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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2310962

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2310962

mercredi 24 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2310962
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formationjuge unique (3)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de M. B... contestant le refus du président du conseil départemental de lui accorder une remise gracieuse d’un indu de revenu de solidarité active de 3 175,49 euros. Statuant en plein contentieux, le juge unique a estimé que la bonne foi du requérant n’était pas en cause, mais que ce dernier n’avait pas apporté d’éléments suffisants pour démontrer une situation de précarité financière justifiant une remise de dette. La décision s’appuie sur l’article L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles, qui conditionne la remise à la bonne foi ou à la précarité du débiteur, sauf en cas de fraude ou fausse déclaration.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 décembre 2023, M. A... B... demande au tribunal d’annuler la décision du 26 octobre 2023 par laquelle le président du conseil départemental a rejeté sa demande de remise gracieuse d’un indu de revenu de solidarité active d’un montant de 3 175,49 euros et de lui accorder la remise de cet indu.

Il soutient que :
- il n’a eu aucune volonté de frauder ;
- il a de faibles ressources.

La requête a été communiquée au président du conseil départemental du Pas-de-Calais qui n’a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C... pour statuer sur les litiges visés à l’article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience en application de l’article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme C... a été entendu au cours de l’audience publique à l’issue de laquelle l’instruction a été close en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Par une décision du 26 octobre 2023, le département du Pas-de-Calais a rejeté la demande de M. B... de remise de dette correspondant à un indu de revenu de solidarité active, d’un montant de 3 175,49 euros. Par la présente requête, M. B... doit être regardé comme demandant d’annuler cette décision et de lui accorder la remise de sa dette.

Aux termes du premier alinéa de l’article L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles, dans sa version applicable au litige : « Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l’organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active » et aux termes du onzième alinéa de ce même article : « La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d’une manœuvre frauduleuse ou d’une fausse déclaration ». Il résulte de ces dispositions qu’un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d’une remise gracieuse de la dette résultant d’un paiement indu d’allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l’indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s’entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d’une volonté de dissimulation de l’allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.

Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d’un indu d’une prestation ou d’une allocation versée au titre de l’aide ou de l’action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d’emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée mais de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l’une et l’autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise gracieuse totale ou partielle.

Il ne résulte pas de l’instruction que la bonne foi de M. B... est en cause. C’est donc au regard seul regard de la situation de précarité financière du requérant que doit être examinée sa demande de remise gracieuse. Toutefois, en dépit de l’invitation qui lui a été adressée, le 13 novembre 2025, par le tribunal préalablement à la tenue de l’audience, M. B... n’apporte aucun élément sur ses ressources et charges actuelles. Par suite, il n’établit pas qu’il serait, à la date du présent jugement, dans une situation de précarité telle qu’il serait dans l’impossibilité de rembourser le solde de sa dette. Dans ces circonstances, M. B... n’est pas fondé à demander une remise de dette.


Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée.



D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au département du Pas-de-Calais.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 décembre 2025.


La magistrate désignée,

Signé

M. C...

La greffière,

Signé

B. Buissart



La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière


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