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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2401217

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2401217

mercredi 12 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2401217
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantFUSILLIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 février 2024, Mme A E D, représentée par Me Fusillier, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 15 janvier 2024 par lequel le préfet du Pas-de-Calais a refusé sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a interdit tout retour sur le territoire français pendant une période d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet du Pas de Calais de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " ou, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa demande, en toute hypothèse dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans un délai de huit jours et sous la même astreinte, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros à verser à son conseil, sur le fondement des articles 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles sont signées par une autorité dont la compétence n'est pas établie ;

- elles sont insuffisamment motivées en fait et en droit dès lors qu'elles ne mentionnent pas l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elles ont été prises en méconnaissance de la procédure contradictoire telle qu'instituée par les principes généraux de l'Union européenne et garantie par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et en méconnaissance du principe général des droits de la défense tel qu'il est reconnu par l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration.

En ce qui concerne les décisions portant refus de renouvellement de titre de séjour, portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination :

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 9 de la convention franco-congolaise et des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 2 du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles méconnaissent son droit à l'éducation garanti par les stipulations de l'article 14 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et les dispositions de l'article L. 111-1 du code de l'éducation ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 mars 2024, le préfet du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.

Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 mars 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention franco-congolaise du 31 juillet 1993 relative à la circulation et au séjour des personnes ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Cotte a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A D, ressortissante congolaise née le 3 novembre 2001 à Brazzaville en République du Congo, est entrée sur le territoire français le 27 septembre 2021, sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant " délivré par les autorités françaises et valable du 13 septembre 2021 au 13 septembre 2022. Elle a, par la suite, été mise en possession d'une carte de séjour temporaire en qualité d'étudiante, valable du 1er octobre 2022 au 30 septembre 2023. Elle a présenté, le 30 octobre 2023, une demande de renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiante. Par un arrêté du 15 janvier 2024, le préfet du Pas-de-Calais a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a interdit tout retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Par la présente requête, Mme D demande au tribunal d'annuler ces décisions.

Sur la légalité externe de l'arrêté :

2. En premier lieu, par un arrêté du 30 octobre 2023, régulièrement publié au recueil spécial n° 140 des actes administratifs de l'Etat dans le département du Pas-de-Calais du 31 octobre 2023, le préfet du Pas-de-Calais a donné délégation à M. C B, chef du bureau du contentieux du droit des étrangers et signataire de l'arrêté en litige, aux fins de signer, notamment, les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées doit donc être écarté.

3. En deuxième lieu, les décisions refusant à Mme D le renouvellement de son titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination de cette mesure d'éloignement, mentionnent les circonstances de fait et de droit sur lesquelles le préfet du Pas-de-Calais s'est fondé pour les édicter. Elles sont ainsi suffisamment motivées, et la circonstance qu'elles ne visent pas l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est sans incidence dès lors qu'en application de l'article 9 de la convention franco-congolaise du 31 juillet 1993, ces dispositions ne sont pas applicables aux ressortissants congolais.

4. En dernier lieu, le droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne, se définit comme celui de toute personne à faire connaître, de manière utile et effective, ses observations écrites ou orales au cours d'une procédure administrative, avant l'adoption de toute décision susceptible de lui faire grief. Toutefois, ce droit n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Enfin, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.

5. En l'espèce, les décisions attaquées ont été prises à la suite de la demande de renouvellement de son titre de séjour de Mme D, lors de laquelle celle-ci a pu évoquer sa situation personnelle et en particulier ses études. Elle a donc été mise à même de faire valoir, avant l'intervention des décisions en litige, tous les éléments de nature à influer sur ces dernières. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Pas-de-Calais aurait méconnu le droit de Mme D d'être entendue doit être écarté.

Sur la légalité interne des décisions refusant le renouvellement du titre de séjour, portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination :

6. En premier lieu, aux termes de l'article 9 de la convention franco-congolaise du 31 juillet 1993 relative à la circulation et au séjour des personnes : " Les ressortissants de chacun des Etats contractants désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation de niveau supérieur sur le territoire de l'autre Etat doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement choisi, ou d'une attestation d'accueil de l'établissement où s'effectue le stage ainsi que, dans tous les cas, de moyens d'existence suffisants. Les intéressés reçoivent un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant ". Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite effective des études ou du stage et de la possession de moyens d'existence suffisants. () ". Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / () ".

