jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2308136 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL WALGENWITZ AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 14 septembre 2023, le 14 novembre 2023 et le 8 octobre 2024, M. C A, représenté par Me Detrez-Cambrai, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au président de la Métropole européenne de Lille (MEL), à titre principal de prendre à son égard une décision administrative consécutive à la commission de réforme qui a statué sur sa situation le 28 juin 2019 dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, d'enjoindre au président de la MEL de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident qu'il a subi le 28 avril 2016, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et dans cette hypothèse, de le rétablir dans sa situation administrative à compter du 28 avril 2016 et de lui verser les éléments de rémunération correspondants, augmentés de l'intérêt au taux légal, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de la MEL la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dans la mesure où son placement en disponibilité d'office a pris fin à compter du 28 octobre 2023 et que son placement en activité dans le cadre d'un mi-temps thérapeutique prendra fin le 26 décembre 2024 ;
- la mesure sollicitée présente un caractère d'utilité, en ce qu'elle constitue désormais la seule possibilité pour lui de préserver ses droits à carrière, compte tenu du caractère particulièrement invalidant de la maladie de Lyme dont il souffre suite à l'accident de service dont il a été victime ;
- elle ne fait l'obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2023, la MEL, représentée par Me Walgenwitz, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à la mise à la charge de M. A de la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite en l'espèce, M. A n'ayant pas perdu tout droit à rémunération et s'étant d'ailleurs soustrait à une expertise médicale diligentée dans le cadre de sa demande de reconnaissance du caractère professionnel de la maladie de Lyme dont il souffre ;
- la mesure sollicitée fait en l'espèce obstacle à l'exécution d'une décision administrative, dans la mesure où il a déjà été statué sur sa demande de reconnaissance de maladie professionnelle.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Livenais, premier vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, peut prescrire en cas d'urgence, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code, notamment sous forme d'injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse, et sous réserve qu'elles ne fassent pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
2. M. A, technicien territorial principal occupant les fonctions de conducteur de travaux à la Métropole européenne de Lille (MEL), a été placé en congé de longue maladie à compter du 28 avril 2016 après plusieurs périodes de congés ordinaires de maladie courant du mois de mars 2003 au mois d'avril 2016, ces congés de maladie ayant trait à diverses affections que M. A impute à la maladie de Lyme que, selon lui, il aurait contracté au cours de l'année 2003 après avoir été mordu par une tique dans l'exercice de ses fonctions. Par un courrier du 22 décembre 2017, M. A a sollicité l'imputabilité au service de cette maladie de Lyme contractée après qu'il a été mordu par une tique dans l'exercice de ses fonctions, au cours de l'été 2003. En réponse à cette demande, la MEL a fait examiner M. A par un expert infectiologue le 28 mars 2018, puis saisi la commission de réforme du dossier de l'intéressé le 25 avril 2018. M. A ayant contesté les résultats de l'expertise, la métropole européenne a tenté de mettre en place une contre-expertise avant de considérer, après échange avec le secrétariat de la commission de réforme, qu'une contre-expertise ne serait possible qu'après que la commission de réforme ait émis son avis. Le secrétariat de la commission de réforme ayant relevé que le dossier était incomplet, la MEL a demandé, par courriers des 19 septembre et 23 octobre 2018, à M. A la production du certificat médical du médecin traitant précisant la pathologie pour laquelle la reconnaissance de maladie professionnelle est demandée ainsi que la date de première constatation médicale. Après réception du certificat de M. A le 26 octobre 2018, la MEL l'a transmis au secrétariat de la commission de réforme. Cette dernière, à l'issue de sa séance du 28 juin 2019, a émis un avis défavorable à la demande de reconnaissance de la maladie de Lyme de M. A au titre de la maladie professionnelle, la contre-expertise demandée par ce dernier n'ayant, d'ailleurs, pas pu être menée à bien faute pour l'intéressé de se rendre à la convocation que lui avait faite à cette fin le docteur B, expert infectiologue au centre hospitalier universitaire de Limoges. M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, à titre principal d'enjoindre au président de la MEL de prendre une décision sur sa situation administrative en matière d'imputabilité au service de sa maladie au regard de l'avis ainsi rendu par la commission de réforme le 28 juin 2019.
3. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable à la date de la décision en litige : "(), si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident () Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales () ".
4. En outre, aux termes de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Par dérogation à l'article L. 231-1, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : / () 5° Dans les relations entre l'administration et ses agents ".
5. Il résulte de l'instruction que, par lettre au président de la MEL en date du 29 novembre 2019, soit postérieurement à l'avis rendu sur sa situation par la commission de réforme, M. A a demandé à cette autorité de statuer sur l'imputabilité au service de la maladie dont il souffre. En vertu des dispositions, rappelées au point précédent, de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration, le silence gardé pendant plus de deux mois sur cette demande par le président de la MEL, dont il n'est pas contesté qu'il a reçu notification de la lettre du 29 novembre 2019 précité, a fait naître une décision implicite de rejet de la demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de la maladie de M. A. Ainsi, les mesures demandées par M. A, qui au demeurant ne présentent par de caractère provisoire ou conservatoire, tendent à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative précitées.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les conditions d'urgence et d'utilité des mesures sollicitées, que les conclusions de la requête de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la MEL, qui n'est pas partie perdante à l'instance, la somme que demande M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
8. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la MEL présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la Métropole européenne de Lille présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et à la Métropole européenne de Lille.
Fait à Lille, le 17 octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé,
Y. LIVENAIS
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2408136
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026