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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2403088

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2403088

jeudi 18 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2403088
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSCP SHBK AVOCATS SEGARD BRIOUT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 mars 2024, Mme B A, représentée par Me Bargibant, demande au juge des référés :

1°) statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 26 janvier 2024 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Lille lui a infligé la sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée d'un an ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Lille la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient :

Sur l'urgence, que :

- la décision en litige a pour effet de la priver de toute rémunération et de l'empêcher de cotiser au titre de sa retraite, pour une durée d'un an ;

- elle ne pourra subvenir à ses charges, la pension de retraite perçue par son époux n'étant pas suffisante à cet égard ;

Sur le doute sérieux, que :

- la décision en litige est illégale dès lors que la procédure disciplinaire a été engagée au-delà d'un délai de trois ans à compter du jour où l'administration a eu une connaissance effective de la réalité, de la nature et de l'ampleur des faits qu'elle estimait passibles de sanction, en méconnaissance de l'article 39-3 du décret du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière ;

- elle a été édictée au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'il lui a été demandé si elle souhaitait solliciter la récusation d'un membre du conseil de discipline, alors que cette faculté de demander une telle récusation n'est ouverte qu'à l'administration et à l'agent titulaire ;

- elle repose sur des motifs de fait matériellement inexacts ;

- ces faits, à les supposer tous établis, ne sont pas constitutifs d'une faute justifiant le prononcé d'une sanction disciplinaire ;

- la sanction prononcée n'est pas proportionnée à la gravité de ces fautes.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 avril 2024, le centre hospitalier de Lille, représenté par Me Segard, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que l'urgence de l'affaire n'est pas caractérisée et qu'aucun des moyens de la requête n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.

Vu :

- la copie de la requête à fin d'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le décret n° 91-155 du 6 février 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Robbe, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 10 avril 2024 à 10h30, en présence de Mme Blanc, greffière, M. Robbe, juge des référés, a lu son rapport et entendu Me Segard, représentant le centre hospitalier de Lille.

Mme A n'était ni présente ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Une note en délibéré, présentée pour Mme A, a été enregistrée le 10 avril 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a été recrutée par le centre hospitalier universitaire (CHU) de Lille, en qualité d'attachée d'administration hospitalière, dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée. Par une décision du 26 janvier 2024, prise au vu de l'avis émis le 8 novembre 2023 par la commission consultative paritaire siégeant en formation disciplinaire, le directeur général de ce CHU lui a infligé la sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée d'un an. Mme A demande au juge des référés, statuant sur le fondement del'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par Mme A n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant à l'urgence est remplie, que les conclusions à fin de suspension présentées par Mme A doivent être rejetées.

Sur les frais du litige :

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CHU de Lille, qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme réclamée au titre des frais du procès par Mme A. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A une somme de 1 000 euros à verser à CHU de Lille, au titre de ces mêmes dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée

Article 2 : Mme A versera au centre hospitalier universitaire de Lille la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au centre hospitalier universitaire de Lille.

Fait à Lille, le 18 juillet 2024.

Le juge des référés,

signé

J. ROBBE

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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