jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2404127 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SCP SHBK AVOCATS SEGARD BRIOUT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 19 avril et le 6 mai 2024, M A B, représenté par Me Massin, de la SCP Tiry - Doutriaux " ADNB " Avocats associés, demande au juge des référés de prescrire une expertise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, portant sur la prise en charge et les soins qui lui ont été prodigués par le centre hospitalier régional universitaire de Lille et le centre hospitalier de Seclin-Carvin.
Il soutient que :
- le 1er décembre 2022, il s'est présenté aux urgences du groupe hospitalier Seclin-Carvin, souffrant de douleurs respiratoires, avec une tension basse ;
- les examens qui ont été réalisés n'ont révélé aucune affection ;
- le 2 décembre 2022, il s'est rendu aux urgences du centre hospitalier régional universitaire de Lille, souffrant d'une paralysie des membres et de troubles de la déglutition ;
- aucun symptôme n'a été évoqué par l'établissement hospitalier ;
- son état a continué d'empirer et ce n'est que le 4 décembre 2022 que son médecin traitant va envisager un syndrome de Guillain Barré et l'orienter vers le service de neurologie du centre hospitalier régional universitaire de Lille ;
- il a été pris en charge le 5 décembre 2022, et une ponction lombaire a confirmé le diagnostic de syndrome de Guillain Barré ;
- son état de santé n'est pas stabilisé et il s'interroge sur une prise en charge tardive à l'origine d'une atteinte irréversible des nerfs et de la paralysie corrélative des pieds, des mains, ainsi qu'une paralysie faciale ;
- une mesure d'expertise est utile, nonobstant l'organisation d'une mesure analogue par la commission régionale d'indemnisation et de conciliation, dès lors qu'elle n'a pas encore eu lieu.
Par un mémoire, enregistré le 26 avril 2024, le groupe hospitalier Seclin-Carvin, représenté par Me Vandenbussche, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'une expertise a été diligentée par la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, et que deux experts ont été désignés, ce qui rend inutile la présente demande d'expertise.
Par un mémoire, enregistré le 13 mai 2024, le centre hospitalier régional universitaire de Lille, représenté par Me Segard, de la SHBKAvocats, ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée, sous les plus expresses réserves quant à son éventuelle responsabilité, et demande que la mission de l'expert soit complétée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. ".
2. D'autre part, aux termes de l'article L. 1142-12 du code de la santé publique : " La commission régionale désigne aux fins d'expertise un collège d'experts choisis sur la liste nationale des experts en accidents médicaux, en s'assurant que ces experts remplissent toutes les conditions propres à garantir leur indépendance vis-à-vis des parties en présence. () La commission régionale fixe la mission du collège d'experts ou de l'expert, s'assure de leur acceptation et détermine le délai dans lequel le rapport doit être déposé. Lorsque l'expertise est collégiale, le rapport est établi conjointement par les membres du collège d'experts. () / Dans le cadre de sa mission, le collège d'experts ou l'expert peut effectuer toute investigation et demander aux parties et aux tiers la communication de tout document sans que puisse lui être opposé le secret médical ou professionnel, s'agissant de professionnels de santé ou de personnels d'établissements, de services de santé ou d'autres organismes visés à l'article L. 1142-1. Les experts qui ont à connaître ces documents sont tenus au secret professionnel, dans les conditions et sous les peines prévues aux articles 226-13 et 226-14 du code pénal. / En cas de carence des parties dans la transmission des documents demandés, la commission régionale peut autoriser le collège d'experts ou l'expert à déposer son rapport en l'état. La commission peut tirer toute conséquence du défaut de communication des documents. / Le collège d'experts ou l'expert s'assure du caractère contradictoire des opérations d'expertise, qui se déroulent en présence des parties ou celles-ci dûment appelées. Ces dernières peuvent se faire assister d'une ou des personnes de leur choix. Le collège d'experts ou l'expert prend en considération les observations des parties et joint, sur leur demande, à son rapport tous documents y afférents. Il peut prendre l'initiative de recueillir l'avis d'un autre professionnel. / L'Office national d'indemnisation prend en charge le coût des missions d'expertise, sous réserve du remboursement prévu aux articles L. 1142-14 et L. 1142-15. ". Il résulte de ces dispositions que le collège d'experts ou l'expert désigné par la commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux présente les mêmes garanties d'indépendance et d'impartialité qu'un expert désigné par le juge des référés et effectue contradictoirement la mission qui lui est confiée.
3. La prescription d'une mesure d'expertise en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative est subordonnée au caractère utile de cette mesure. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande d'expertise dans le cadre d'une action en responsabilité du fait des conséquences dommageables d'un acte médical, d'apprécier son utilité au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée et au vu des pièces du dossier, notamment du rapport de l'expertise prescrite par la commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux s'il existe.
4. Si, en l'espèce, M. B demande que soit prescrite une expertise médicale portant sur la prise en charge et les soins qui lui ont été prodigués par le centre hospitalier régional universitaire de Lille et le groupe hospitalier Seclin-Carvin, pour de syndrome de Guillain Barré, il résulte de l'instruction que la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux du Nord-Pas-de-Calais a désigné deux experts, un neurologue et un chirurgien, qui ont adressé à M. B, le 30 mai 2024, une convocation pour une expertise prévue le 10 juillet 2024. Cette expertise, actuellement en cours, présentant les mêmes garanties procédurales qu'une expertise juridictionnelle, la requête de M. B ne présente pas le caractère d'utilité requis par les dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et ne peut qu'être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2: La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut, au centre hospitalier régional universitaire de Lille, au groupe hospitalier Seclin-Carvin, et au docteur C.
Fait à Lille, le 26 septembre 2024.
Le juge des référés,
signé
E. Kolbert
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026