me Balaÿ, conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire,

- à autoriser le ministre de l'intérieur et des outre-mer à occuper au cours du mois de mai 2023 pour une durée de 7 jours, entre 8 heures et 19 heures, la parcelle cadastrée AH n°148 sise 300 bis rue Clémenceau à Wattignies afin d'y installer un échafaudage nécessaire à la réalisation des travaux d'étanchéité et d'isolation thermique du mur pignon du commissariat de police en construction sur une emprise de 11 mètres de large de 2,50 mètres de profondeur, à déposer une partie de la clôture existante, à abattre l'arbre situé sur l'emprise de l'échafaudage, à déplacer les tuiles et les stères de bois et débroussailler le terrain sur cette emprise ainsi qu'à remettre les lieux dans leur état d'origine et à procéder un état des lieux contradictoire lors de l'entrée sur la parcelle et lors de sa libération.

- à autoriser à déposer une partie de la clôture existante et autoriser le passage des ouvriers uniquement par cet accès ;

- à autoriser le passage des ouvriers par l'entrée principale de leur propriété et autoriser les ouvriers à occuper leur propriété durant 7 jours uniquement afin de procéder à la remise en état du terrain et la réalisation d'un complément de clôture manquante ;

- à autoriser à l'abattage situé sur l'emprise de l'échafaudage, à déplacer les tuiles et stères de bois et de débroussailler le terrain sur cette même emprise ;

- à ordonner au ministre de l'intérieur et des outre-mer de les prévenir par lettre recommandée avec demande d'avis de réception des différentes dates retenues pour les mettre en mesure de choisir une date à leur convenance, étant précisé qu'à défaut une intervention pourraient avoir lieu après envoi d'une lettre recommandée 15 jours avant le début des travaux ;

3) à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la demande du ministre de l'intérieur et des outre-mer est irrecevable à défaut d'avoir obtenu leur accord pour occuper leur terrain et détruire leur plantation ; ces faits ressortiraient d'une voie de fait et relèveraient de la seule compétence du juge judiciaire ;

- la condition d'urgence n'est pas remplie ; le ministre de l'intérieur et des outre-mer attendu près de deux ans après l'obtention du permis de construire relatif à la construction du commissariat pour présenter une telle demande ; il a ainsi lui-même organisé une prétendue urgence ;

- la mesure demandée n'est pas utile, dès lors qu'il n'est pas établi qu'un accord amiable aurait été recherché pour obtenir les mesures sollicitées ; le ministre de l'intérieur et des outre-mer n'est pas fondé à imposer une servitude de tour d'échelle pour une construction neuve ;

- à titre subsidiaire, si la mesure sollicitée était autorisée, il conviendrait de la limiter à 7 jours d'occupation et à ne permettre l'accès à la propriété que par la partie de la clôture qui serait déposée ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi du 29 décembre 1892 relative aux dommages causés à la propriété privée par l'exécution des travaux publics ;

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné M. Lassaux, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article l.521-3 du code de justice administrative :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à aucune décision administrative.

2. D'autre part, aux termes de l'article 3 de la loi du 29 décembre 1892 relative aux dommages causés à la propriété privée par l'exécution des travaux publics : " Lorsqu'il y a lieu d'occuper temporairement un terrain, soit pour en extraire ou ramasser des matériaux, soit pour y fouiller ou y faire des dépôts de terre, soit pour tout autre objet relatif à l'exécution de projets de travaux publics, civils ou militaires, cette occupation est autorisée par un arrêté du préfet, indiquant le nom de la commune où le territoire est situé, les numéros que les parcelles dont il se compose portent sur le plan cadastral, et le nom du propriétaire tel qu'il est inscrit sur la matrice des rôles. / Cet arrêté indique d'une façon précise les travaux à raison desquels l'occupation est ordonnée, les surfaces sur lesquelles elle doit porter, la nature et la durée de l'occupation et la voie d'accès. / Un plan parcellaire désignant par une teinte les terrains à occuper est annexé à l'arrêté, à moins que l'occupation n'ait pour but exclusif le ramassage des matériaux. ". Toutefois, aux termes de l'article 2 de la même loi : " Aucune occupation temporaire de terrain ne peut être autorisée à l'intérieur des propriétés attenantes aux habitations et closes par des murs ou par des clôtures équivalentes, suivant les usages du pays. ".

3. Saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En particulier, le juge des référés peut, pour prévenir ou faire cesser un dommage imputable à des travaux publics ou à un ouvrage public, enjoindre au responsable du dommage de prendre des mesures conservatoires destinées à faire échec ou mettre un terme à des dangers immédiats, en l'absence de contestation sérieuse tant sur l'imputabilité du dommage à ces travaux publics ou l'ouvrage public que sur la faute que commet la personne publique en s'abstenant, hors toute justification par un motif d'intérêt général ou par les droits des tiers, de prendre les mesures de nature à y mettre fin ou à en pallier les effets.

4. Il résulte de l'instruction que le ministre de l'intérieur et des outre-mer a saisi le juge des référés sur le fondement de l'article L.521-3 du code de justice administrative afin que soit installé un échafaudage sur la parcelle de M. et Mme A, située 300 bis rue Clémenceau à Wattingies, en vue de la réalisation de travaux d'étanchéité sur le mur pignon du commissariat de police en cours de construction sur la parcelle voisine. La demande du ministre de l'intérieur et des outre-mer, relative à des travaux publics, n'est donc pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige dont il appartient au juge administratif de connaître. Par ailleurs, les circonstances que la propriété de M. et Mme A est close et que l'administration ne serait pas compétente, sur le fondement notamment de loi du 29 décembre 1892 susvisé, pour autoriser une telle occupation ou le fait pour les services de l'Etat de ne pas avoir obtenu un accord préalable des intéressés ne font pas obstacle à ce que le juge des référés sur le fondement de l'article L.521-3 du code de justice administrative ne puisse ordonner une telle mesure. La fin de non-recevoir opposée par M. et Mme A doit, par suite, être écartée.

5. Il résulte également de l'instruction que la réalisation d'une isolation thermique extérieure du mur pignon du commissariat de police est prévue dans le cadre de l'exécution du marché de public de construction de ce bâtiment conclu par le ministre de l'intérieur et des outre-mer. Il résulte de l'instruction que les travaux d'étanchéité et d'isolation thermique du mur pignon ne peuvent être réalisés qu'à partir d'un échafaudage en périphérie de bâtiments sur un sol stabilisé et propre. L'installation d'un échafaudage d'une largeur de 11 mètres et d'une profondeur de 2,50 mètres sur la propriété de M. et Mme A s'impose pour effectuer ces travaux sur le mur pignon dans des conditions normalement acceptables de sécurité. Cette occupation réclamée vise ainsi à prévenir également tous dommages de travaux publics qui pourraient résulter d'une intervention des ouvriers en charge de ses travaux sans recourir à un tel échafaudage les exposant alors à un risque accru de chute. Les travaux en cause impliquent également qu'une partie de la clôture existante soit déposée, que la surface destinée à accueillir l'échafaudage soit débroussaillée, qu'un arbre soit abattu et que les stères de bois et les tuiles qui y sont entreposées soient déplacées. Il résulte de l'instruction que les travaux d'étanchéité et de pose d'une isolation thermique par l'extérieur du bâtiment sont susceptibles de durer 10 jours, hors aléas climatiques. Le ministre de l'intérieur et des outre-mer indique que l'occupation de la parcelle voisine doit porter sur une période de 15 jours afin de permettre sa complète remise en état. En outre, la circonstance que les services de l'Etat doivent procéder à l'abattage d'un arbre n'est pas de nature à empêcher une telle occupation, dès lors que, d'une part, l'Etat est en mesure de procéder, à ses frais, à la remise en état du terrain en plantant notamment un nouvel arbre d'une même essence et que, d'autre part, un tel abattage ne peut être regardé comme entraînant une extinction du droit de propriété que les défendeurs détiennent sur la parcelle AH n°148. M. et Mme A ne peuvent pas utilement invoquer les règles régissant l'octroi d'une servitude dite de " tour d'échelle " qui sont afférentes aux seules relations de voisinage, contrôlées par le juge judiciaire, pour faire obstacle à ce que le juge des référés puisse accorder, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, une occupation temporaire d'une propriété privée afin d'y réaliser des travaux se rattachant à une opération de travaux publics. Dans ces conditions, alors même que l'accord préalable de M. et Mme A n'a pas été obtenu, eu égard tant au caractère indispensable de l'installation d'un échafaudage sur leur propriété pour achever les travaux d'isolation thermique d'un nouveau commissariat de police et au fait que ces installations vont permettre de prévenir tous dommages de travaux publics qu'à la circonstance que l'occupation réclamée est temporaire et ne porte en elle aucun effet irréversible sur les droits réels des défendeurs, la demande du ministre de l'intérieur et des outre-mer doit être regardée comme ne se heurtant à aucune contestation sérieuse. Elle ne se heurte pas davantage à l'exécution d'une décision administrative. Enfin, la mise en place de l'échafaudage sur la parcelle de

