mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2307859 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (3) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 septembre 2023, Mme C A demande au tribunal d'annuler la décision du 22 août 2023 en tant que le président du conseil départemental du Pas-de-Calais ne lui a accordé qu'une remise partielle d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 2 129,34 euros et de lui accorder la remise totale de cette dette.
Elle soutient que :
- elle est de bonne foi ;
- elle se trouve dans une situation financière précaire.
La requête a été communiquée au département du Pas-de-Calais qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique, à l'issue de laquelle l'instruction a été close, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par sa requête, Mme A demande au tribunal d'annuler la décision du 22 août 2023 par laquelle le président du conseil départemental du Pas-de-Calais ne lui accordée qu'une remise partielle d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 2 129,34 euros et de lui accorder une remise totale de cette dette.
2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service (). La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ". Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée mais de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise gracieuse totale ou partielle.
4. Si l'indu de revenu de solidarité active dont le remboursement est demandé à Mme A a pour origine une absence de déclaration, de sa part, de pensions alimentaires, il ne résulte pas de l'instruction que sa bonne foi est en cause, une remise partielle d'un montant de 532,34 euros lui ayant d'ailleurs été accordée, laissant à sa charge une somme de 1 597 euros. C'est donc au seul regard de la situation de précarité financière de la requérante que doit être examinée sa demande de remise gracieuse. Il résulte de l'instruction, notamment de l'attestation de la caisse d'allocations familiales du Pas-de-Calais du 6 août 2024 mentionnant un quotient familial, pour le mois de juillet 2024, de 484 euros, que Mme A se trouve, à la date du présent jugement, dans une situation de précarité financière telle qu'elle n'est pas en mesure de s'acquitter du solde de sa dette de revenu de solidarité active d'un montant de 1 597 euros, sans compromettre durablement l'équilibre de son budget ou menacer la satisfaction des besoins élémentaires de son foyer.
5. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'accorder à Mme A une remise gracieuse supplémentaire totale de l'indu de revenu de solidarité active de 1 597 euros restant à sa charge.
D E C I D E :
Article 1er : La decision du 22 août 2023 du president du conseil départemental du Pas-de-Calais, en tant qu'elle n'accorde pas à Mme A une remise totale de sa dette portant sur un indu de revenu de solidarité active, est annulée.
Article 2 : Il est accordé à Mme A la remise totale de sa dette s'élevant à 1 597 euros.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au département du Pas-de-Calais.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Pas-de-Calais.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
M. BLa greffière,
Signé
B. BUISSART
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026