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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2402169

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2402169

vendredi 21 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2402169
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantERNST & YOUNG SOCIÉTÉ D'AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 29 février 2024 et le 14 mars 2024, la société Cellnex France, représentée par Me Bon-Julien, demande au juge des référés :

1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du 26 septembre 2023 par lequel le maire de Lens s'est opposé à la déclaration préalable déposée le 31 juillet 2023 pour le remplacement d'un pylône accueillant des dispositifs d'antenne sur un terrain situé 42-44 chemin Chevalier sur le territoire de la commune, ensemble la décision de rejet du recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune, à titre principal, de lui délivrer un certificat provisoire de non-opposition à la déclaration préalable, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) d'enjoindre au maire de la commune, à titre subsidiaire, de prendre un arrêté provisoire de non-opposition à la déclaration préalable, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Lens le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il existe un intérêt public s'attachant à la couverture du territoire national par le réseau de téléphonie mobile, qu'elle est soumise à des engagements vis-à-vis de la société Free Mobile, elle-même soumise aux cahiers des charges de l'ARCEP au titre de la couverture du territoire national par le réseau mobile qui impose à l'opérateur une couverture du territoire français et de la population métropolitaine et de qualité en 3G, 4G et 5G et que le territoire voisin du projet n'est pas ou insuffisamment couvert par le réseau propre de téléphonie mobile de Free Mobile ;

- la circonstance que la société Free Mobile envisage l'installation d'un second site d'implantation d'antennes est sans incidence sur l'appréciation de la condition d'urgence ; elle n'a pas à justifier de la nécessité de rehausser son pylône pour accueillir un nouvel opérateur pour justifier de la condition d'urgence ; les échéances posées par l'ARCEP sont opposables dès maintenant aux opérateurs et permettent de justifier l'existence d'une urgence à suspendre les décisions s'opposant à l'installation de relais de téléphonie mobile ; les obligations de couverture émises par l'ARCEP pèsent sur les opérateurs y compris en dehors des axes de transport routiers ou ferroviaires, concernent et s'apprécient au niveau de la totalité du territoire national ; si la commune de Lens indique que l'opérateur couvre plus de 99% de la population, la carte figurant les réseaux sur laquelle elle s'appuie ne renseigne pas le niveau de qualité et alors que l'exigence de qualité du signal équivalent à une très bonne couverture n'est à ce jour atteint que pour 96% de la population quand l'échéance 2027 est fixée à 99,6% de la population ; elle n'a pas à démontrer être liée par des obligations contractuelles à l'échelle du territoire de la commune ; les cartes issues du site internet de l'ARCEP, produites par la commune de Lens, sont théoriques, leur fiabilité est relativisée par l'ARCEP elle-même, elles ne contredisent pas les cartes de couverture jointes à la requête ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors que :

* elle est entachée d'incompétence ;

* elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire ; le dossier de déclaration préalable était complet lors de son dépôt le 31 juillet 2023, la demande de précisions complémentaires du 18 août 2023 n'a pu avoir pour effet d'interrompre le délai d'instruction si bien qu'une décision tacite de non-opposition est intervenue le 30 septembre 2023 que l'arrêté du 26 septembre 2023, notifié le 2 octobre 2023, est venu retirer sans respect d'une procédure contradictoire, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

* elle méconnaît les dispositions de l'article UP 3.5 du plan local d'urbanisme ; les règles de hauteur définies par ces dispositions ne sont pas opposables à son projet ; en outre, les antennes de radiotéléphonie, nécessaires aux services publics, bénéficient d'une dérogation à la limitation de leur hauteur ;

* elle méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ; la condition tenant à l'intérêt ou au caractère des lieux avoisinants n'est pas remplie ; en tout état de cause, le projet se situe dans un milieu urbanisé hétéroclite, dénué d'intérêt particulier, placé en retrait de l'espace public et au sein d'un quartier où d'autres poteaux et installations existent déjà, sans être visibles depuis le sud de la commune ; la conception du projet limite sa prégnance et son impact visuel.