M. et Mme A s'inscrit, comme il vient d'être dit, dans le cadre d'une opération de construction en cours en vue de l'implantation d'un bâtiment ayant vocation à accueillir un service public. En outre, les services de l'Etat qui ne peuvent être autorisés par un arrêté préfectoral à occuper le terrain des défendeurs qui est clos conformément aux dispositions précitées de l'article 2 de la loi du 29 décembre 1892 ont tenté en vain d'obtenir l'accord de ces derniers pour installer un échafaudage sur leur parcelle. La demande du ministre de l'intérieur et des outre-mer présente, par conséquent, un caractère urgent et utile au sens des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

6. En revanche, les travaux de remise en état de la partie de la propriété située le long de la clôture qui a été endommagée durant la construction du commissariat et qui ne visent qu'à permettre une réparation en nature des dommages des travaux publics dont l'Etat serait responsable ne peuvent justifier une occupation de la parcelle des défendeurs, en l'absence de leur accord préalable. Par ailleurs, dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction et plus particulièrement du plan d'intervention fourni par le requérant que l'édification d'un complément de clôture séparant la parcelle des défendeurs de celle servant de terrain d'assiette au commissariat ne pourrait être réalisée par les entreprises en charge de ces travaux qu'à partir de la parcelle AH 148, cette demande d'occupation de la propriété de M. et Mme A pour la réalisation de ces seuls travaux complémentaires n'est pas davantage fondée. Il s'ensuit que ces demandes complémentaires du ministre de l'intérieur et des outre-mer doivent, par suite, être rejetées.

7. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 précité du code de justice administrative, d'autoriser le ministre de l'intérieur et des outre-mer à occuper la parcelle cadastrée AH n°148 sise 300 bis rue Clémenceau à Wattignies afin d'y installer un échafaudage nécessaire à la réalisation des travaux d'étanchéité et d'isolation thermique du mur pignon du commissariat de police en construction sur une emprise de 11 mètres de large de 2,50 mètres de profondeur pour une durée de 12 jours au cours du mois de mai 2023. Le ministre de l'intérieur et des outre-mer est également autorisé à occuper la parcelle de M. et Mme A afin de déposer une partie de la clôture existante, d'abattre l'arbre situé sur l'emprise de l'échafaudage, de déplacer les tuiles et les stères de bois, de débroussailler le terrain sur cette emprise. Le ministre de l'intérieur et des outre-mer devra enfin remettre la zone ainsi occupée dans son état d'origine et prévoir un état des lieux contradictoire lors de l'entrée sur la parcelle et lors de sa libération. Il n'y a pas lieu de faire droit en l'espèce aux demandes de M. et Mme A tendant à encadrer plus strictement les conditions d'occupation de leur parcelle pour la réalisation des travaux en cause.

Sur les frais liés à l'instance :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme réclamée par M. et Mme A soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante à l'instance.

O R D O N N E

Article 1er : Le ministre de l'intérieur et des outre-mer est autorisé à occuper, au cours du mois de mai 2023, selon l'état d'avancement des travaux de construction, la parcelle cadastrée la parcelle cadastrée AH n°148 sise 300 bis rue Clémenceau à Wattignies afin d'y installer un échafaudage nécessaire à la réalisation des travaux d'étanchéité et d'isolation thermique du mur pignon du commissariat de police en construction sur une emprise de 11 mètres de large de 2,50 mètres de profondeur pour une durée de 12 jours au cours du mois de mai 2023 ainsi que de déposer une partie de la clôture existante, de procéder à l'abattage de l'arbre situé sur l'emprise de l'échafaudage, de déplacer les tuiles et les stères de bois, de débroussailler le terrain sur cette emprise. Il est ordonné au ministre de l'intérieur et des outre-mer de remettre la zone de la parcelle occupée dans son état d'origine et de prévoir un état des lieux contradictoire lors de l'entrée sur la parcelle et lors de sa libération.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Les conclusions présentées par M. et Mme A sur le fondement de l'article L761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à M. et Mme A.

Fait à Lille, le 11 mai 2023.

Le juge des référés,

Signé

P. LASSAUX

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2302708

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