mercredi 13 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2307392 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | BODART |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 août et le 28 août 2023, Mme B A, représentée par Me Jamais, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du 5 juillet 2023 par lequel la maire de Lille a mis fin au stage préalable à sa titularisation à compter du 9 juillet 2023 et l'a réintégrée dans le cadre d'emploi des adjoints administratifs au grade d'adjointe administrative principale de deuxième classe, à compter du 10 juillet 2023 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Lille, dans un délai de huit jours à compter de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, de réintégrer Mme A au grade de brigadier-stagiaire en position de détachement jusqu'à l'achèvement de son stage préalable à la titularisation ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Lille le versement d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision attaquée a des conséquences sur sa situation financière ; elle est privée du versement de primes et indemnités d'un montant mensuel de 723,15 euros alors qu'elle a cinq enfants à charge et qu'elle supporte des crédits ; qu'elle compromet son avenir dans la police municipale dès lors qu'elle ne peut plus suivre les enseignements de la formation initiale d'application prévus jusqu'au 5 octobre 2023 ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors que :
* elle est entachée d'incompétence ;
* elle est insuffisamment motivée ;
* elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle a été prise sans mise en œuvre d'une procédure contradictoire et dès lors que des rapports émis au cours du stage sur sa manière de servir ne lui ont pas été communiqués ;
* elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que, prise avant la fin du stage, la décision attaquée devait prendre la forme d'un licenciement et non d'un refus de titularisation ;
* elle est entachée d'erreurs de fait dès lors que les faits reprochés ne lui sont pas imputables et sont inexacts ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle a été affectée à des fonctions de gardien-brigadier sans avoir achevé sa formation préalable obligatoire, qu'elle a obtenu d'excellentes évaluations et appréciations de la part de ses encadrants au cours de son stage et que l'autorité administrative ne pouvait lui reprocher d'avoir informé sa hiérarchie de faits l'interpellant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 août 2023, la commune de Lille, représentée par Me Bodart, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ; la décision attaquée n'expose pas la requérante à la perte de son emploi ; stagiaire, en situation probatoire, elle ne disposait d'aucun droit ni garantie de titularisation ; son affectation à la direction Elections et recensement n'est aucunement critiquée ; la requérante ne justifie pas suffisamment des conséquences financières concrètes de la décision attaquée ; l'urgence fait défaut au regard de l'attitude et du comportement de la requérante ; l'intérêt du service, la sérénité de la conduite des missions de police ne peuvent être compromis par des comportements professionnels inappropriés de la requérante ;
- les moyens soulevés ne sont pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué.
Vu :
- la copie de la requête à fin d'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2006-1391 du 17 novembre 2006 portant statut particulier du cadre d'emplois des agents de police municipale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bergerat, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 28 août 2023 à 14h30, en présence de M. Potet, greffier, Mme Bergerat, juge des référés, a lu son rapport et entendu :
- Me Jamais, représentant Mme A, qui reprend les conclusions et moyens de la requête ; il fait valoir que l'erreur manifeste d'appréciation est évidente dès lors que la requérante n'a pas suivi l'intégralité de la formation initiale d'application, qu'elle n'a pas pu être évaluée sur la base des notes attribuées lors de la formation, que l'évaluation du 20 avril 2023 est positive ; l'urgence est également remplie dès lors que les pertes de revenus auront une incidence sur les cotisations pour la retraite, qu'elle perd une chance de suivre la fin de la formation initiale et d'évoluer dans son nouveau grade ;
- et Me Bodart, représentant la commune de Lille qui reprend les conclusions et arguments du mémoire en défense ; il fait valoir que Mme A n'est pas privée d'emploi, que sa manière de servir l'expose à un danger pour elle et ses collègues, que ses collègues sont réticents à travailler avec elle, qu'elle ne parvient pas à considérer la figure d'autorité du fonctionnaire de police municipale et que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation n'est pas fondé.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré, présentée pour Mme A par Me Jamais, a été enregistrée le 28 août 2023.
Une note en délibéré, présentée pour la commune de Lille par Me Bodart, a été enregistrée le 29 août 2023.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite de son inscription sur la liste d'aptitude d'accès au grade de gardienne-brigadière de police municipale, Mme B A a été nommée, à compter du 1er juin 2022, gardienne-brigadière stagiaire par un arrêté de la maire de Lille du 30 juin 2022. Par un arrêté du 5 juillet 2023, il a été mis fin à son stage à compter du 9 juillet 2023. Mme A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté du 5 juillet 2023.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative: " Quand une décision administrative même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
3. Il appartient au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative d'une demande tendant à la suspension d'une décision administrative, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de cette décision sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence, qui doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. L'office du juge des référés, saisi de conclusions à fin de suspension, le conduit à porter sur l'urgence une appréciation objective, concrète et globale, au vu de l'ensemble des intérêts en présence, afin de déterminer si, dans les circonstances particulières de chaque affaire, il y a lieu d'ordonner une mesure conservatoire à effet provisoire dans l'attente du jugement au fond de la requête à fin d'annulation de la décision contestée.
4. D'une part, l'arrêté en litige, s'il a pour effet de ramener le traitement mensuel de Mme A de 2 880 euros à 2 125 euros, n'a pas pour effet de la priver de toute rémunération et il n'apparaît pas, en l'absence de tous éléments justifiant des charges alléguées par l'intéressée, à savoir cinq enfants et des emprunts, que cette perte de traitement d'environ 725 euros par mois la placerait dans une situation financière critique, alors d'ailleurs que la requérante ne soutient pas que, avant sa nomination comme gardienne-brigadière stagiaire, sa rémunération en qualité d'adjointe administrative principale ne lui permettait pas de couvrir ses charges.
5. D'autre part, un agent public ayant la qualité de stagiaire se trouve dans une situation probatoire et provisoire. La décision de ne pas titulariser un tel agent ne peut, par elle-même, être regardée comme portant à sa situation professionnelle une atteinte grave et immédiate justifiant l'urgence au sens des dispositions ci-dessus reproduites de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Si Mme A soutient que la décision attaquée la prive de la possibilité d'achever la formation initiale prévue par l'article 5 du décret n° 2006-1391, et par conséquent de la possibilité d'achever son stage, cette situation n'est pas distincte de celle des agents ayant la qualité de stagiaire pour lesquels l'autorité administrative décide de mettre fin au stage, au cours de cette période probatoire.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'établit pas l'existence d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant au doute sérieux est remplie, il y a lieu de rejeter la requête de Mme A y compris ses conclusions tendant au prononcé d'une injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par la commune de Lille au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à la commune de Lille.
Fait à Lille, le 13 septembre 2023.
La juge des référés,
signé
S. BERGERAT
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026