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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2401908

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2401908

mercredi 18 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2401908
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formationjuge unique (3)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en juge unique, a rejeté la requête de Mme C... visant à annuler le refus de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité de 2 199,69 euros. Le juge, saisi en plein contentieux, a appliqué l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale, qui conditionne la remise à la bonne foi ou à la précarité du débiteur. Bien que la bonne foi de la requérante ne soit pas contestée, le tribunal a estimé qu'elle n'apportait pas la preuve d'une situation de précarité financière actuelle justifiant la remise de sa dette.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 février 2024, Mme A... C... demande au tribunal d’annuler la décision du 18 décembre 2023 laquelle le président de la caisse d’allocations familiales du Nord a refusé de lui accorder une remise de sa dette d’un montant de 2 199,69 euros portant sur un indu de prime d’activité.

Elle soutient que sa situation financière ne lui permet pas de régler cette dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 novembre 2024, la caisse d'allocations familiales du nord conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que Mme C... ne remplit pas les conditions pour obtenir une remise de sa dette.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné Mme B... pour statuer sur les litiges visés à l’article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience en application de l’article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme B... a été entendu au cours de l’audience publique à l’issue de laquelle l’instruction a été close en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Par sa requête, Mme A... C... demande au tribunal d’annuler la décision du 18 décembre 2023 laquelle le président de la caisse d’allocations familiales du Nord a refusé de lui accorder une remise de sa dette d’un montant de 2 199,69 euros portant sur un indu de prime d’activité.

Aux termes de l’article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : « Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. (…) La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ».

Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d’un indu de prime d’activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d’être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l’une ou l’autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

Il ne résulte pas de l’instruction que la bonne foi de Mme C... soit en cause. Dans ces circonstances, c’est au seul regard de la situation de précarité financière de la requérante que doit être examinée sa demande de remise gracieuse de l’indu de prime d’activité. Toutefois, en dépit de l’invitation qui lui a été adressée par le tribunal préalablement à la tenue de l’audience, Mme C... n’apporte aucun élément sur ses ressources et charges actuelles, alors qu’il résulte de l’instruction, que le quotient familial de l’intéressée s’élevait à 969 euros pour le mois de novembre 2024 et qu’elle n’est plus bénéficiaire de prestations depuis décembre 2021. Dans ces conditions, Mme C... ne peut être regardée comme étant, à la date du présent jugement, dans une situation de précarité telle qu’elle ne peut s’acquitter du remboursement de sa dette.

Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C... doit être rejetée.


D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.




Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... C... et au ministre du travail et des solidarités.

Copie en sera adressée à la caisse d’allocations familiales du Nord.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 février 2026.



La magistrate désignée,


Signé


M. B...
La greffière,


Signé


B. Buissart




La République mande et ordonne au ministre du travail et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière


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