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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2404919

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2404919

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2404919
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille a rejeté la requête de Mme B contestant le refus de remise de dette d’un indu d’aide personnelle au logement de 1 053,27 euros. La requérante invoquait sa précarité et l’absence d’erreur de sa part, mais ses moyens étaient insuffisamment précis ou inopérants. Malgré une invitation à régulariser sa requête, elle n’a pas fourni les précisions nécessaires. L’ordonnance se fonde sur les articles R. 222-1 et R. 772-6 du code de justice administrative, ainsi que sur l’article L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 mai 2024, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision du 15 avril 2024 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales du Nord a refusé de lui accorder une remise de dette pour un indu d'aide personnelle au logement d'un montant de 1 053,27 euros.

Par un courrier du 19 juin 2024, le tribunal a invité Mme B à motiver sa requête, dans le délai d'un mois, en lui adressant le formulaire prévu à l'article R.772-7 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative :

" Les présidents de () formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. "

2. Aux termes de l'article R. 772-6 du code de justice administrative qui en vertu de l'article R. 772-5 du même code est applicable aux requêtes relatives aux prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. / La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".

3. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service / () / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ".

4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.

5. En l'espèce, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du

15 avril 2024 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales du Nord a refusé de lui accorder une remise de dette pour un indu d'aide personnelle au logement d'un montant de 1 053,27 euros. Toutefois, si à l'appui de sa requête Mme B évoque la précarité de sa position en indiquant qu'elle ne peut rembourser la somme due compte tenu de sa situation familiale, ce moyen n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

En outre, si elle soutient également n'avoir pas commis d'erreur à l'occasion de ses déclarations, ce moyen, qui n'est ni relatif à la précarité de sa situation, ni à sa bonne foi, ne peut être utilement invoqué à l'encontre d'un refus de remise de dette. La requête de

Mme B ne comprenant qu'un moyen n'étant manifestement pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé et un moyen inopérant, elle a été invitée, par un courrier du 19 juin 2024, à régulariser sa requête dans un délai d'un mois en retournant un formulaire

pré-rempli lui permettant de soumettre au tribunal une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits. Ce courrier comportait également la mention suivant laquelle la requête pourra être rejetée pour insuffisance de motivation si la régularisation n'est pas effectuée dans le délai imparti. En dépit de cette demande, dont elle a accusé réception le 26 juin 2024, l'intéressée n'a pas régularisé sa requête.

6. Par suite, la requête de Mme B ne comportant qu'un moyen non assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé et un moyen inopérant, il y a lieu de la rejeter en application des dispositions du 7° de l'article R.222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et la Caisse d'allocations familiales du nord.

Fait à Lille, le 11 octobre 2024.

La présidente de la 5ème chambre,

Signé

J. FÉMÉNIA

La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière

N° 2404019

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