Par trois mémoires en défense enregistrés les 13 et 14 mars 2024, la commune de Lens, représentée par Me Dagostino et Me Liénart, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors :

* que les obligations de couverture des axes routiers prioritaires et des réseaux ferrés ne pèsent pas sur Free Mobile avant le 8 décembre 2030 ; qu'il n'est pas démontré que le pylône objet des décisions litigieuses serait nécessaire pour couvrir des axes de transport, routiers ou ferroviaires ;

* que les obligations de couverture pour le service THD mobile sont actuellement de 75% de la population métropolitaine, que le rehaussement du seuil à 98% est prévu pour le 17 janvier 2027 et que Free Mobile couvre déjà plus de 99% de la population sur le territoire de la commune de Lens ;

* que les obligations de couverture voix/SMS sont limitées à des obligations de " bonne couverture " dont le prochain seuil de couverture est fixé à 99,6% de la population pour le 31 décembre 2029 ;

* que la société requérante n'apporte pas la preuve qu'elle aurait des obligations vis-à-vis de l'ARCEP à l'échelle du territoire de la commune de Lens en matière de 5G ;

* que le territoire de la commune de Lens est déjà suffisamment couvert tant par le réseau de Free Mobile que par ceux des autres opérateurs ; en outre, il bénéficie déjà d'une bonne voire très bonne couverture sur la zone concernée par l'installation ;

* que l'arrêté litigieux s'oppose seulement à ce que le pylône existant soit remplacé par un pylône aux dimensions nettement supérieures ; que la décision litigieuse n'a pas pour objet d'empêcher l'exploitation de l'infrastructure par au moins un opérateur dès lors que Bouygues Telecom exploite déjà le pylône existant ;

* que Free Mobile a déposé un dossier d'information Mairie, préalable au dépôt d'une déclaration préalable prévue en avril 2024 pour l'installation de six antennes sur un autre site sur le territoire lensois ; que la décision litigieuse n'est pas de nature à porter une atteinte grave aux intérêts que la société requérante prétend défendre pour l'opérateur Free Mobile ;

* que la société requérante ne démontre pas en quoi l'installation d'un pylône de neuf mètres supplémentaires par rapport à celui déjà installé serait nécessaire pour installer les antennes supplémentaires ;

* que la société requérante n'est pas concernée au 1er janvier 2027 par l'obligation de desserte de la population à hauteur de 99,6% en matière de couverture THD mobile ;

- aucun des moyens invoqués n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées.

Vu :

- la copie de la requête à fin d'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Bergerat, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 14 mars 2024 à 14h30, en présence de M. Deraoui, greffier, Mme Bergerat, juge des référés, a lu son rapport et entendu :

- Me Semimo, substituant Me Bon-Julien, représentant la société Cellnex France, qui reprend les conclusions et moyens de la requête ;

- et Me Liénart, représentant la commune de Lens, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes motifs que le mémoire en défense.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. La société Cellnex France, gestionnaire d'infrastructures de communications électroniques, a déposé le 31 juillet 2023 un dossier de déclaration préalable pour le remplacement d'un pylône monotube existant par un nouveau pylône sur la parcelle cadastrée section AX n° 0649 située 42-44 chemin Chevalier à Lens. Par un courrier du 18 août 2023, la commune de Lens a sollicité des précisions sur le plan de masse et a précisé que le délai d'instruction était majoré d'un mois. La société Cellnex France a fourni les précisions sollicitées par un courrier du 19 septembre 2023. Par un arrêté du 26 septembre 2023, le maire de Lens s'est opposé à la déclaration préalable ainsi déposée. La société Cellnex France a formé un recours gracieux qui a été rejeté par une décision du 3 janvier 2024. La société requérante demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 26 septembre 2023, ensemble la décision du 3 janvier 2024 rejetant le recours gracieux.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

En ce qui concerne l'urgence :

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement et objectivement, compte tenu des justifications fournies par les parties et de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que l'exécution de la décision soit suspendue avant l'intervention du jugement de la requête au fond.

4. La société requérante verse aux débats des cartes de couverture rendant compte du maillage incomplet du territoire de la commune de Lens par le réseau de téléphonie mobile 3G/4G/5G de la société Free Mobile, cartes dont la fiabilité et la valeur probante ne sont pas sérieusement remises en cause par celles que produit la commune de Lens qui, si elles émanent du site de l'Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (ARCEP), demeurent indicatives et, surtout, concernent quant à elles la couverture en 3G/4G ainsi que la couverture voix/SMS, donc à l'exclusion de l'internet mobile et sans faire état de la qualité du signal délivré. Compte tenu de l'intérêt public qui s'attache à la couverture de l'ensemble du territoire national par le réseau de téléphonie mobile dans ses différentes générations et des intérêts propres de la société Free Mobile, pour laquelle la société Cellnex gère des infrastructures de télécommunication et porte le projet litigieux, qui s'est engagée vis-à-vis de l'État, alors même que les objectifs de couverture fixés à cet opérateur au niveau national, qui ne concernent pas uniquement la couverture des axes routiers prioritaires et des réseaux ferrés et dont les échéances interviennent dans plusieurs années, seraient atteints ou proches de l'être et alors même qu'il projetterait l'implantation d'autres antennes à proximité du site, la condition d'urgence, dont l'appréciation ne repose pas sur la preuve de la nécessité des caractéristiques techniques, notamment de hauteur, de l'équipement projeté, au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.

