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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2403146

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2403146

mercredi 18 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2403146
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formationjuge unique (3)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de Mme B... visant à obtenir l'annulation d'une décision partielle de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité. Le juge, statuant en plein contentieux, a estimé que la requérante, bien que de bonne foi, n'apportait pas la preuve d'une situation de précarité financière justifiant une remise totale du solde dû. La décision s'appuie sur les dispositions de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale relatives aux conditions de remise d'un indu.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 mars 2024, Mme A... B... doit être regardée comme demandant au tribunal d’annuler la décision du 11 mars 2024 du président de la caisse d’allocations familiales du Nord en tant que cette décision n’a fait droit que partiellement à sa demande de remise gracieuse d’un indu de prime d’activité.

Elle soutient qu’elle ne peut pas régler le solde de sa dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 avril 2024, la caisse d'allocations familiales du nord conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que le recouvrement du solde de la dette de Mme B... a été suspendu pour une durée de vingt-quatre mois.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Leclère pour statuer sur les litiges visés à l’article R. 222-13 du code de justice administrative.


Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Leclère, magistrate désignée, a été entendu au cours de l’audience publique, à l’issue de laquelle l’instruction a été close, en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Par une décision du 11 mars 2024, le président de la caisse d’allocations familiales du Nord a accordé à Mme B... une remise partielle de sa dette relative à un indu de prime d’activité, d’un montant de 1 865,22 euros, à hauteur de la somme de 1 398,92 euros. Par la présente requête, Mme B... doit être regardée comme contestant cette décision en tant qu’elle laisse à sa charge une somme de 466,30 euros.

Aux termes de l’article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : « Tout paiement indu de prime d’activité est récupéré par l’organisme chargé de son service (…). La créance peut être remise ou réduite par l’organisme (…) en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d’une manœuvre frauduleuse ou d’une fausse déclaration (…). »

Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d’un indu de prime d’activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d’être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l’une ou l’autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

Il ne résulte pas de l’instruction que la bonne foi de Mme B... soit en cause, une remise partielle de sa dette à hauteur de 50% lui ayant été accordée. Dans ces circonstances, c’est au seul regard de la situation de précarité financière de la requérante que doit être examinée sa demande de remise gracieuse supplémentaire de l’indu de prime d’activité. Toutefois, en dépit de l’invitation qui lui a été adressée par le tribunal préalablement à la tenue de l’audience, Mme B... n’apporte aucun élément sur ses ressources et charges actuelles, alors qu’il résulte de l’instruction, et notamment de l’attestation produite par la caisse d’allocations familiales du Nord, que le quotient familial de l’intéressée s’élevait à 1 086 euros pour le mois de novembre 2025. Dans ces conditions, Mme B... ne peut être regardée comme étant, à la date du présent jugement, dans une situation de précarité telle qu’elle ne peut s’acquitter du remboursement du solde de sa dette.

Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B... doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.






Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et au ministre du travail et des solidarités.

Copie en sera adressée à la caisse d’allocations familiales du Nord.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 février 2026.



La magistrate désignée,


Signé


M. Leclère
La greffière,


Signé


B. Buissart




La République mande et ordonne au ministre du travail et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière


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