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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2310910

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2310910

mercredi 31 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2310910
TypeDécision
RecoursPlein contentieux

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 décembre 2023, Mme A B, représentée par Me Fortunato, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Nord de mettre à sa disposition, par tous moyens, une attestation de prolongation d'instruction de sa première demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour, l'autorisant à travailler, dans le délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 décembre 2023, le préfet du Nord conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et au rejet du surplus.

Par un nouveau mémoire, enregistré le 19 décembre 2023, Mme A B maintient ses conclusions.

Le président du tribunal a désigné M. Robbe, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissant syrienne née le 8 août 2004, a été reconnue réfugiée par une décision du directeur général de l'office français de protection des réfugiés et des apatrides du 7 septembre 2015. Elle a sollicité la délivrance de la carte de résident qu'implique cette reconnaissance par une demande déposée le 28 octobre 2022 sur la plateforme de l'Administration Numérique pour les Étrangers en France (ANEF), et été munie, d'abord, le même jour, d'une attestation de dépôt de cette demande, puis d'une attestation de prolongation d'instruction, valable du 7 novembre 2023 au 6 février 2024. Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Nord de mettre à sa disposition, par tous moyens, une attestation de prolongation d'instruction de sa première demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour, l'autorisant à travailler.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, d'admettre Mme B, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

5. Il résulte de l'instruction que, le 18 décembre 2023, le préfet du Nord a pris une décision favorable sur la demande présentée par Mme B et que cette dernière, a, en conséquence et en application de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, été munie, à compter du même jour, d'une attestation de décision favorable, laquelle lui permet de justifier de la régularité de son séjour, dans l'attente de la remise de sa carte de résident, valable du 9 novembre 2023 au 8 novembre 2033. Invitée, dans le cadre d'un supplément d'instruction, à indiquer au tribunal si elle été a été munie de la carte de résident dont la délivrance lui a été annoncée par cette attestation, Mme B n'a pas répondu dans le délai de cinq jours qui lui avait été imparti. Elle doit ainsi être regardée comme ayant été munie de cette carte. Par suite, les conclusions susvisées ont perdu leur objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme réclamée par Mme B au titre des frais liés au litige.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de Mme B présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Une copie en sera adressée pour information au préfet du Nord.

Fait à Lille, le 31 juillet 2024.

Le juge des référés,

signé

J. ROBBE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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