7. Pour l'application des stipulations de l'article 9 de la convention franco-congolaise précité, il appartient à l'autorité administrative, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour portant la mention " étudiant ", d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études effectivement poursuivies en tenant compte de l'assiduité, de la progression et de la cohérence du cursus suivi.

8. Il ressort des pièces du dossier que si Mme D a obtenu un brevet de technicien supérieur (BTS) mention " systèmes numériques option B électronique et communications " en juillet 2023, elle n'est pas parvenue à signer un contrat en alternance lui permettant de valider son inscription en école d'ingénieur au titre de l'année 2023/2024. L'intéressée s'est inscrite le 19 décembre 2023 dans une formation en alternance en tant qu' " opératrice de maintenance industrielle " au sein de Greta Grand Littoral, laquelle conduit au mieux à la délivrance d'un certificat de qualification professionnelle, ce qui ne relève d'études supérieures ou d'un stage de formation de niveau supérieur au sens de l'article 9 de la convention franco-congolaise. Eu égard à ce qui précède, la requérante n'établit pas remplir l'exigence de progression dans son cursus. Dès lors, Mme D ne peut être regardée, pour l'application de l'article 9 de la convention franco-congolaise, comme justifiant de la poursuite effective de ses études. Par suite, le préfet du Pas-de-Calais n'a pas méconnu les stipulations de l'article 9 de la convention franco-congolaise.

9. Par ailleurs, les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sont pas applicables aux ressortissants congolais qui demandent un titre de séjour en qualité d'étudiant, dont la situation est régie par la convention franco-congolaise du 31 juillet 1993.

10. En deuxième lieu, les décisions en litige n'ont pas pour objet de restreindre le droit de Mme D à l'instruction, et il ne ressort pas davantage des pièces du dossier qu'elles auraient un tel effet, l'intéressée pouvant poursuivre ses études en République du Congo. Par suite, Mme D n'est pas fondée à soutenir que les décisions attaquées méconnaitraient l'article 2 du protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 14 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ou l'article L. 111-1 du code de l'éducation.

11. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".

12. Il ressort des pièces du dossier que Mme D est arrivée en France le 27 septembre 2021, et qu'elle n'y réside que depuis moins de deux ans et demi à la date de l'arrêté attaqué, en qualité d'étudiante. Si l'intéressée fait valoir la présence de sa sœur aînée en France et justifie avoir travaillé régulièrement depuis le mois d'octobre 2022 comme employée polyvalente en restauration rapide à temps partiel dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle ne pourrait pas se réinsérer professionnellement et socialement en République du Congo, où vivent notamment ses parents. Dans ces circonstances, et eu égard en particulier à la durée du séjour de Mme D sur le territoire français, le préfet du Pas-de-Calais n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts qu'il poursuit et n'a méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme D tendant à l'annulation des décisions refusant le renouvellement de son titre de séjour, portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination de cette mesure d'éloignement doivent être rejetées.

Sur la légalité interne de la décision portant interdiction de retour :

14. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".

15. Il ressort des pièces du dossier que Mme D a sa sœur aînée qui réside sur le territoire. Elle n'a jamais fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, et il n'est pas démontré, ni même allégué qu'elle constituerait une menace pour l'ordre public. Elle produit de nombreuses attestations démontrant que son comportement ne pose aucune difficulté. Par suite, en édictant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, le préfet du Pas-de-Calais a méconnu les dispositions précitées.

16. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D est seulement fondée à demander l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

17. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions présentées par Mme D à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

18. Mme D a obtenu le bénéficie de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son conseil peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Fusillier, conseil de Mme D, d'une somme de 1 200 euros, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 15 janvier 2024 faisant interdiction à Mme D de revenir sur le territoire national pendant une durée d'un an est annulée.

Article 2 : L'Etat versera à Me Fusillier, conseil de Mme D, une somme de 1 200 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme D est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E D, à Me Fusillier et au préfet du Pas-de-Calais.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 22 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

- M. Cotte, président,

- M. Fougères, premier conseiller,

- M. Goujon, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 février 2025.

L'assesseur le plus ancien,

signé

V. FougèresLe président-rapporteur,

signé

O. Cotte

La greffière,

signé

J. Vandewyngaerde

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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