En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées :

5. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable () ". Aux termes de l'article R. 424-1 du même code : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : / a) Décision de non-opposition à la déclaration préalable () ". L'article R. 423-19 du même code dispose : " Le délai d'instruction court à compter de la réception en mairie d'un dossier complet ". Aux termes de l'article R. 423-38 du même code : " Lorsque le dossier ne comprend pas les pièces exigées en application du présent livre, l'autorité compétente, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie, adresse au demandeur ou à l'auteur de la déclaration une lettre recommandée avec demande d'avis de réception, indiquant, de façon exhaustive, les pièces manquantes " et aux termes de son article R. 423-41 : " Une demande de production de pièce manquante notifiée après la fin du délai d'un mois prévu à l'article R. 423-38 ou ne portant pas sur l'une des pièces énumérées par le présent code n'a pas pour effet de modifier les délais d'instruction définis aux articles R. 423-23 à R. 423-37-1 et notifiés dans les conditions prévues par les articles R. 423-42 à R. 423-49 ".

6. D'autre part, l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration prévoit que : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 () sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Cet article L. 211-2 requiert la motivation, notamment, des décisions qui retirent ou abrogent une décision créatrice de droits.

7. Il résulte de ces dispositions qu'à l'expiration du délai d'instruction tel qu'il résulte de l'application des dispositions du chapitre III du titre II du livre IV du code de l'urbanisme relatives à l'instruction des déclarations préalables, des demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir, naît une décision de non-opposition à déclaration préalable ou un permis tacite. En application de ces dispositions, le délai d'instruction n'est ni interrompu, ni modifié par une demande, illégale, tendant à compléter le dossier par une pièce qui n'est pas exigée en application du livre IV de la partie réglementaire du code de l'urbanisme. Dans ce cas, une décision de non-opposition à déclaration préalable ou un permis tacite naît à l'expiration du délai d'instruction, sans qu'une telle demande puisse y faire obstacle.

8. La demande de précision complémentaire visée par la lettre du maire de la commune de Lens du 18 août 2023, alors même qu'elle portait sur le plan de masse exigé par les dispositions de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme, ne pouvait être exigée dès lors que certaines informations sollicitées figuraient déjà dans le dossier de déclaration préalable et que les précisions supplémentaires demandées n'étaient pas requises par le code de l'urbanisme. Dans ces circonstances, la demande de précision complémentaire adressée par le service instructeur n'a pu avoir pour effet d'interrompre le délai d'instruction de la déclaration préalable déposée par la société Cellnex France. Ainsi, la société requérante doit être regardée comme ayant été titulaire d'une décision implicite de non-opposition à déclaration préalable acquise à l'expiration du délai d'instruction. L'arrêté du 26 septembre 2023, notifié le 2 octobre 2023, par lequel le maire de Lens s'est opposé à la déclaration préalable doit ainsi être regardé comme procédant au retrait de cette décision implicite de non-opposition. Or il ne ressort pas des pièces du dossier que ce retrait aurait été précédé de la procédure contradictoire prévue par les dispositions précitées de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré de ce que cette décision de retrait est entachée d'un vice de procédure apparaît ainsi propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à sa légalité.

9. En second lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article UP 3.5 du plan local d'urbanisme et de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, sont également propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité des décisions litigieuses.

10. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, le dernier moyen invoqué par la société requérante n'est pas susceptible, en l'état du dossier, de fonder la suspension des décisions.

11. Il résulte de tout ce qui précède que les conditions d'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant réunies, il y a lieu de suspendre l'exécution des décisions en litige.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

12. La présente décision de suspension de l'exécution des décisions par lesquelles le maire de Lens s'est opposé à la déclaration préalable déposée par la société Cellnex France implique nécessairement la délivrance, à titre provisoire, du certificat de non-opposition à la déclaration préalable prévu par l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme, jusqu'à ce que le tribunal statue sur la requête au fond. Il y a donc lieu d'enjoindre au maire de Lens de délivrer ce certificat dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.

Sur les frais du litige :

13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Lens le versement à la société Cellnex France de la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : L'exécution de la décision du 26 septembre 2023 par laquelle le maire de la commune de Lens s'est opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par la société Cellnex France en vue du remplacement d'un pylône accueillant des dispositifs d'antenne sur un terrain situé 42/44 chemin Chevalier ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux est suspendue.

Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Lens de délivrer à la société Cellnex France un certificat provisoire de non-opposition à la déclaration préalable qu'elle a déposée, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 3 : La commune de Lens versera à la société Cellnex France une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Cellnex France et à la commune de Lens.

Fait à Lille, le 21 juin 2024.

La juge des référés,

Signé

S. BERGERAT

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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